La paix en Ukraine selon l’Observatoire Cardinal Van Thuân de la Doctrine Sociale de l’Eglise

13 Mar 2025 | Actualités

Le think tank de Trieste ne cite pas de nom et n’évoque pas de faits précis, son analyse propose seulement des principes généraux propres à orienter la réflexion. Mais personne ne peut avoir de doute sur QUI est visé ici:

On s’arme pour résoudre d’autres crises de nature économique, ou pour détourner sur le champ de bataille des tensions présentes dans sa propre société, pour s’emparer d’un butin de guerre d’une autre nature, ou pour maintenir en vie, sous prétexte d’une situation d’urgence, des arrangements politiques en déclin.

Si vis pacem para pacem *.

La paix en Ukraine et le  » réarmement » de l’Europe

(*) Si tu veux la paix, prépare la paix

vanthuanobservatory.com
10 mars 2025

Face aux nombreuses préoccupations du moment concernant la situation en Ukraine, les tensions internationales persistantes et l’hypothèse d’un soi-disant et indéterminé « réarmement de l’Europe », notre Observatoire propose quatre constats simples.

Bien comprendre ce qui s’est passé

Afin d’éviter des évaluations biaisées, réductrices ou instrumentalisables, il convient de prendre en compte l’ensemble de la problématique.

Certaines responsabilités dans ce qui s’est passé, de part et d’autre, ont été mises en évidence, mais beaucoup d’autres n’ont pas été révélées ou ne sont pas prises en compte. Des événements d’une telle ampleur ne peuvent être expliqués de manière synchronique, en se basant sur ce qui se passe à un moment donné, mais de manière diachronique, en essayant de reconstruire une image complexe des événements et en rappelant le comportement des nombreux acteurs. La guerre étant également menée avec les outils de la communication, il convient d’être prudent dans la désignation des coupables. Il est plus sage d’esquisser un tableau précis des responsabilités et d’essayer de surmonter les préjugés opposés. Aucun fait ne mérite d’être absolutisé par rapport à d’autres. Il ne s’agit pas d’éviter de désigner des coupables, mais plutôt d’éviter de désigner LE coupable unique et absolu et, une fois [celui-ci] identifié et puni, de se donner bonne conscience.

Le système d’alliances

La politique internationale doit gérer judicieusement le système des alliances. L’entrée d’un pays dans une alliance militaire comme l’OTAN ou dans une alliance économico-politique comme l’Union européenne est lourde de conséquences diverses, surtout lorsque ces mêmes alliances manifestent le besoin d’être repensées. En période de tensions et de perspectives floues, il convient de ne pas prendre de mesures qui détériorent les relations dans ce domaine, de manière à ce que personne ne se sente menacé. La question des « frontières » doit également être abordée avec prudence, en tirant des leçons réalistes de ce qui s’est passé dans ce domaine par le passé, notamment en Europe de l’Est, et en tenant compte des besoins des peuples comme de ceux des États. En tout état de cause, il n’est pas bon de faire peser sur les épaules d’un pays, quel qu’il soit, plus que ce qu’il peut supporter pour son intégrité.

Politiques d’armement

La course aux armements est souvent motivée par d’autres causes que la menace supposée d’un ennemi et est le signe avant-coureur d’affrontements de plus en plus destructeurs. On s’arme pour résoudre d’autres crises de nature économique, ou pour détourner sur le champ de bataille des tensions présentes dans sa propre société, pour s’emparer d’un butin de guerre d’une autre nature, ou pour maintenir en vie, sous prétexte d’une situation d’urgence, des arrangements politiques en déclin. Les politiques de réarmement ne garantissent pas toujours et automatiquement la sécurité d’une personne, surtout lorsqu’elles menacent d’autres personnes qui se sentent menacées. La sécurité peut être garantie par d’autres moyens.

Nous sommes opposés à la création d’une « défense commune » de l’Union européenne, qui répéterait des erreurs déjà commises récemment et conduirait à un renforcement de l’Union elle-même au point d’en faire un super-État à un moment où elle devrait plutôt être repensée de manière critique.

La voie de l’horreur

Penser à fonder sa fortune sur le réarmement, c’est s’engager sur la voie du mal. Sans nier l’exercice d’un droit prudent à la défense, les armes ne sont pas des produits comme les autres, elles ne sont pas au service de l’homme : elles servent à tuer, à mutiler, à détruire. Leur utilisation produit des horreurs dont la durée dépasse la vie des générations qui en sont responsables, alimentant une chaîne de haines qui se nourrit d’elle-même au fil du temps. Par essence, les armes constituent une réification du mal. Saisir l’opportunité industrielle qui nous est actuellement proposée pour éviter une crise très grave répond à la logique humaine, mais « malheur à l’homme qui se fie à l’homme ».

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