C’est du moins ce qu’affirme « Politico », un média américain basé à Washington. De gauche, et que Trump lui-même a affirmé avoir reçu des subventions pas vraiment anecdotiques du fond USAID. Politico se base sur les confidences de personnes de l’entourage proche, et n’hésite pas à accuser Trump de vouloir manipuler le prochain conclave (les autres ne l’ont jamais fait, c’est bien connu).
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En attendant, le bulletin quotidien du Bureau de presse témoigne que l’état de François, au minimum, ne s’améliore pas (je devrais donc dire: il faut prier pour le pape; mais franchement, c’est au-dessus de mes forces).
Le dernier bulletin de santé officiel, publié aujourd’hui par Vatican News, récite:
«Les examens de laboratoire, la radiographie pulmonaire et l’état clinique du Saint-Père continuent de présenter un tableau complexe. L’infection polymicrobienne, qui s’est déclarée sur fond de bronchectasie et de bronchite asthmatique, et qui a nécessité l’utilisation d’une antibiothérapie à base de cortisone, rend le traitement thérapeutique plus complexe. Le scanner thoracique de contrôle que le Saint-Père a subi mardi après-midi, prescrit par l’équipe sanitaire du Vatican et l’équipe médicale de la Fondation Policlinico ‘A. Gemelli’, a montré l’apparition d’une pneumonie bilatérale qui a nécessité une nouvelle thérapie médicamenteuse»
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https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2025-02/francois-de-bonne-humeur-malgre-une-pneumonie-bilaterale.html
Evidemment, les ragots vont bon train, et il est difficile de faire la part des choses entre l’information objective et la recherche du scoop, de préférence dans un arrière-plan de « sombres intrigues vaticanes », par des journalistes peu scrupuleux, « payés à la pièce », comme le dit Silere non Possum. Peut-être comme ceux de Politico…
Le pape François, sentant qu’il est proche de la mort, prend des mesures pour protéger son héritage
www.politico.eu/article/pope-francis-legacy-death-complex-italy-rome-health/
17 février 2025
La bataille pour succéder au pape François risque d’être très politisée, notamment en raison de l’affrontement récent du pontife avec le vice-président catholique des États-Unis, JD Vance.
Le pape François a voulu rendre l’Église plus inclusive, en ouvrant des rôles clés aux femmes et aux personnes LGBT+.
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Le pape François est très inquiet pour sa santé après avoir été hospitalisé pour une bronchite sévère, et il se hâte de régler les derniers détails avant la bataille pour sa succession.
Le pape a été admis dans un service spécialisé au début du mois à l’hôpital Gemelli de Rome pour une infection respiratoire, et il a depuis été contraint d’annuler un certain nombre d’apparitions publiques.
Il s’agit de la dernière en date des maladies du souverain pontife, âgé de 88 ans, qui a subi l’ablation d’une partie d’un poumon dans sa jeunesse et qui est devenu de plus en plus fragile au cours de ces dernières années. Le service de presse du Saint-Siège a publié des mises à jour régulières et a déclaré lundi que la bronchite du pape s’était transformée en « infection polymicrobienne » avec un « tableau clinique complexe ».
Selon deux personnes familières de la situation, François souffre de douleurs intenses et a exprimé en privé la certitude qu’il ne s’en sortirait pas cette fois-ci. Dimanche, les médecins de l’hôpital Gemelli ont inquiété le pape en lui interdisant de prononcer le sermon matinal habituel de l’Angélus, qu’il a rarement manqué, même lorsqu’il était hospitalisé, ont déclaré l’une de ces personnes et une troisième personne. Il agit désormais uniquement sur « ordre des médecins », a déclaré l’une d’entre elles.
Le pape a d’abord refusé d’aller à l’hôpital, mais on lui a dit en termes clairs qu’il risquait de mourir s’il restait dans sa chambre au Vatican.
Au cours du dernier mois, alors que sa santé se détériorait, François s’est employé à mener à bien des initiatives-clés et de nommer des personnalités amicales à des postes clés, au terme d’un pontificat teinté de progressisme et marqué par d’âpres divisions idéologiques.
Depuis qu’il est devenu pape en 2013, François s’est efforcé de rendre l’Église plus inclusive, en ouvrant des postes clés aux femmes et aux personnes LGBT+. Si cela a provoqué une réaction furieuse de la part de nombreux conservateurs, les libéraux se plaignent que les réformes ont été insuffisantes. Par ailleurs, les efforts du pape pour mettre un terme aux abus de mineurs commis par des clercs ont donné des résultats mitigés.
La succession du pape sera politique
Le 6 février, avant d’être hospitalisé, le pape a prolongé le mandat du cardinal italien Giovanni Battista Re en tant que doyen du collège des cardinaux, un rôle qui permettra de superviser certains préparatifs en vue d’un éventuel conclave. Selon les personnes citées, cette décision, qui a permis d’éviter un vote prévu sur le prochain doyen par les cardinaux, vise à garantir que le processus se déroule conformément aux souhaits de François.
Re, acteur de longue date du Vatican, est trop âgé pour participer lui-même au conclave. Néanmoins, il sera une figure centrale dans les discussions à huis clos qui ont en général lieu avant le conclave. Le fait que François l’ait choisi comme doyen plutôt qu’un candidat plus jeune suggère qu‘il voulait garder un visage amical dans le rôle qui défendrait son héritage, a déclaré l’une de nos sources, ajoutant que « la période précédant le conclave est plus importante, car c’est là que se fait le lobbying ».
Avant le conclave de 2013 qui l’a élu pape, François lui-même aurait bénéficié de l’influence d’un groupe de cardinaux trop âgés pour participer à la procédure, mais qui ont néanmoins influencé le résultat.
Le maintien de Re dans ses fonctions l’amènera aussi à célébrer les rites funéraires de François s’il venait à mourir. Le pape a plaisanté en privé sur le fait que Re serait « plus gentil » avec lui que les autres candidats.
Le service de presse du Saint-Siège s’est refusé à tout commentaire.
Avant que son état de santé ne se dégrade, François traversait une période politiquement délicate. Au début du mois, il a adressé une remontrance extraordinaire au vice-président des États-Unis, JD Vance, pour sa définition de l’Ordo Amoris, un concept théologique que Vance a utilisé pour justifier la politique du président Donald Trump à l’égard des migrants. La réplique du pape a déclenché la fureur de la Maison Blanche, soulevant la perspective d’une bataille de succession hautement politisée en cas de décès de François.
« Ils ont déjà influencé la politique européenne, ils n’auraient aucun problème à influencer le conclave », affirme un observateur proche de la politique vaticane, faisant référence à l’administration Trump. « Ils pourraient vouloir quelqu’un de moins conflictuel ».
Samedi, le pontife a également accéléré sa décision réformatrice sans précédent de nommer une religieuse, Sœur Raffaella Petrini, comme prochaine et première femme gouverneur de la Cité du Vatican, en annonçant que le mandat de sœur Petrini commencerait le 1er mars. Cette date a été avancée par rapport à ce que certains attendaient et a suscité des inquiétudes quant à la santé [du pape] parmi ses soutiens. Toutefois, il pourrait également s’agir d’une coïncidence : le gouverneur actuel, le cardinal Fernando Vérgez Alzaga, fêtera ses 80 ans ce jour-là, ce qui le rend inéligible pour le poste.
Même si François survit à sa dernière maladie, les observateurs considèrent qu’il s’agit d’un tournant, car François ne se concentre plus sur les progrès de la réforme, mais sur sa mise en place.
« Il se peut qu’il ne meure pas maintenant, mais il est évident qu’il finira par le faire », dit un fonctionnaire du Vatican. « Nous mourons tous – et c’est un homme de 88 ans avec des problèmes pulmonaires ».

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