Une réflexion du philosophe italien Giorgio Agamben.
Le dément à la crête orange fait chaque jour un pas de plus dans l’infamie (et chez nous, il y en a qui trouvent cela bien). Aujourd’hui, il menace de faire sauter les centrales électriques et les ponts en Iran. Et cela, dans un langage qui ferait rougir une armée de soudards.
Quel sens faut-il donner à la folie, apparente ou réelle, de l’homme (réputé être) le plus puissant du monde?
Quelle est la signification historique du fait qu’un pays comme les États-Unis – qui est en quelque sorte à la tête de tout l’Occident – soit dirigé par un malade mental ?
Quel déclin spirituel et moral radical, avant même d’être politique, a pu conduire à une conséquence aussi extrême ?
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Giorgio Agamben
La grande classe

Sur son réseau social Truth
Mardi, ce sera à la fois la Journée des centrales électriques et la Journée des ponts, tous à la fois, en Iran. On n’aura jamais rien vu de comparable !!! Ouvrez ce putain de détroit, bande de tarés, ou vous vivrez l’enfer – VOUS ALLEZ VOIR !
Loué soit Allah.
Président DONALD J. TRUMP
Dieu rend fou ceux qu’Il veut perdre
Quem Deus vult perdere dementat
Giorgio Agamben
www.quodlibet.it/giorgio-agamben-quem-deus-vult-perdere-dementat
Il convient de s’arrêter sur un fait tellement incroyable qu’on cherche à tout prix à l’occulter, à savoir que l’État qui se proclame le plus puissant du monde est dirigé depuis des années par des hommes qui sont techniquement des aliénés.
Il ne s’agit pas ici de formuler un jugement politique extrême : le fait que Trump – tout comme Biden avant lui, sans aucun doute – doive être considéré comme dément au sens pathologique du terme est une évidence désormais partagée par de nombreux psychiatres et que quiconque observe sa manière de s’exprimer ne peut manquer de partager.
Il va sans dire que ce qui nous intéresse ici, ce n’est pas le cas clinique des individus nommés Trump et Biden ; la question que nous ne pouvons manquer de nous poser est plutôt la suivante : quelle est la signification historique du fait qu’un pays comme les États-Unis – qui est en quelque sorte à la tête de tout l’Occident – soit dirigé par un malade mental ? Quel déclin spirituel et moral radical, avant même d’être politique, a pu conduire à une conséquence aussi extrême ?
Que le destin de l’Occident fût marqué par le nihilisme est quelque chose que Nietzsche avait déjà diagnostiqué il y a plus d’un siècle, parallèlement à la mort de Dieu : mais que le nihilisme prenne la forme de la démence n’était pas une évidence.
Serait-ce en quelque sorte par compassion et par pitié que le Dieu, qui veut perdre l’Occident, le conduit à sa fin non pas dans la conscience et la responsabilité, mais dans l’inconscience et la folie.

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