C’est le témoignage d’un catholique de toujours, et d’un vaticaniste de long cours, AM Valli, qui s’adresse à ses lecteurs. Il décrit le sentiment que lui inspirent les jours que nous vivons, qui devraient être pour tout catholique des jours d’attente, d’excitation et de fièvre, même joyeuse, et qui au contraire ne suscitent que tristesse, frustration et agacement (devant le traitement médiatique): comme un sentiment d’être un observateur extérieur, étranger à un théâtre qui ne le concerne pas.
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A la base, une lettre du professeur Seifert, philosophe autrichien, ex-membre de l’Académie pontificale pour la vie, qui a écrit au collège des cardinaux, pour leur demander d’examiner les hérésies dont François s’est rendu coupable, en particulier la scandaleuse déclaration d’Abu Dhabi.
Accusation gravissime qui, si elle n’est pas apurée, obèrera durablement l’avenir de la papauté. Les électeurs NE PEUVENT PAS L’IGNORER.
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Je ne suis pas vaticaniste, mais je suis l’actualité de l’Eglise depuis l’élection de Benoît XVI, et je ressens un peu le même sentiment.
Le roi est nu. Pourtant, on fait comme si de rien n’était. On continue comme si de rien n’était. On fait l’éloge de ce roi. Bien sûr, il y en a aussi qui le critiquent plus ou moins ouvertement, mais sans aller au fond : il a exprimé une doctrine radicalement opposée à celle de l’Eglise catholique.
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C’est troublant, et cela ouvre des perspectives que je ne peux pas prévoir. Mais, au fond de moi, c’est ce que je ressens.
Le conclave et ce sentiment d’être étranger.
Quelques mots pour les lecteurs
AM Valli
www.aldomariavalli.it/2025/05/04/il-conclave-e-quel-senso-di-estraneita-due-parole-ai-lettori/
(…)
Le conclave approche et, inévitablement, j’entends beaucoup de questions sur l’identité du nouveau pape, sur son profil, sur ses origines.
Parce que j’ai été vaticaniste pendant de nombreuses années, les gens pensent que j’en sais plus. En réalité, peut-être parce que j’ai vécu dans ce monde, que je l’ai étudié et raconté pendant si longtemps, je sais que je ne sais pas. C’est un monde compliqué, et plus on l’examine, moins on a de réponses. C’est du moins ce que je constate.
Mais dans la situation actuelle, un autre fait s’ajoute. Je ressens un fort sentiment d’aliénation à l’égard du prochain conclave. Un très mauvais sentiment, car pour moi, en tant que catholique et fils de l’Église, le choix du nouveau pape a toujours été une occasion de grande participation, voire d’émotion. Aujourd’hui, c’est comme si les cardinaux (je vous ai dit que je serais honnête) jouaient une pièce qui ne m’appartient pas.
Pourquoi ?
La réponse se trouve dans la lettre [ici] que le professeur Seifert a envoyée au cardinal Re pour demander un examen immédiat des accusations d’hérésie portées contre François. Il n’est pas nécessaire de passer en revue tout ce que Bergoglio a dit et fait. Pour moi, comme pour Seifert, une seule référence suffit : la Déclaration d’Abu Dhabi signée par François. Un document qui contient toutes les hérésies parce qu’il transforme Dieu en un relativiste qui ignore qu’il n’y a qu’une seule vérité et qui ne se préoccupe pas de savoir si les gens croient le vrai ou le faux.
Si l’on y réfléchit, il est difficile d’imaginer un concept plus hérétique que celui contenu dans la Déclaration d’Abu Dhabi. Un concept soigneusement enveloppé dans les idées d’amitié, de fraternité, de dialogue et ainsi de suite, mais qui est et reste hérétique.
Le roi est nu. Pourtant, on fait comme si de rien n’était. On continue comme si de rien n’était. On fait l’éloge de ce roi. Bien sûr, il y en a aussi qui le critiquent plus ou moins ouvertement, mais sans aller au fond : il a exprimé une doctrine radicalement opposée à celle de l’Eglise catholique. C’est pourquoi je pense que, comme dans le conte Les habits neufs de l’empereur, il faut la voix d’un enfant pour se lever et dire la vérité délibérément ignorée par la foule.
C’est troublant, et cela ouvre des perspectives que je ne peux pas prévoir. Mais, au fond de moi, c’est ce que je ressens.
D’où le sentiment d’être étranger. Un clone de François peut émerger du conclave, ou un pape différent à bien des égards, mais l’histoire dont il est issu ne peut être effacée. Et c’est une histoire qui doit être clarifiée, car elle est terriblement marquée par l’hérésie.
Quelqu’un me dit : tu es prétentieux, ce n’est pas à toi de juger. Je comprends la remarque et j’aimerais ne pas ressentir ce que je ressens. Mais ce ver est là. Et il creuse.
J’ai essayé d’être le plus clair possible mais je ne sais pas si j’ai réussi. Je m’excuse si j’ai heurté votre sensibilité.

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