Bien sûr, il s’agit de rumeurs, et selon les vertueux « fact checkers » urbi et orbi, elles sont sans fondement. Mais dès lors qu’elles sont reprises par une vaticaniste aussi bien introduite que Franca Giansoldati (avec toutes les précautions politiquement correctes d’usage), elles méritent quelque considération. Selon elle, parmi les craintes qui agitent ces jours-ci le Vatican, il y a celle « que le pontife veuille, dans un avenir proche, modifier la Constitution apostolique Universi Dominici Gregis, afin d’abaisser le quorum nécessaire à l’élection du futur pontife et de le faire passer des deux tiers des voix actuels à la seule majorité des voix ».
Comme on le voit, « le pape travaille ». Ou quelqu’un, à sa place.
« Il est possible que François, à ce stade, veuille réfléchir à qui sera en mesure de poursuivre son héritage ».
Conclave, Pape François : quorum à la baisse, bataille pour la succession. La tentation du pape
Mala tempora currunt.
.Même le dictateur de la Corée du Nord ne changerait pas les règles électorales à ce stade. Pour une Église à l’image et à la ressemblance du dictateur (en l’occurrence vêtu de blanc) : « Il est possible que François, à ce stade, veuille réfléchir à qui sera en mesure de poursuivre son héritage ».
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https://blog.messainlatino.it/2025/03/conclave-papa-francesco-giu-il-quorum.html
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Franca Giansoldati
Il Messaggero
3 mars 2025
Cris et chuchotements Un peu comme dans le célèbre film de Bergman.
En attendant que le pape François retourne à Sainte Marthe en convalescence, de vieilles craintes se font jour au Vatican. L’une d’entre elles en particulier : que le pontife veuille, dans un avenir proche, modifier la Constitution apostolique Universi Dominici Gregis, afin d’abaisser le quorum nécessaire à l’élection du futur pontife et de le faire passer des deux tiers des voix actuels à la seule majorité des voix. Pour l’instant, il n’y a rien à l’horizon, seulement des spéculations et des calculs. Pourtant, l’idée agite déjà les secteurs les plus conservateurs. Il y a quelques années déjà, le projet avait suscité de nombreux débats internes. À l’époque, on évoquait la possibilité d’ouvrir les congrégations générales (généralement réservées à tous les cardinaux, électeurs ou non) à d’autres personnalités représentatives de l’Église. L’hypothèse a été enterrée.
Même le poids lourd des juristes, le cardinal Gianfranco Ghirlanda, a dû intervenir pour rejeter les informations publiées par des sites ultraconservateurs [!!] faisant autorité (The Remnant et The Pillar). Des « falsifications ». L’affaire s’est donc éteinte et on n’en a plus jamais parlé jusqu’à ces jours-ci où la rumeur a repris.
Les milieux les plus conservateurs tremblent et prennent pour acquise une accélération imminente des différentes réformes en cours. La faute au (mauvais) climat du conclave. Alors – avec un certain découragement – dans cette résurgence constante des hypothèses, le fantôme du changement a fini par prendre forme. Pour les conservateurs, il s’agirait d’un mouvement à ne pas exclure. La pensée du deep state antibergoglien d’Oltretevere peut être résumée dans une phrase entendue de la bouche d’un cardinal expérimenté : « Il est possible que François, à ce stade, veuille réfléchir à qui sera en mesure de poursuivre son héritage ».
En bref : ouvrir la voie à un successeur capable de reprendre son héritage pour achever le projet initié de l’« hôpital de campagne » de l’Église.
Luis Badilla, ancien directeur du site para-Vatican Il Sismografo, note dans sa lettre hebdomadaire que l’air de la succession papale est déjà devenu irrespirable. Pour le reste, corbeaux, conspirations, manœuvres, indiscrétions sont, selon lui, des éléments qui ne servent qu’à « minimiser les circonstances actuelles qui, bon gré mal gré, projettent la première dynamique conclaviste ».
Mais pourquoi le projet imaginé d’abaisser le quorum effraie-t-il tant les conservateurs ? Le Collège des cardinaux est actuellement composé de 137 électeurs, de sorte que le quorum de 91 voix doit être atteint, un nombre très élevé par rapport aux conclaves précédents, caractérisés par un nombre de cardinaux inférieur à celui d’aujourd’hui.
La difficulté d’atteindre ce seuil de 91 voix réside dans la faible homogénéité du corps électoral et dans la modeste connaissance interpersonnelle des cardinaux. En bref, il y a trop d’inconnues et le risque est grand d’avoir un conclave prolongé avec des risques incertains.
Un éventuel changement visant à abaisser le quorum à une majorité absolue augmenterait les chances d’arriver plus rapidement à un bergoglien élu.
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