Les désastres post-Concile vus par un prêtre qui en est revenu

19 Mar 2025 | Actualités

Ce prêtre, c’est notre père Jorge (Guadalix) dont les interventions sont toujours frappées au coin du bon sens populaire et du catholicisme « de bout de banc ». Il a grandi avec le concile, qui a rythmé son enfance, et petit à petit, au fil des ses études de théologie, il a commencé à comprendre. Aujourd’hui il dresse un état des lieux, en termes de statistiques crues.
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La déchristianisation que nous vivons, et qui s’accélère vertigineusement ces derniers temps (le cardinal Ratzinger l’avait dénoncée dès 1985 dans son livre-entretien avec Vittorio Messori), n’est certes pas entièrement imputable au Concile, mais force est de constater que l’assemblée conciliaire l’a accélérée et même justifiée, en lui donnant une légitimité « de l’intérieur ». Après la pause « bénédictine », la marche forcée vers l’abîme a connu un regain de vigueur grâce à (ou plutôt à cause de) François.
La question est maintenant de savoir si le prochain pape réussira, non pas à la stopper (ne rêvons pas) mais à la ralentir.

On me dira que le nombre n’a pas d’importance, que c’est la qualité qui compte. Eh bien, le nombre est important, et même les plus fervents conciliaires ne croient pas en la qualité. Mais ils sont contents parce que l’Église est très engagée dans la cause des pauvres.

Le problème, c’est que si ce n’est qu’une question de solidarité, je n’ai pas besoin de la foi ou de l’Église pour cela. Je n’ai pas non plus besoin de devenir prêtre ou religieuse.

Ce que nous n’avons pas compris à propos du Concile


Non, femme ; la liberté de conscience, c’est pour tranquilliser les gens d’aujourd’hui. Parce qu’au Ciel, ce qu’on appelle aller au Ciel, ce sont ceux de toujours qui iront

Père Jorje Guadalix
www.infocatolica.com/blog/cura.php/2503151009-algo-no-supimos-entender-del
15 mars 2025

Je me souviens que quand j’étais enfant de chœur, à peine âgé de sept ou huit ans, j’étais chargé de diriger le chapelet dans la paroisse de mon village, depuis la chaire, et à la fin de la prière, chaque jour, je disais une prière pour le concile – comme vous pouvez l’imaginer, je ne savais même pas ce que c’était. Ça ne faisait rien. Je prenais mon petit bout de papier et je priais pour le concile.

Je me souviens des changements liturgiques, une surprise par semaine, des nouveaux chants, des petites choses.

J’ai peut-être appris à connaître la situation lorsque j’ai commencé mes études de théologie.

L’attente de Vatican II était grande. Tous les espoirs étaient permis. Mais, soyons honnêtes, quelque chose n’a pas fonctionné. Nous avons travaillé dans la vigne du Seigneur avec tout l’enthousiasme du monde, nous nous sommes abreuvés de la théologie postconciliaire la plus enragée et nous avons laissé notre peau à la cause de l’Évangile. Le printemps est-il venu? Je n’en suis pas convaincu. Pas du tout convaincu.

Cette année marquera le soixantième anniversaire de sa clôture.

Jusqu’à présent, nous avons fait avec [« nos hemos ido bandeando »: traduction peu sûre] Les chiffres parlent d’eux-mêmes. La sécularisation massive [retour à l’état laïc] des religieux et des prêtres, surtout dans les années 1970, nous a effrayés. La débâcle de la baisse des vocations au ministère sacerdotal et à la vie religieuse a été camouflée par une moyenne d’âge qui n’a cessé d’augmenter, année après année et à un rythme de plus en plus rapide. Les décès de ces dernières années nous ont amenés à fermer continuellement des monastères et à dissimuler le manque de prêtres en répartissant le nombre de paroisses, resté presque identique, entre un très petit nombre de membres du clergé. Il y a des régions d’Espagne où un prêtre est curé, responsable ou chargé de huit, dix, vingt, trente paroisses… Ou plus. Peut-être que demain il y en aura quarante si le compagnon le plus proche meurt. Bien sûr, la vie sacramentelle est impossible, et elle est devenue un pauvre substitut entre les mains des laïcs qui font ce qu’ils peuvent avec le peu qui reste chaque dimanche.

Les écoles catholiques, où la présence des religieux et religieuses était visible et constante, sont aujourd’hui, dans de nombreux cas, à peine une entité entre les mains d’une société créée ad hoc et qui est supposée maintenir le charisme, s’il existe encore.

Le niveau de formation de nos laïcs est préoccupant. Un insipide « il faut partager » et une messe transformée en « une célébration très joyeuse ». Un laïc, de ceux qui rencontrent et fréquentent leur paroisse depuis des années, m’a dit qu’il n’aimait pas les messes, qu’il préférait l’Eucharistie [!!]. Le relativisme doctrinal, le subjectivisme moral et le catholicisme minimal ont pris le dessus. La discipline n’existe pas. Il ne se passe jamais rien [/il n’y a jamais de suites].

Plus de 50 % des jeunes en Espagne se déclarent agnostiques ou athées. Beaucoup d’entre eux, d’ailleurs, sont des élèves d’écoles religieuses, baptisés et ayant fait leur première communion. Moins de la moitié des enfants nés sont baptisés et les mariages religieux atteignent à peine 20 %. Autre fait que l’on peut observer dans presque toutes les paroisses : les confessions sont pratiquement inexistantes.

On me dira que le nombre n’a pas d’importance, que c’est la qualité qui compte. Eh bien, le nombre est important, et même les plus fervents conciliaires ne croient pas en la qualité. Mais ils sont contents parce que l’Église est très engagée dans la cause des pauvres. Le problème, c’est que si ce n’est qu’une question de solidarité, je n’ai pas besoin de la foi ou de l’Église pour cela. Je n’ai pas non plus besoin de devenir prêtre ou religieuse.

C’est comme ça. Bien sûr, nous continuons avec les mêmes schémas curiaux, les mêmes idées, des programmes très similaires.

Les documents conciliaires ne sont pas si mauvais, à commencer par les grandes constitutions. Je dirais même qu’ils sont très bons. Peut-être est-ce parce que beaucoup ont profité du Concile pour faire de leur chapeau un manteau [hacer de su capa un sayo: hispanisme truculent, selon mes recherches, cela signifie « interpréter librement, à son profit »] sous la forme d’un esprit conciliaire que personne n’a pu expliquer le moins du monde, auquel s’est ajouté un abandon évident de la discipline ecclésiastique qui a permis, au nom de la modernité et des bonnes vibrations, à chacun de dire ce qu’il veut, de célébrer comme il l’entend et de vivre selon son infaillibilité personnelle. Vous savez : le magistère est infaillible iuxta modum, mais ce que disent le théologien Untel et le curé Machin va de soi et est indiscutable.

Quelque chose nous a échappé.

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