Hier, le pape est sorti de l’hôpital Gemelli, au terme d’une hospitalisation de cinq semaines. Très handicapé, gonflé, aphone, privé de souffle, il était néanmoins bien présent, en tout cas pas dans l’état de catatonie auquel on aurait pu s’attendre après les graves alertes qui, à plusieurs reprises, ont mis sa vie en danger..
Il a donc déjoué une fois de plus, au moins momentanément, tous les pronostics négatifs et on ne peut que saluer son extraordinaire résilience!
L’article qui suit a été rédigé par AM Valli avant le retour à Sainte Marthe (tiens… Sainte Marthe, et pas Saint Jean de Latran?) mais il est totalement actuel, et LA question ne peut pas être balayée comme si le pape sortait de l’hôpital après une simple réduction de fracture ou une banale appendicite: quand le pape est si affaibli, qui commande au Vatican ? Comment fonctionne toute la machine ?
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Et surtout: quid des décisions qui engagent l’avenir à long terme de l’Église, par exemple l’annonce du début d’un parcours synodal conduisant à une assemblée ecclésiale en 2028, comme si les bergogliens, conscients que leurs beaux jours sont comptés, voulaient semer le maximum d’embûches sur le chemin du prochain pape, à défaut de pouvoir lui dicter son agenda.

Jeux de pouvoir à la cour du pape malade
www.aldomariavalli.it/2025/03/22/giochi-di-potere-nella-corte-del-papa-malato/
22 mars 2025

Alors que le pape François est à l’hôpital et que son séjour se prolonge, le problème apparu dans la dernière phase du pontificat de Jean-Paul II est à nouveau soulevé : qui commande vraiment dans ces cas-là ?
Pour apaiser les doutes et les inquiétudes, le Vatican a publié un enregistrement audio et une photo, mais dans les deux cas, le résultat n’a pas été à la hauteur des espérances. En fait, l’audio et la photo ont eu l’effet inverse, c’est-à-dire qu’ils ont alimenté les soupçons et montré un pape extrêmement éprouvé. Le cardinal Fernández a d’ailleurs déclaré hier que le pape devrait même réapprendre à parler.
Grâce aux traitements, dont le pape ne manque certes pas, la situation pourrait durer longtemps. Et même si François revenait à Sainte Marthe, la question resterait entière : quand le pape est si affaibli, qui commande au Vatican ? Comment fonctionne toute la machine ?
On sait que lors de la dernière maladie de Jean-Paul II, celle qui allait s’avérer fatale, c’est Don Stanislas, le secrétaire particulier, qui prenait toutes les dispositions, dans un cadre tout à fait hors norme et hors logique. Aujourd’hui, il n’y a pas de personnage comparable à Don Stanislas, mais le problème persiste. Si le pape, qui est un monarque absolu, est incapable de gouverner, qui le fait à sa place, et comment ?
Un signe nous vient des visites effectuées à Gemelli par le secrétaire d’État Parolin et le substitut Peña Parra. À en juger par ces contacts, il semble qu’à ce stade, la barre soit passée entre leurs mains. Mais combien de temps cela peut-il durer ? De toute manière, l’Église doit être gouvernée par Pierre, et non par le secrétaire d’État.

Si nous lisons le Bulletin du Bureau de presse du Saint-Siège, nous constatons que le pape prend chaque jour diverses décisions et procède à des nominations. On peut imaginer qu’il s’agit de décisions prises avant la maladie et l’hospitalisation, mais plus la maladie dure, moins il est possible de faire croire que c’est bien le pape qui étudie chaque dossier. Même les bulletins quotidiens faisant savoir que le pape « a travaillé » semblent pour le moins forcés. Combien de travail peut-il faire dans son état ? Quiconque a un père ou un grand-père de près de 90 ans atteint de telles pathologies connaît la réponse.
Le problème concerne surtout les décisions qui engagent l’avenir à long terme de l’Église. Ces derniers jours, le Vatican a annoncé « le début d’un parcours “, concernant la phase de mise en œuvre du synode sur la synodalité, qui ” conduira à une assemblée ecclésiale dans les trois ans ». Mais, mis à part le contenu, une telle annonce semble à la fois peu crédible et suspecte. Peu crédible parce qu’un pape dans son état actuel pourrait suivre un processus de trois ans. Suspecte parce qu’elle est faite à dessein pour imposer un agenda au successeur. Et c’est probablement ce que veulent les bergogliens : sachant très bien qu’avec un nouveau pape, quatre-vingt-dix pour cent d’entre eux seront éliminés, ils essaient au moins de lui rendre la vie difficile.
Jeux de pouvoir dans une cour. Des jeux de pouvoir toujours assez sales, mais très sales quand le dirigeant est faible, malade ou mourant.

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