Nous en avons parlé tout à l’heure (cf. Translation en grande pompe de la dépouille mortelle de François), juste après avoir regardé le direct sur la chaîne du Vatican, nous demandant si quelque chose n’était pas en train de changer à Rome: des témoins directs de la cérémonie sont arrivés à la même conclusion.
Le reportage de Silere non possum.
Croix pectorales en or poussant comme des champignons, vêtements de cérémonie dépoussiérés et sortis des tiroirs…
Ces gestes, loin d’être marginaux, témoignent d’une exaspération qui s’est accrue ces dernières années à l’égard d’un pontificat qui s’est avéré, pour beaucoup, excessivement idéologique.
Les cardinaux enterrent l’idéologie
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(…) Il semble que quelque chose bouge aussi au niveau symbolique. Cela confirme ce qui est souligné depuis des années dans ces pages, à savoir que de nombreux cardinaux de nomination bergoglienne n’étaient pas enthousiasmés par le régnant.
Après des années de tenues liturgiques réduites au minimum, des vêtements dignes, sobrement ornés mais aussi avec un soin désormais oublié, refont leur apparition.
Ce matin, le cardinal Kevin Farrell, Camerlingue de la Sainte Eglise romaine, portait une chape de cérémonie, signe d’un changement vivement espéré à l’intérieur et à l’extérieur des murs léonins. En effet, rien de tel n’a été vu depuis douze ans.
De plus, lundi, il semble que les cardinaux se soient rués dans les souterrains pour récupérer les clés des coffres-forts et en ont sorti les croix pectorales en or, qui avaient été placées sous cellophane il y a douze ans.
Même les secrétaires du pape ont réussi à trouver une soutane pour la porter aujourd’hui, alors qu’ils ne l’avaient pas utilisée pendant toutes ces années.
Le rite : curiosités et réflexions
La célébration a été marquée par la présence du Collège des Pénitenciers, composé des Frères Mineurs Conventuels, qui ont accompagné le corps du Pape. La procession avec le clergé précédait le corps, suivi par les fidèles.
Au cours des derniers mois, la presse avait accueilli le nouveau « Rite des Obsèques » avec l’habituel enthousiasme hypocrite et rhétorique qui accompagnait chaque choix du Pape François. Pourtant, on constate aujourd’hui que rien n’a vraiment changé sur le fond. Tout changer pour ne rien changer », a dit quelqu’un.
Certains ont parlé, ces dernières heures, de « l’absence de catafalque » comme d’un « signe de simplicité ». En réalité, ce choix n’ajoute ni n’enlève rien de substantiel. Au contraire, il semble que l’on ait sciemment évité un geste qui aurait pu permettre aux fidèles de se sentir plus proches du Pape et de le voir plus clairement pour la dernière fois. Un choix conforme à l’approche que François a toujours eue à l’égard de sa propre santé: silence, réserve absolue, absence de communication. Il savait probablement que la mort serait l’un des rares moments qu’il ne pourrait pas gérer jusqu’au bout. Il a donc choisi de se limiter à cela, en protégeant son image jusqu’au bout : mieux vaut un cercueil qu’un catafalque, à l’abri des regards curieux.
La translation a suivi le même schéma. Que le pape soit dans le cercueil ou sur le brancard, cela ne change pas grand-chose. Le cercueil, d’ailleurs, était visiblement ouvert : la presse a pourtant parlé de funérailles « comme celles de n’importe quel mortel ordinaire ».

Or, nous n’avons pas connaissance qu’une procession avec un cercueil ouvert soit organisée pour les funérailles de personnes ordinaires. Et cela en dit long sur la vacuité de certaines déclarations. Des mots vides, fonctionnels à une histoire déjà écrite et avec une intention claire : décrire le bon pape, victime de la mauvaise Église.
Pour éviter que les fidèles voient le visage du Pape, le choix a donc été fait de ne pas mettre le cercueil sur un support, comme dans la chapelle de la Domus, mais de le poser sur un tapis à même le sol.
Croix pectorales en or poussant comme des champignons, vêtements de cérémonie dépoussiérés et sortis des tiroirs…Ces gestes, loin d’être marginaux, témoignent d’une exaspération qui s’est accrue ces dernières années à l’égard d’un pontificat qui s’est avéré, pour beaucoup, excessivement idéologique. Le pape François a souvent dépensé des sommes colossales pour acheter de nouveaux ornements au nom de la sobriété, ignorant ceux déjà présents, accusé d’être « pompeux » uniquement par une presse ignorante et analphabète.
Un paradoxe qui a marqué ces douze années : on a prêché la pauvreté, mais on a dépensé des millions pour changer les contenants, sans jamais vraiment toucher au contenu.
(…)

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