Comment va le Pape? La parole au médecin

1 Mar 2025 | Actualités

C’est le docteur Gulisano, que mes lecteurs doivent bien connaître depuis l’épidémie de covid, qui rétablit quelques faits et pose certaines questions dérangeantes éclairées par ses connaissances professionnelles. Les nouvelles la plupart du temps rassurantes fournies par le bureau de presse du Vatican ne cadrent pas avec le tableau clinique suggéré par la dernière crise. Si l’on admet que la santé du pape est un sujet qui concerne les catholiques, alors, il ne faut pas leur mentir. (et dans quel but, d’ailleurs? cf. Si je peux me permettre: assez de bulletins de Gemelli!!)

Les communiqués du Vatican parlaient jusqu’à hier matin d’un Bergoglio qui, après s’être réveillé, prenait son petit déjeuner et lisait les journaux. Un tableau idyllique qui contraste avec une situation clinique qui semble bien différente, et au moins gravement invalidante, sinon au risque d’un possible exitus.

Comment va le pape ?

Les bulletins officiels (parfois surréalistes) et la réalité des faits connus. La parole au médecin

Dr Paolo Gulisano
www.aldomariavalli.it

Le pape François est toujours dans un état critique et la pneumonie qu’il a contractée, avec ses complications presque inévitables, conduit à une aggravation progressive et irréversible de la situation.

La cause de son admission à la Polyclinique Gemelli (classée par les organisations sanitaires internationales comme le deuxième meilleur hôpital d’Italie) est une pneumonie interstitielle bilatérale, une définition tristement célèbre aux temps du Covid, un diagnostic presque toujours défavorable. L’équipe médicale de Gemelli fournit donc au pontife les meilleurs soins possibles pour tenter d’aider le patient âgé à traverser la phase critique. Il est regrettable qu’aucune information plus détaillée n’ait été donnée sur les médicaments utilisés. Il a été question d’antibiotiques – probablement pour un usage parentéral, c’est-à-dire par voie intraveineuse – de corticostéroïdes et de peu d’autres choses.

Le patient, âgé de 88 ans et obèse (ce qui constitue sans aucun doute un facteur de risque supplémentaire important, notamment pour les complications cardiologiques) a été et est toujours assisté par oxygénothérapie.

Les bulletins officiels émis par la direction médicale au cours du séjour à l’hôpital étaient tous très peu détaillés, notamment en ce qui concerne les paramètres vitaux du patient. Hier, une nouvelle pouvait laisser penser à une aggravation de la situation. Le Bureau de presse du Vatican a fait état d’une « crise isolée de bronchospasme qui a toutefois entraîné un épisode de vomissements avec inhalation et une aggravation soudaine du tableau respiratoire ».

Il s’agit d’une information plutôt imprécise. En fait, cet épisode de vomissement avec bronchospasme ferait penser à une nouvelle forme de maladie pulmonaire grave, la pneumonia ab ingestis [pneumopathie d’inhalation, ndt], qui survient chez des patients âgés, ayant des difficultés à déglutir, les aliment étant « déféqués », alors qu’ils se retrouvent non pas dans l’estomac mais dans les poumons, entraînant un état infectieux grave. Le communiqué du Vatican précise que « le Pape a été rapidement bronchoaspiré et a commencé une ventilation mécanique non invasive, avec une bonne réponse au niveau des échanges gazeux ».

Intéressant, le soulignement, qui se veut rassurant, que le patient « n’est pas intubé ». Après les années de terrorisme médiatique au cours desquelles les patients de réanimation ont été honteusement montrés à la télévision en position couchée et intubés, afin de semer autant que possible la peur de la maladie, la note sur le pape « non intubé » était un impératif, en vue de minimiser l’état du patient.

En outre, la « ventilation mécanique non invasive » mentionnée dans le communiqué signifie que Bergoglio a un masque qui lui couvre le nez et la bouche et l’alimente en oxygène. Une situation grave, qui implique un pronostic réservé.

Selon les évaluations des médecins de la polyclinique Gemelli, 24 à 48 heures seront nécessaires pour vérifier si la crise que le patient a connue hier a entraîné une aggravation de ses paramètres vitaux. Il sera important de vérifier si une pneumonia ab ingestis est en cours, qui pourrait même provoquer une septicémie, une infection bactérienne du sang, avec des conséquences vraisemblablement mortelles. Une infection qui pourrait également se déclarer dans les voies urinaires, comme c’est malheureusement souvent le cas pour les infections liées aux soins. On ne nous a pas dit si le pape avait une sonde urinaire, mais il est presque certain qu’il en a une.

Face à ces conditions, il est franchement surréaliste d’entendre un certain type de narration hyper-optimiste qui nous parle d’un « pape au travail », à moins que l’on n’entende par travail le fait de signer des documents qui lui sont présentés.

Tout aussi étrange, pour ne pas dire incroyable, ce que nous lisons dans le communiqué de presse, à savoir qu’hier matin, peu avant la crise respiratoire, le pape était dans la chapelle en train de prier. Il est difficile de croire que, dans son état, il aurait pu être bougé, sorti de son lit et emmené hors de la pièce. Dans ce cas, pourquoi ce moment – s’il a réellement eu lieu – n’a-t-il pas été documenté photographiquement ? Cela aurait réconforté les fidèles affligés par son état et priant pour le pape.

Pourquoi François, s’il n’est effectivement pas alité et autonome, n’a-t-il pas été transporté en fauteuil roulant près d’une fenêtre pour saluer la foule présente sur le parvis de l’hôpital, comme l’avait fait Jean-Paul II lors de son hospitalisation ?

Les communiqués du Vatican parlaient jusqu’à hier matin d’un Bergoglio qui, après s’être réveillé, prenait son petit déjeuner et lisait les journaux. Un tableau idyllique qui contraste avec une situation clinique qui semble bien différente, et au moins gravement invalidante, sinon au risque d’un possible exitus.

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