Cette tribune du philosophe argentin José Arturo Quarracino, neveu du cardinal Antonio Quarracino, le prédécesseur de Jorge Mario Bergoglio à la tête de l’archidiocèse de Buenos Aires (critique inlassable du pontificat de François, que les lecteurs de mon site connaissent bien et qui intervient régulièrement dans le blog de Marco Tosatti) revient sur un évènement (ou plutôt un non-évènement) passé largement sous les radars des blogs catholiques, et qui pourtant devrait interpeler: c’est l’absence de toute condamnation formelle de la folle escalade verbale et guerrière de Trump de la part de deux éminents cardinaux pourtant doctrinalement irréprochables, et qui pouvaient leur apparaître comme des boussoles sûres. Et même, leur justification de l’inacceptable. Il faut le souligner, c’est une grande déception.
Le délire diabolique de Donald Trump et la complicité des cardinaux Burke et Müller
José Arturo Quarracino
www.marcotosatti.com

Par son attaque personnelle contre le pape Léon XIV, le président américain a démontré non seulement qu’il est dérangé, mais aussi qu’il est sous l’influence spirituelle de l’Ennemi de Dieu et de la race humaine, qui lui fait croire qu’il est le Messie du XXIe siècle, croyance alimentée par un groupe de psychopathes évangéliques et de fous qui le flattent de manière pour le moins servile. Et avec la complicité de cardinaux « traditionalistes » dotés d’une excellente formation doctrinale et d’un comportement exemplaire, mais qui montrent clairement qu’ils ne comprennent rien à la Politique – au sens strict et avec un grand P.
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S’il manquait encore quelque chose à Monsieur (el señor) Donald J. Trump pour couronner sa dégradation morale et politique au cours de son second mandat présidentiel, c’est bien l’attaque personnelle qu’il a lancée le week-end dernier contre le pape Léon XIV en raison de la critique que ce dernier avait formulée à l’égard de la politique belliciste américaine au Moyen-Orient, critique que le pontife romain a formulée et continue de formuler sans désigner explicitement qui il visait, mais que cette triste imitation d’un cow-boy du Far West version XXIe siècle a considérée comme une offense personnelle.
Je tiens à préciser clairement qu’en tant que catholique, je suis loin de sympathiser avec le pontificat du pape Prevost, que je considère comme une continuité – plus sereine, moins spectaculaire, tantôt inoffensive tantôt pernicieuse – de la gestion déplorable du pontife qui l’a précédé. Selon mon humble conviction, le pontificat bergoglien a mis de côté l’essence et la raison d’être de l’Église catholique – Corps du Christ visible et tangiblement présent dans le monde – pour la transformer en une association conciliaire et inclusive dont l’axe central est désormais « le dialogue dans l’Esprit », déplaçant ainsi le repère central de la présence vivante, actuelle et concrète de Jésus-Christ ressuscité, non seulement au sein de l’Église mais aussi dans le monde.
Cette continuité se trouve confirmée sans aucun doute par le fait que l’actuel pontife a maintenu pratiquement dans les dicastères du Vatican et dans les nombreux épiscopats du monde les mêmes tristes et souvent pervers personnages, promus à outrance par le défunt jésuite argentin et sa politique doctrinale et pastorale woke, souvent contraire à la Révélation.
Mais malgré tout cela, ces dernières semaines, et en particulier lors de son voyage en Afrique, le pape Léon XIV a soulevé, à juste titre et avec une raison absolue, la question de la guerre diabolique déclenchée par deux personnages pervers et pervertis aux délires mystiques inavouables.
D’autre part, je tiens à souligner que j’ai fermement soutenu l’action de Donald Trump lors de son premier mandat, tant sur le plan géopolitique – la primauté de la souveraineté nationale face au mondialisme – que sur les plans culturel et religieux – la défense de la vie humaine dès la conception et les positions clairement pro-vie qu’il a adoptées.
Mais ce soutien d’antan n’empêche en rien de rejeter cette version 2026 de Donald Trump, totalement opposée à celle de son premier mandat : depuis le soutien sans restriction à B.N*** dans sa destruction de Gaza et l’éradication de la population palestinienne, afin de réaliser une opération immobilière ; la violence institutionnelle et criminelle déchaînée contre les immigrés aux États-Unis ; son arrogance de gangster dans ses relations avec les dirigeants du monde entier ; sa folie géopolitique consistant à vouloir créer « The Great America », en tentant de coloniser le Canada, le Groenland et l’Amérique centrale, soutenu et accompagné par des psychopathes de la guerre et de l’ancien impérialisme yankee ; son mépris explicite envers les alliés de l’OTAN qui refusent d’être ses serviles laquais ; les manœuvres personnelles de la délirante « Commission de paix », dont il s’est autoproclamé président à vie, jusqu’à la folie de vouloir déclencher la guerre contre l’Iran à grand renfort de mensonges et de faussetés, au profit exclusif du projet délirant du Premier ministre israélien.
Il ne fait aucun doute que le président Trump souffre de graves troubles comportementaux et psychologiques, qui sont sous les yeux de tous : son narcissisme, son sentiment de toute-puissance messianique, son agressivité envers les femmes journalistes, le mensonge et les affirmations fallacieuses comme habitude, son besoin d’être entouré de personnages inférieurs, son mépris de la langue espagnole, etc.
À tout cela s’ajoute ce qu’il a lui-même mis en lumière lors de son affrontement avec le pape Léon XIV : son trouble spirituel et religieux, associé à son orgueil aveugle qui lui a fait croire qu’il pouvait le discréditer en l’attaquant personnellement, puisqu’il ne peut réfuter ses arguments contre la guerre insensée déclenchée contre la nation et le peuple iraniens. Il ne fait aucun doute qu’il se prend pour « Dieu », capable de détruire en une nuit toute une civilisation vieille de plus d’un millénaire. Et dans son orgueil messianique, inspiré par le Malin Ennemi de Dieu et de la race humaine, il n’a pas hésité à se présenter comme un « Messie guérisseur » et, par l’intermédiaire de l’un(e) de ses partisan(e)s hyper délirant(e)s, comme le « disciple bien-aimé » de Jésus au XXIe siècle.
En raison de son inspiration diabolique, el señor Trump croit que le monde et l’histoire tournent autour de lui et de ses caprices : « Je n’aime pas León, je préfère de loin son frère qui est MAGA », « Je ne veux pas d’un pape qui ne pense pas comme moi », « Je ne veux pas d’un pape qui critique le président des États-Unis », etc.
LE MAUDIT « JE » : « JE NE VEUX PAS ». Dans son délire diabolique, il croit pouvoir redessiner le monde et l’histoire à sa guise. Il se prend pour Dieu, et pire encore, ce sont ces imposteurs « chrétiens » et « évangéliques », qui sont au fond des apôtres de Satan, qui lui font croire cela.
Puisqu’il se dit « lecteur de la Bible », ce soi-disant « Messie » yankee, marionnette d’un génocidaire et d’esprits maléfiques, ferait bien de lire le passage de la Deuxième Épître de saint Paul aux chrétiens de Thessalonique, dans lequel il annonce qu’à la fin des temps, avant la venue définitive de Jésus-Christ,
« l’apostasie doit venir et l’homme de l’iniquité, le fils de la perdition, l’adversaire, celui qui s’élève au-dessus de tout ce qui est appelé Dieu ou sacré, jusqu’à s’asseoir lui-même dans le temple de Dieu, se faisant passer pour Dieu » (2 Th 2, 3-4).
Que Dieu Notre Seigneur ait pitié de lui, si cela est possible, et qu’il protège l’humanité face à l’enfer que deux serviteurs infernaux ont déchaîné sur le monde.
Dans ce contexte, les dernières interventions des cardinaux Raymond Burke et Gerhard Müller concernant le conflit armé au Moyen-Orient sont plus que regrettables, non seulement parce qu’elles reprennent mot pour mot les arguments de Trump et de Netanyahu concernant le « sinistre régime iranien », mais aussi parce qu’elles déforment la réalité de manière insidieuse, en justifiant l’expansionnisme impérialiste des États-Unis – « Les États-Unis ont la responsabilité particulière de contenir les régimes et les dictatures dangereux qui constituent une grave menace pour le monde […] non seulement par des sanctions économiques, mais aussi, lorsque cela est nécessaire, par des moyens militaires » (Cardinal Müller, dans des déclarations au site web Kath.net, 14 avril 2026) – et en prétendant présenter le président Trump comme un « messager de la paix » – « Je pense que, selon lui, Trump vise également la paix, c’est-à-dire qu’il cherche à rétablir la paix interne en Iran et dans ses relations avec les autres nations. Cela tient au fait que le régime représente une menace nucléaire tant pour ses voisins que pour d’autres » (Cardinal Burke, dans des déclarations au site web Il Giornale.it, 11 avril 2026).
Cet acte des deux prélats consistant à définir comme homme de paix et promoteur du bien universel celui qui s’est associé stratégiquement et politiquement à un génocide notoire ; qui s’est rendu complice du massacre perpétré contre une population civile sans défense pour promouvoir une affaire immobilière ; qui s’arroge des missions messianiques parrainées et financées par des psychopathes, des pervers et des mercenaires religieux multimillionnaires ; qui entretient un lien sinistre avec le monde de la traite des êtres humains mis en place par son défunt ami Jeffrey Epstein, etc., est pire qu’un crime, c’est une imbécillité suprême, qui montre à quel point les meilleurs catholiques peuvent succomber aux confusions que Satan propage dans le monde et dans l’Église : corruptio optimi pessima (Saint Grégoire le Grand) [« La corruption des meilleurs est la pire »].
En définitive, le silence total de ces deux prélats face à la barbarie déchaînée par un groupe de fous et d’égarés mentaux et spirituels est plus que troublant, et ils ne font que répéter comme des perroquets le discours moraliste du pire de l’administration américaine actuelle.

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