La feuille de route de ‘La Croix’ pour le futur pape

4 Mai 2025 | Actualités

(The Wanderer) Ne nous y trompons, sous couvert d’information, les médias mainstream font en réalité de la propagande (et cette tendance est décuplée par l’approche du Conclave), avec un pouvoir de persuasion qui dépasse sans doute largement la modestie de leurs tirages.
A ce petit jeu, La Croix est championne, et ce d’autant plus qu’elle passe pour LA référence religieuse (faisant systématiquement abstraction de son biais politique) auprès des confrères qui pataugent dans leur ignorance et qui la citent comme source « sérieuse » . Il s’agit de faire croire au public que le Pontificat de François a été fructueux, et qu’il ne faudrait surtout pas que les « réformes » engagées restent sans suite: il n’y a pas d’autre choix.
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The Wanderer a lu l’éditorial du 28 avril, en accès payant, et y répond point par point.
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L’intérêt de l’éditorial en question est qu’il énumère, sous des titres inoffensifs et parfaitement partageables par les catholiques de tous bords, tout ce que les progressistes envisagent de poursuivre, justifiant ainsi toutes les craintes des catholiques non-progressistes dans ce moment de pré-conclave.

Les chantiers du prochain pape, selon les progressistes.

Splendeur du passé!

Nous connaissons les douze travaux d’Hercule et les sept merveilles du monde. Le quotidien La Croix s’est attaché à établir les sept chantiers du pontificat.

Il faut dire que l’atmosphère qui précède le conclave n’est pas seulement propice à toutes sortes de spéculations : quel sera le profil du prochain pape ? Y aura-t-il des surprises ? Combien de voix faudra-t-il pour élire le prochain pape ? Etc.

Qu’on ne s’y trompe pas, en cette période d’incertitude, les pronostics et même les spéculations ne sont que de l’écume. L’essentiel est ailleurs. Cette période de « congrégations générales« , où les cardinaux, électeurs et plus de 80 ans, se réunissent chaque jour pour discuter de l’avenir de l’Église, est surtout l’occasion de manœuvres en tout genre.

La fin du pontificat de François, marquée par un exercice autoritaire – et presque solitaire ! – du pouvoir, a surpris les observateurs attentifs de la Curie. Au point de remettre en cause les orientations révolutionnaires de François ? 

C’est précisément ce que craignent ceux qui ne doivent leur position et leur fonction qu’à leur proximité idéologique – le mot est choisi à dessein – avec François.

Pour les plus fervents partisans des ouvertures et des audaces du dernier pape, il s’agit donc de peser de tout leur poids pour qu’elles se concrétisent. 

Leur atout : faire croire que le mouvement initié par le dernier pontificat est irréversible. 

Laudato siAmoris Laetitia ?La déclaration d’Abu Dhabi, qui affirme que « le pluralisme et la diversité religieuse sont une sage volonté divine » ? Autant de points de non-retour.

Dans cette logique, il n’est pas étonnant que La Croix  figure en bonne place parmi les médias diffusant un message particulier : le pontificat de François a certes marqué une tentative importante de réformer de fond en comble l’Église tridentine et de mettre en œuvre jusqu’au bout l’actualisation du concile Vatican II, mais le mouvement initié par François a absolument besoin d’être transformé pour que ces changements soient vraiment décisifs.

Cela se traduit concrètement, chez les inspirateurs actifs du pontificat de François, par un état de vigilance accrue, véhiculé par un service de presse à la ligne de conduite claire : « Ce n’est pas le moment de s’arrêter« . D’où les sept chantiers du futur pontificat, dans lesquels on devine, derrière les formules en forme de slogan, la crainte d’un changement de cap sur chacun de ces dossiers.

1er projet : Maintenir l’unité de l’Église dans la diversité.

Le quotidien La Croix présente ce premier projet comme une alternative fermée :

« Le prochain pape, comme François, cherchera-t-il à « harmoniser les différences » ou préférera-t-il resserrer un peu plus les rangs ? ».

Serrer les rangs suggère un repli sur soi préjudiciable. C’est oublier que, dans une bonne stratégie de combat, c’est un atout d’affronter la puissance de l’ennemi. Pour le reste, la formule  » une Église unie dans la diversité  » donne à réfléchir. D’une part, parce que chacun sait que derrière l’apparente affabilité du pape François, qui s’écrie  » Todos, todos, todos  » aux JMJ de Lisbonne, se cache en réalité une politique diversitaire qui méprise l’unité. D’autre part, parce que s’il y a « plusieurs demeures dans la maison du Père » (Jean 14,2), cette diversité ne peut être vécue que dans l’unité d’une même foi dans un même Credo. « Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu, le Père de tous, qui est au-dessus de tous » (Ephésiens 4,5-6).

Deuxième projet : l’achèvement du processus synodal

Quant à la nouvelle gouvernance de l’Église voulue par le pape François et motivée par sa fameuse « théologie du peuple« , ses partisans craignent de voir leurs espoirs déçus si la synodalité mise en route n’aboutit pas. D’ailleurs, certains osent déjà s’exprimer. Même La Croix l’admet :

« Que son successeur ait ou non un profil bergoglien, les cardinaux attendent une personnalité qui sache arrondir les angles ». 

En ce qui concerne la synodalité, ce ne sont pas les aspérités qu’il faut aplanir, mais les angles morts d’une réforme qui méritent d’être signalés. La constitution hiérarchique de l’Église, « L’Église du Verbe Incarné« , ne peut être une donnée que l’on peut mettre dans un mouchoir et jeter au gré des envies du moment de tel ou tel pape….

Troisième projet : promouvoir la paix contre vents et marées

Certes, le pape François, bien que flatté par les  media mainstream, ne s’est pas vraiment distingué par son habileté diplomatique, et c’est un euphémisme. Au lieu de la platitude simpliste de la promotion de la « paix contre vents et marées« , son successeur devrait plutôt redonner aux services diplomatiques du Saint-Siège la réputation qu’ils méritent et apporter une cohérence fondamentale – entre pragmatisme sur le terrain, habileté politique et fermeté évangélique – au discours géopolitique du futur pape.

4ème mission : ne pas laisser s’éteindre la flamme de l’écologie

Il n’y a rien de plus regrettable que de vouloir suivre l’air du temps. L’Église « conciliaire », pourtant, fidèle à ce leitmotiv, ne manque pas de reconnaître qu’il est manifestement dépassé depuis plus de soixante ans. Ainsi en est-il de la question de l’écologie, dont La Croix écrit qu’elle sera un « grand défi » pour le prochain pontificat, avant d’ajouter avec une pointe de tristesse : « même si aujourd’hui elle semble passer au second plan« . Il est vrai qu’à une époque de confusion doctrinale et de généralisation des structures de péché, les fidèles qui cherchent à (sur)vivre spirituellement et à transmettre la foi à leurs enfants considèrent sans doute qu’il y a d’autres priorités plus importantes que de conduire des véhicules électriques.

Cinquième projet : Vivre la fraternité et la miséricorde

Derrière ce projet, La Croix aborde la question des migrants.

« Dans un monde qui se referme, le prochain pape abordera-t-il la question des migrations avec la même force que François ? « .

Pourtant, ce monde qui se referme fait appel à un réflexe de survie tout à fait naturel. Face à une menace, qui ne chercherait pas à se protéger ?

Il y a un aspect qui n’a pas été pris en compte dans la question migratoire telle que la voit le pape François et que le futur pontife devra aborder: rendre ses lettres de noblese à l’idée du bien commun. La préservation de la paix civile et la garantie d’espaces de coexistence ne peuvent se faire en blâmant ceux qui accueillent sans réfléchir des personnes qui souhaitent s’installer dans un autre lieu qui n’est pas le leur.

6ème projet. Faire de l’Église une maison sûre

Quel amoureux du Christ et de son Église pourrait ne pas avoir ce désir ? Mais, une fois encore, de même que le pape François s’est présenté comme « le pape de tous » tout en exerçant son autorité avec l’inflexibilité qui le caractérise, ses interventions répétées – parfois au mépris élémentaire du droit – dans des affaires sexuelles (le cardinal McCarrick ou le jésuite et mosaïste Rupnik) ou financières (le cardinal Becciu) sont stupéfiantes. Faire de l’Église une maison sûre doit commencer par une clarification de ces affaires troubles et, en particulier, du rôle que François lui-même a pu y jouer.

7ème projet : Proclamer l’Evangile

L’esprit du concile Vatican II et ses applications concrètes, loin d’avoir suscité le fameux « printemps de l’Église » que ses instigateurs avaient annoncé, a laissé place à un véritable champ, sinon de ruines, du moins de détérioration avancée de l’Église. Au milieu des années 1970, le cardinal Siri, archevêque de Gênes et acteur de la minorité conservatrice pendant le Concile, faisait déjà dans des conversations privées ce constat implacable des fameux  » fruits  » du Concile : « le désastre est total et les conséquences universelles« . Proclamer l’Evangile, oui, bien sûr, évidemment ! Mais cela ne peut se faire que lorsque l’institution ecclésiale est sortie de la crise existentielle qu’elle traverse. C’est-à-dire prêcher la Bonne Nouvelle à temps et à contretemps, en s’appuyant sur l’enseignement constant de l’Église. Selon saint François de Sales, « Les plus grands malheurs de l’Église sont venus de ce que l’arche de la connaissance s’est trouvée dans d’autres mains que celles des lévites« .

Se réapproprier la science de la foi à travers un catéchisme solide est certainement la véritable condition d’une nouvelle évangélisation efficace.

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