Il le fait à travers une lettre adressée aux évêques des Etats-Unis (il devrait peut-être écrire aux évêques français, mais le contentieux n’est pas le même, nos Excellences sont du trop menu fretin), dans laquelle il déroule le discours habituel sur les migrants, sans aucun souci du réalisme politique (à la différence de Benoît XVI, qui lui avait réclamé « le droit à NE PAS émigrer »)
Le blog Silere non possum renvoie tout simplement le message à l’expéditeur, en rappelant un détail savoureux: par un décret émané en décembre 2024, l’Etat du Vatican prévoit des peines sévères, amendes et prison, contre tout non-résident qui s’introduirait derrière ses murs sans en avoir l’autorisation.
- La lettre du pape: www.vatican.va
Le pape François attaque Donald Trump.
Il prend la plume, sur les migrants
Lundi 10 février, le pape François a envoyé une lettre aux évêques des États-Unis d’Amérique concernant le phénomène migratoire.
Après avoir changé la moitié de l’épiscopat et intimidé tous ceux nommés par Benoît XVI, François intervient à nouveau sur un sujet cher aux journaux et alimente le climat déjà exécrable entre la Maison Blanche et le Saint-Siège. Même sur ces questions – politiques mais aussi éthico-morales – le Pontife se mêle de manière despotique de ce qui relève des évêques locaux.
Celui qui se dit ‘évêque de Rome’ démontre de plus en plus qu’il intervient dans le gouvernement d’autres frères évêques qui n’ont plus la liberté d’agir mais sont des ‘administrateurs délégués’ et donc pour les affaires les plus importantes, il doit intervenir.
Il est emblématique que le Pape n’ait jamais pris la plume pour écrire aux évêques américains quand Joe Biden, récemment déclaré officiellement membre de la franc-maçonnerie, affirmait des théories en faveur de l’avortement et de l’euthanasie. Ces questions seraient-elles moins importantes pour la vie des gens et la société elle-même?
Dans sa lettre, François parle d’un Jésus immigré sans tenir compte du fait qu’aujourd’hui la politique doit s’attaquer à ce problème réel avec des mesures qui prennent en compte de multiples aspects.
Benoît XVI, qui ne voulait plaire à personne mais était conscient de la réalité, écrivait en 2012 :
Dans le contexte sociopolitique actuel, cependant, avant même le droit d’émigrer, il faut réaffirmer le droit de ne pas émigrer, c’est-à-dire d’être en mesure de rester sur sa propre terre, répétant avec St Jean Paul II que « le droit premier de l’homme est celui de vivre dans sa propre patrie : un droit qui, toutefois, ne devient effectif que si les facteurs qui poussent les gens à émigrer sont constamment sous contrôle ».
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Aujourd’hui, en effet, nous constatons que de nombreuses migrations sont la conséquence de la précarité économique, du manque de biens essentiels, des catastrophes naturelles, des guerres et des troubles sociaux. Au lieu d’être un pèlerinage animé par la confiance, la foi et l’espoir, la migration devient alors une « épreuve » de survie, où les hommes et les femmes apparaissent plus comme des victimes que comme des auteurs et des responsables de leurs vicissitudes migratoires.
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Ainsi, s’il y a des migrants qui parviennent à une bonne position et vivent dans la dignité, avec une bonne intégration dans le milieu d’accueil, il y en a beaucoup qui vivent dans des conditions de marginalité et parfois d’exploitation et de privation des droits humains fondamentaux, ou qui adoptent des comportements préjudiciables à la société dans laquelle ils vivent. Le chemin de l’intégration comprend des droits et des devoirs, l’attention et le soin envers les migrants pour qu’ils puissent avoir une vie décente, mais aussi l’attention de la part des migrants envers les valeurs offertes par la société dans laquelle ils sont insérés.
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Message de Benoît XVI pour la Journée mondiale du migrant et du réfugié 2013
www.vatican.va…ben-xv…_world-migrants-day.html
Pourquoi le Pape n’écrit-il pas une lettre à ces puissants qui réduisent les gens en esclavage et les torturent ? Pourquoi n’élève-t-il pas la voix contre ceux qui forcent ces personnes à émigrer ? Le problème est ailleurs et il est évident, sous les yeux de tous : quelqu’un se fait de l’argent sur la peau de ces gens.
Le Pape François déclare :
Le fait d’expulser des personnes qui, dans de nombreux cas, ont quitté leur patrie pour des raisons d’extrême pauvreté, d’insécurité, d’exploitation, de persécution ou de grave détérioration de l’environnement, porte atteinte à la dignité de nombreux hommes et femmes, et de familles entières, et les place dans un état particulièrement vulnérable et sans défense…
Une conscience bien formée ne peut s’abstenir de porter un jugement critique et d’exprimer son désaccord avec toute mesure qui, tacitement ou explicitement, identifie le statut illégal de certains migrants à la criminalité.
Il est vrai que le Pape agit ici contra legem sans que personne ne s’insurge, et au niveau universel dans l’Église aussi, il agit de la même manière, mais quelqu’un devrait lui expliquer que dans tous les États il y a une loi qui fait un délit d’entrer et de rester illégalement sur le territoire de l’État. C’est le cas aussi au Vatican, avec le décret n° DCCX, du 19 décembre 2024, sur l’entrée illégale sur le territoire de l’État de la Cité du Vatican. Ce texte approuvé en premier lieu par Sainte Marthe, prévoit :
… tout non-résident qui entre sur le territoire de l’État de la Cité du Vatican où le libre accès n’est pas autorisé, sans détenir le permis prescrit délivré par le Gouvernorat conformément aux articles 9 et suivants de la Loi sur la citoyenneté… est soumis à une amende de 10000 à 25000 euros (…) et une peine d’un an à quatre ans d’emprisonnement et une amende allant de 10000 à 25000 euros sont infligées à quiconque pénètre sur le territoire de l’État de la Cité du Vatican avec violence, menace ou tromperie.
Donald Trump ne fait rien d’autre qu’appliquer la loi existante, car il n’est pas un Monarque absolu et ne peut pas faire des choses contraires à la loi comme le fait le Pape François tous les jours en changeant les règles ou en les appliquant seulement quand il s’agit d’ennemis.
Le Pape poursuit :
Il ne s’agit pas d’une question secondaire : un authentique État de droit se manifeste précisément dans le traitement digne que méritent toutes les personnes, en particulier les plus pauvres et les plus marginalisées. Le véritable bien commun est promu lorsque la société et le gouvernement, avec créativité et respect rigoureux des droits de tous – comme je l’ai déclaré à maintes reprises – accueillent, protègent, promeuvent et intègrent les plus fragiles, sans protection et vulnérables
Certes, entendre cela de la bouche d’un homme qui a puni de nombreux prêtres sans même leur permettre de connaître les chefs d’accusation pour lesquels ils étaient punis, a de quoi faire geler le sang dans les veines.
L’homme qui a sanctionné le cardinal Juan Luis Cipriani Thorne sans lui donner un procès et sans lui montrer les preuves des accusations, l’homme qui a condamné le cardinal Becciu avant son procès et qui a signé des actes qui ont modifié la procédure pénale dans le processus, explique maintenant au président des États-Unis ce qu’est un État de droit.

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