Macron (presque) seul

28 Mar 2025 | Actualités

Nos médias ont été extrêmement discrets, voire honteusement silencieux sur le sommet convoqué par notre sémillant locataire de l’Elysée, pompeusement baptisé « Sommet de la coalition des volontaires » et annoncé au son des trompettes. Pas étonnant. Ce énième comité Théodule s’est soldé pour Macron par un échec cinglant.
Voici deux analyses hors-mainstream de deux sources totalement indépendantes, l’une d’un journaliste indépendant spécialisé en géopolitique qui propose ses analyses sur X, l’autre d’un site catholique conservateur italien (la NBQ).
Pour user d’un doux euphémisme, il en ressort qu’il n’y a pas d’unanimité sur l’envoi de troupes en Ukraine, à l’inverse, Macron et son alter ego britanniques sont seuls, leurs partenaires principaux, l’Italie, la Grèce et l’Espagne freinent des quatre fers et entendent même soutenir les négociations entre les États-Unis et la Russie.

Le bluff des volontaires : seul subsiste l’axe anglo-français

Gianandrea Gaianni
lanuovabq.it/it/il-bluff-dei-volenterosi-resta-solo-lasse-anglo-francese

Au sommet des « volontaires », Macron admet qu’il n’y a pas d’unanimité sur l’envoi de troupes européennes. L’Italie, la Grèce et l’Espagne se retirent et entendent soutenir les négociations entre les États-Unis et la Russie. Dans le chaos actuel, une seule certitude demeure : la France et le Royaume-Uni veulent jouer un rôle de premier plan.

Le sommet de la Coalition des volontaires à Paris a offert une nouvelle fenêtre médiatique à la France et à la Grande-Bretagne qui cherchent à se tailler un rôle dans les négociations russo-américaines pour mettre fin au conflit en Ukraine, mais n’a produit aucun résultat concret ;

Le premier ministre britannique Keir Starmer a déclaré que la future force européenne de soutien à l’Ukraine serait « conçue pour dissuader » et pour « envoyer un message à Poutine selon lequel l’accord de paix doit être défendu ». Le Premier ministre, à l’issue de la réunion pour la défense de l’Ukraine à Paris, a expliqué que « plusieurs pays » ont demandé au Royaume-Uni et à la France de prendre la direction des opérations, mais a souligné que l’initiative impliquait « un groupe de pays réagissant collectivement ».

Macron a indiqué qu’ en cas de paix en Ukraine « il y aura une force de réassurance » composée de « plusieurs pays européens », précisant que cette force militaire sera basée « dans certains lieux stratégiques » de l’Ukraine « en cas de paix ». Ces forces « auront un caractère dissuasif contre une éventuelle agression russe », a-t-il ajouté. Cependant, « elles ne seront pas destinées à être des forces de maintien de la paix, ni des forces présentes sur la ligne de contact ou destinées à remplacer l’armée ukrainienne », mais offriraient un soutien dans des zones « stratégiques ».

« Rien n’est exclu, des forces terrestres aux forces maritimes en passant par les forces aériennes, mais elles ne remplaceront ni les casques bleus, ni les forces ukrainiennes », a déclaré Macron. « La Russie ne veut pas la paix, mais indépendamment de ce que fera la Russie, nous voulons respecter le droit international », a poursuivi Macron, ajoutant que plusieurs pays européens participeront à ces « forces de réassurance ».

Bref, beaucoup de confusion. Si la force européenne ne sera pas de maintien de la paix et ne sera pas déployée au contact des Russes mais à l’arrière sur le territoire ukrainien, quelles tâches devra-t-elle accomplir ? Une présence dissuasive ?

Le président français a souhaité un soutien des Etats-Unis dans le cas d’un éventuel déploiement européen en Ukraine, soutien que Washington a pourtant déjà exclu à plusieurs reprises. Lors de la conférence de presse à l’issue du sommet de Paris, il a souligné qu’il fallait aussi se préparer « à un scénario sans les États-Unis » confirmant ainsi indirectement que les deux puissances nucléaires européennes, le Royaume-Uni et la France, ambitionnent d’obtenir des positions de premier plan dans la sphère militaire européenne en cas de désengagement américain. 

Macron a ensuite admis qu’à l’heure actuelle, il n’y a pas d’unanimité sur l’envoi de cette soi-disant « Force de réassurance » menée par l’Europe.  « Certains pays n’ont pas la capacité de le faire, d’autres n’ont pas le contexte politique pour être d’accord ».

En fait, l’Italie a confirmé pour la énième fois qu’elle n’enverrait pas ses propres troupes en Ukraine, pas plus que la Grèce. La Grèce ne fait pas partie des pays prêts à envoyer des troupes en Ukraine dans le cadre d’une « coalition de volontaires » et pense même que « ce débat peut être source de division, qu’il ne nous permet pas de nous concentrer sur l’objectif principal, à savoir comment mettre fin à la guerre en ce moment », a précisé le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, à Paris.

Le journal américain Politico a souligné que les pays d’Europe du Sud n’ont pas accepté le plan de la Commission européenne et de Von Der Leyen sur une forte augmentation des dépenses de défense et le « réarmement de l’Europe » et que cela menace de perturber le plan de Bruxelles de transférer de grandes quantités d’armes à l’Ukraine.

Pour Rome, Athènes et Madrid, la priorité reste de soutenir la négociation américano-russe pour mettre fin au conflit, et non de s’endetter pour une course au réarmement dont les bénéfices ne sont pas récoltés.

Le plan anglo-français ne semble pas convaincant également parce qu’il est totalement inapplicable puisque pour accepter un accord, Moscou exige qu’il n’y ait pas de forces de l’OTAN sur le territoire ukrainien. Il n’y aura donc pas d’accord avec Moscou sans cette clause, alors qu’avec elle, aucun pays de l’OTAN ne pourra déployer de troupes en Ukraine.

Ironisant sur la Coalition des volontaires, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov est une nouvelle fois monté au créneau. Le 25 mars, il a qualifié Starmer et Macron de « rêveurs qui démontrent quotidiennement leur échec complet » et « leur totale incompétence politique ». Selon Ria Novosti, Lavrov a affirmé que l’Europe contredisait la position des États-Unis, qui parlent de paramètres préliminaires pour la résolution du conflit. Sans les pays européens, les forces armées ukrainiennes auraient été vaincues depuis longtemps, a-t-il ajouté, Londres et Paris ayant été les premiers à envoyer des armes à Kiev. Lavrov a réitéré le parallèle historique concernant les tentatives de contenir la Russie et de la vaincre : « c’était le souhait de Napoléon et d’Hitler, nous sommes déjà passés par là ».

Kiev a de son côté voulu faire comprendre que l’Ukraine a besoin d’une contribution « sérieuse » de l’Europe avec des troupes prêtes au combat, et non de  peacekeeper [sic!], après la fin des hostilités avec la Russie, a déclaré Igor Zhovkva, négociateur ukrainien principal et assistant du président Volodymyr Zelensky. « Nous n’avons pas besoin d’une simple présence pour montrer que l’Europe est là ».

« Ce n’est pas seulement la quantité de troupes qui compte, c’est aussi leur préparation au combat, leur préparation à se défendre, leur préparation à être équipés et leur préparation à comprendre que l’Ukraine est une partie indispensable de la sécurité européenne, nous n’avons pas besoin de missions de maintien de la paix », a averti Zhovka, laissant présager le risque que les troupes anglo-françaises aient à affronter les Russes sur le champ de bataille.

Après le sommet de Paris, Zelensky et Starmer ont discuté des résultats avec le président ukrainien qui a souhaité que « notre unité et notre travail commun en Europe, avec les Etats-Unis et d’autres partenaires puissent forcer la Russie à la paix ».

Hypothèse crédible, mais c’est précisément sur la base de cette évaluation que l’Ukraine et l’Europe devraient avoir tout intérêt à mettre fin au conflit maintenant, avant que les forces de Kiev ne risquent de s’effondrer sous l’impact de nouvelles offensives russes.

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