Canada, l’affaire des fosses communes d’enfants indigènes: une autre faute de François contre l’Eglise

10 Mar 2025 | Actualités

Depuis Jean-Paul II et le jubilé de l’An 2000, l’Eglise reconnaît régulièrement ses fautes du passé (en deux mille ans d’histoire, il y en a forcément eu), et fait son mea culpa, sous les applaudissement des non-croyants. Fort bien… même s’il y aurait beaucoup à nuancer, remettant notamment ces « fautes » dans le contexte historique de leur époque. Encore faudrait-il surtout qu’elles soient réelles et pas inventées à dessein pour discréditer l’Eglise. Tel a été le cas de l’affaire citée dans le titre, dont il a été plusieurs fois question dans ce site (cf. www.benoit-et-moi.fr/?s=canada).
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Mais le plus incroyable dans cette affaire, c’est le rôle du pape qui, loin de défendre l’Eglise qu’il est censé guider, a lui même fourni au gouvernement canadien dirigé alors par Trudeau (qui, hasard du calendrier, quitte ces jours-ci son poste) la potence pour se faire pendre, allant jusqu’à demander publiquement pardon, au nom des catholiques, pour des crimes imaginaires. Sans chercher à se renseigner sur des faits qui étaient déjà parfaitement connus et élucidés. Et avec des conséquences graves: plus de 110 églises canadiennes ont été brûlées en « représailles » aux prétendus crimes.
Une fois de plus, une fois de trop, il a démontré que dans toutes les circonstances où il aurait pu témoigner son opposition au mainstream, il s’est rangé du côté des ennemis de l’Eglise .

Aucune fosse commune n’a été trouvée

Mensonge définitivement démasqué : Justin Trudeau fera-t-il amende honorable ?

Giuseppe Nardi
katholisches.info/2025/03/08/keine-massengraeber-gefunden/
8 mars 2025

Indianer-Kinder, die im Auftrag der kanadischen Regierung in einem kirchlichen Internat erzogen wurden.
Enfants indiens éduqués dans un pensionnat ecclésiastique à la demande du gouvernement canadien.

En 2021, les préparatifs de la visite du pape François au Canada s’étaient intensifiés au niveau diplomatique. Le Premier ministre canadien de gauche et mondialiste Justin Trudeau (Parti libéral) avait joué un double jeu. Tout en souhaitant la bienvenue au visiteur, il s’était lancé dans une attaque frontale contre l’Eglise catholique.

Quand le Vatican a annoncé officiellement la visite, Trudeau s’est approché des micros et a demandé au chef de l’Eglise de s’excuser auprès des Canadiens « indigènes », c’est-à-dire les Indiens, pour les mauvais traitements subis dans le passé, car l’Eglise catholique aurait procédé à « l’extinction culturelle » des autochtones. Un jeu perfide.

La raison en était les anciens pensionnats catholiques, appelés Residentials Schools, pour les enfants d’Amérindiens et de Métis. Ces derniers sont les descendants d’unions entre Européens et Indiens, le terme français Métis désignant les métis qui n’ont pas adopté le mode de vie européen mais celui des Indiens et qui sont reconnus au Canada comme un groupe ethnique à part entière  ;.

Ces écoles ont rempli une mission d’éducation et d’intégration au nom de l’État canadien à partir de la seconde moitié du XIXe siècle et jusque dans les années 1970 (obligatoire de 1894 à 1947). Les enfants des Indiens devaient être intégrés dans la culture européenne de la population majoritaire et, pour ce faire, être sevrés de leur milieu de vie.

On ne veut plus rien savoir de ces formes d’ « inclusion » qui, selon la compréhension de l’époque, étaient tout à fait bienveillantes. Dès le début des années 90 du siècle dernier, une commission de réconciliation et de recherche de la vérité de l’État canadien s’est penchée sur la question. Depuis, plusieurs événements de réconciliation ont été organisés par l’Etat.

Mais pour se blanchir, l’Etat canadien s’est soudainement défaussé sur l’Eglise catholique, qui a été désignée comme bouc émissaire.

Cela a surtout été le cas du Premier ministre Justin Trudeau, au pouvoir depuis 2015. Trudeau avait fait passer l’une des lois sur l’avortement les plus impitoyables et les plus cruelles, mais s’est indigné, dans le cadre de la visite annoncée du pape, du travail d’éducation réalisé à l’époque par des institutions ecclésiastiques. Ce travail a pourtant été effectué sur ordre de l’État canadien, dominé à l’époque par les protestants, c’est-à-dire des dirigeants de l’époque et de leurs objectifs.

Le mainstream a suivi et en Europe aussi, les prétendus « crimes » de l’Eglise catholique contre les Indiens du Canada ont été largement diffusés en appuyant sur le bouton. Les médias allemands y participaient encore récemment, comme le FAZ [Frankfurter Allgemeine Zeitung] en décembre de l’année dernière. Le mainstream agit en tant que commanditaire, les scandales gigantesques sont donc ignorés et les faux scandales sont amplifiés. Lorsqu’il s’agit de l’Eglise, la plupart des journalistes sont de toute façon prêts à participer. Sans aucun scrupule.

Les avis peuvent être partagés sur les opinions et les méthodes de l’époque. La question est de nature culturelle et concerne avant tout la culture politique. Il est question de choses qui appartiennent au passé depuis plusieurs décennies et qui font donc partie d’une forme de traitement du passé. Les personnes concernées, qui ont été placées dans ces écoles lorsqu’elles étaient enfants, sont pourtant toujours en vie. Ils ont également été les destinataires des demandes de pardon du Pape dans le cadre du voyage au Canada. Mais combien de demandes de pardon faut-il pour qu’elles soient valables ?

L’accusation la plus incroyable : Des fosses communes d’enfants  ;

Mais ce n’était pas vraiment le sujet de l’affaire. Le sujet était bien plus vaste et plus spectaculaire. Les accusations les plus incroyables qui ont été diffusées pour clouer l’église catholique au pilori étaient des rapports de fosses communes. Selon cette légende noire, on aurait découvert à proximité de telles écoles catholiques des fosses communes d’enfants qui avaient perdu la vie dans les internats, probablement, selon l’insinuation subliminale, tués. Le 27 mai 2021, la chef indienne Rosanne Casimir (First Nations) avait annoncé que les restes de 215 enfants avaient été retrouvés sur le site de l’ancienne Kamloops Indian Residential School en Colombie-Britannique. Un mois plus tard, on affirmait qu’il y avait même, selon les estimations, 751 tombes anonymes à proximité de l’ancien pensionnat de Marieval. Le New York Times a immédiatement suivi. Le scandale, dont l’Eglise était l’accusée, était ainsi devenu un sujet international.  ;

Immédiatement, au Canada, toutes les personnalités et institutions importantes de l’État et de la société ont accepté ces affirmations comme vraies, sans les vérifier, et ont appelé à une grande indignation, à la tristesse et à la consternation. Du jour au lendemain, l’Église a été clouée au pilori comme meurtrière d’enfants. L’attaque a même été dirigée contre le christianisme dans son ensemble. L’Eglise anglicane, par exemple, s’occupait de 30 % des enfants placés en internat. Comme si cela ne suffisait pas, l’affaire a également pris une connotation raciste en raison des abus et des meurtres d’enfants indiens « par des chrétiens d’origine européenne et des institutions religieuses catholiques ». Environ 30% de la population canadienne n’est pas d’origine européenne et joue un rôle de plus en plus important dans les élections.

Les pires spéculations ont rapidement circulé : les pires atrocités auraient été commises dans les internats. L’imagination ne semblait avoir aucune limite et les médias l’ont alimentée avec insistance. Justin Trudeau en a fait une question politique et s’est érigé en autorité morale qu’il n’a jamais été. Il a fait mettre les drapeaux en berne dans tout le Canada en signe de deuil national face aux preuves d’un « racisme systémique honteux ».

Bien avant que Trudeau ne devienne Premier ministre, l’Etat canadien avait déjà présenté des excuses officielles aux autochtones. L’Église avait fait de même, car on voit aujourd’hui d’un tout autre œil le Gradual Civilization Act de 1857 adopté par le gouvernement. Tout semblait réglé depuis longtemps, mais des histoires effrayantes de prétendues « fosses communes » sont apparues. Des recherches ont été entreprises à ce sujet. En réponse, l’ Indian Residential Schools Research Group a publié un article intitulé: « The Fals Narrative of the Residential Schools Burials« , qui soulignait que toutes les enquêtes avaient montré qu’il n’y avait pas la moindre trace d’un seul élève prétendument tué dans les 113 ans d’histoire des pensionnats catholiques indiens.

On a rapidement soupçonné Trudeau d’avoir pris le train de la légende noire en marche comme une manœuvre de diversion à la langue de bois anticléricale, afin de faire pression sur l’Eglise pour qu’elle cesse ses critiques contre sa cruelle loi sur l’avortement ou du moins pour neutraliser l’influence de l’Eglise en la discréditant.

Le pape François et son mea culpa prématuré

Avant même que le pape François ne se rende au Canada à l’été 2022, il était donc clair que les affirmations étaient infondées. Il n’y avait pas de fosses communes. Le conte de fées s’est révélé être un château de cartes, maintenu en vie par des cercles intéressés par la politique et les médias. La vérité ne semblait donc pas avoir d’importance. Trudeau et ses subordonnés sont allés jusqu’au bout de l’attaque contre l’Église.

Plusieurs mois avant son départ, le pape François a reçu des délégations d’Amérindiens, d’Inuits et de Métis à qui il a demandé pardon. Lors de l’Angelus du 6 juin 2021, il a déploré la « découverte bouleversante des restes de 215 enfants ». Dans les semaines qui ont suivi, des personnes bien intentionnées dans des paroisses canadiennes, se référant aux paroles hâtives de François, plaçaient régulièrement 215 paires de chaussures d’enfants devant les entrées des églises ou dans les églises elles-mêmes, en guise de gestes d’excuse et de demandes de pardon.

Fin juin, Trudeau criait en substance au pape à travers l’Atlantique qu’il n’était le bienvenu au Canada que s’il venait s’excuser pour les outrages.

Toute la visite du pape au Canada du 24 au 29 juillet 2022 a ainsi été orientée vers la rencontre avec les trois groupes de population cités plus haut, qui représentent ensemble moins de 5% de la population canadienne.

Papst Franziskus mit Justin Trudeau
Le pape François avec Justin Trudeau

L’ensemble de la visite a pris une tournure qui a passablement déformé l’objectif d’une visite pastorale. François a fait un grand Mea culpa circonstancié au Canada, semblant ainsi donner raison aux accusateurs des églises sur toute la ligne, plutôt que de répondre aux mensonges sans fondement. De cette manière, la campagne infâme contre l’Eglise a été tacitement acceptée. François s’est en fait excusé implicitement pour des crimes atroces qui n’ont jamais eu lieu. L’Église a été transformée en coupable et une tentative de réécriture de l’histoire a été entreprise. L’atteinte à la réputation de l’Église au Canada a été énorme.

François n’avait pas vu la nécessité de démasquer ce qui est probablement la pire campagne anticléricale du XXIe siècle dans un État démocratique. Parmi les conséquences graves, on peut également citer le fait qu’au Canada, plus de 110 églises ont été brûlées avant et après la visite du pape, en « représailles » aux prétendus crimes .

Le pilori de Trudeau s’avère être une construction mensongère

Trois ans se sont écoulés depuis, et les enquêtes approfondies lancées par Trudeau, qui ont coûté 216,5 millions de dollars, n’ont rien donné. Il ne reste rien des accusations. Le National Advisory Committee on Residential Schools, Missing Children and Unmarked Burials, mis en place par Trudeau sera dissous à la fin du mois de mars . La décision correspondante du gouvernement a déjà été prise. Et pourquoi ? Parce qu’aucune fosse commune n’a été trouvée. En fait, Dieu merci, pas un seul corps n’a été retrouvé.

Le gouvernement canadien a dépensé 216,5 millions de dollars pour courir après une rumeur, parce qu’elle correspondait à un concept politique. Trudeau et ses alliés vont-ils s’excuser auprès de l’Eglise et des catholiques ? Une commission d’enquête va-t-elle être mise en place pour déterminer les initiateurs et les responsables de la campagne de mensonges ? Y aura-t-il des conséquences ?

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