Pendant neuf ans, nous avons assisté à l’œuvre de démolition systématique qu’à l’instar de son maître, le peu glorieux ex-archevêque de Terni, Vincenzo Paglia (qui a immortalisé son postérieur sur les murs de sa cathédrale! cf. benoit-et-moi.fr/archives/2017/actualite/un-archeveque-tres-border-line) a infligée à la PAV et à l’Institut Jean-Paul II pour le mariage et la famille.
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Une des premières mesures de Léon XIV, dont chaque pas est surveillé comme le lait sur le feu par des gens qui ne lui veulent pas forcément de bien (et c’est un euphémisme), a été de pourvoir à sa succession.
Difficile de tirer des conclusions.
Le profil effacé des deux prélats curiaux choisis (la nomination de Mgr Pegoraro à la PAV date d’hier) semble indiquer que le nouveau pape souhaite prendre son temps. Sagement.
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Voici le commentaire attendu de Riccardo Cascioli, directeur de la Bussola, très silencieux jusqu’à présent – signe évident d’une certaine réserve vis-à-vis du nouveau pape.
L’avenir de l’Institut pontifical Jean-Paul II et de l’Académie pontificale pour la vie reste à écrire, les hommes choisis pour remplacer Mgr Paglia n’indiquant pour l’instant que la volonté du Pape Léon XIV de ne pas provoquer de ruptures traumatisantes et d’avancer à petits pas.
PAV ET INSTITUT GP2
Satisfaction mais pas enthousiasme, l’après-Paglia est une inconnue
Riccardo Cascioli
La NBQ
28 mai 2025
Le départ de Mgr Paglia est certes un motif de satisfaction, mais les hommes appelés à le remplacer ne garantissent pas qu’il y ait une volonté de ramener l’Académie pontificale pour la vie et l’Institut Jean-Paul II à ses origines
Avec son remplacement également à la présidence de l’Académie pontificale pour la vie (PAV), annoncé hier, le rideau tombe définitivement sur Mgr Vincenzo Paglia, le » tueur à gages » choisi par le Pape François pour renverser le magistère de Saint Jean-Paul II sur la vie et la famille. Une œuvre à laquelle Paglia s’est consacré avec une grande efficacité au cours de ces neuf années où il a occupé, en plus de son rôle à la PAV, celui de grand chancelier de l’Institut Jean-Paul II sur le mariage et la famille, après avoir été président du Conseil pontifical pour la famille pendant quatre ans.
Comme le montre cet article de Tommaso Scandroglio, la PAV et l’Institut Jean-Paul II sont aujourd’hui des parents lointains des institutions qu’ils étaient à l’origine, créées par Jean-Paul II avec la conviction que la vie et la famille étaient en jeu dans le plus grand défi que le monde ait lancé à l’Eglise. Le départ de Mgr Paglia ne peut donc que nous réjouir.
Mais il ne faut pas céder aux enthousiasmes faciles, car sa sortie de scène n’indique pas en soi une révolution inversée, un retour aux origines, un tournant clair.
D’abord parce qu’elle était due et attendue : Mgr Paglia a eu 80 ans le 21 avril dernier, le jour de la mort de François, il aurait donc quitté la scène même si le Pape Bergoglio était encore en vie. La mort même du pape et tous les impératifs liés aux débuts du nouveau pontificat ont, en quelque sorte, retardé cette transition. En réalité, tout laisse supposer que la succession de Paglia avait déjà été préparée à l’avance.
Il est par contre juste de noter que la décision concernant la PAV est intervenue une semaine après celle pour l’Institut Jean-Paul II, ce qui pourrait indiquer que le Pape Léon XIV avait des doutes sur la solution proposée par son prédécesseur, ou voulait y réfléchir plus longuement.
Un autre élément à prendre en compte pour l’avenir est le « profil bas » des deux appelés à remplacer Mgr Paglia : le cardinal Baldassare Reina (vicaire général du diocèse de Rome) à l’Institut Jean-Paul II et Mgr Renzo Pegoraro à la PAV [voir Annexe].
Dans le premier cas, il s’agit plutôt d’un retour à la normale administrative, puisqu’avant Paglia, le rôle de Grand Chancelier de l’Institut appartenait au vicaire de Rome.
Du reste, on ne connaît pas d’activités majeures ou de prises de position importantes du cardinal Reina sur les questions qui sont au cœur de l’Institut Jean-Paul II. Par contre, un rôle clé est joué par le directeur, Mgr Philippe Bordeyne, dont la nomination en mars 2021 a achevé la transformation de l’institut sous la bannière d’Amoris Laetitia et du renversement de la morale catholique.
Il est donc difficile d’imaginer que quelque chose ici changera pour le mieux sans un remplacement du directeur et une reprise des Statuts de 2017, par lesquels l’institut devait être reconstruit sur les cendres de celui fondé en 1982 par saint Jean-Paul II.
La prudence est également de mise sur le changement de garde à la PAV, où la solution interne a prévalu : Mgr Pegoraro était déjà chancelier de l’Académie depuis septembre 2011, nommé à ce rôle par Benoît XVI. Et cela donne déjà une idée d’un trait caractéristique du nouveau président: compte tenu de la révolution qui s’est produite avec l’arrivée de Mgr Paglia, il doit être une personne capable de s’adapter à des orientations « politiques » très différentes.
Ces dernières années, il ne s’est distingué de Mgr Paglia que par sa plus grande compétence (il est diplômé en médecine et a été professeur de bioéthique), mais il a de fait soutenu la ligne de Mgr Paglia. Nous ne devrions certes pas assister aux coups d’éclat et aux déclarations grossièrement imprudentes, juste pour sauver les apparences, typiques de son prédécesseur. Mais comme il n’a aucune autorité en la matière, on devine qu’il suivra la direction qu’on lui demandera de prendre d’en haut.
L’avenir de l’Institut pontifical Jean-Paul II et de l’Académie pontificale pour la vie reste donc à écrire, les hommes choisis pour remplacer Mgr Paglia n’indiquant pour l’instant que la volonté du Pape Léon XIV de ne pas provoquer de ruptures traumatisantes et d’avancer à petits pas.
C’est avec le temps que l’on verra si de véritables changements interviendront.
Annexe
Messa in Latino a eu la bonne idée de rappeler une intervention, tout a fait appréciable, de Mgr Pegoraro, en tant que Chancelier de la PAV, en 2013, figurant dans les archives de L’Avvenire. C’est peut-être la clé de l’approche de Léon XIV sur une question qui lui tient très à cœur:
Avant le genre, la différence homme-femme
Renzo Pegoraro
Jeudi 19 octobre 2023.
Au cours des dernières décennies, la question du genre sexuel, souvent désignée par le terme anglais « gender », a fait l’objet de discussions de plus en plus nombreuses, avec les tensions et les préoccupations qui y sont liées.
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Ce concept est complexe et souvent déroutant, car il implique différentes dimensions : biologique, psychologique, sociale et spirituelle. On distingue donc le sexe, masculin et féminin, sur une base génétique et corporelle, et le genre, masculin et féminin, sur une base socioculturelle.
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La relation entre le sexe biologique et le genre est influencée par différents contextes sociaux et culturels, mais a toujours trouvé une cohérence générale.
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D’autre part, il a souvent été considéré comme « naturel » que les hommes et les femmes aient certaines fonctions et certains rôles sociaux, ce qui a souvent justifié la discrimination à l’égard des femmes.
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On comprend alors la nécessité d’approfondir ces questions, sans tomber dans des approches théoriques qui deviennent « idéologiques », car en réalité il y a eu une convergence de certains mouvements de pensée qui ont favorisé une vision idéologique de la sexualité humaine : le mouvement féministe, inspiré par Simone De Beauvoir avec l’affirmation « on ne naît pas femme, on le devient » ; l’approche médico-psychologique des Américains John Money et Robert Stollerr; le mouvement pour les droits des homosexuels…
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Tout cela aboutit à une vision déstabilisante de la sexualité masculine et féminine, décomposée en ses différentes composantes (corporelles, psychiques et spirituelles), que chacun peut réassembler selon sa propre liberté jusqu’aux formes les plus étranges (« queer »).
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En arrière-plan se dessine la tendance à une approche « instrumentale » du corps, à une exaltation absolue de la liberté de l’individu, à la prétention d’éliminer les différences masculines et féminines, à la mise en place d’un ego « fluide », malléable, mais finalement, malheureusement souvent, atteint d’une grave crise d’identité.
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Une des questions qui nous a le plus préoccupés ces dernières années concerne l’éducation des enfants.
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Un document de la Congrégation pour l’éducation catholique l’exprime ainsi :
En s’engageant sur la voie du dialogue sur la question du genre dans l’éducation, il est nécessaire de garder à l’esprit la différence entre l’idéologie du genre et les diverses recherches sur le genre menées par les sciences humaines. Alors que l’idéologie prétend, comme le constate le pape François, « répondre à certaines aspirations parfois compréhensibles », mais cherche « à s’imposer comme une pensée unique qui détermine aussi l’éducation des enfants » et exclut donc la rencontre, les recherches sur le genre ne manquent pas qui cherchent à explorer de manière adéquate la façon dont la différence sexuelle entre hommes et femmes est vécue dans les différentes cultures.
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En conséquence, dans le domaine de l’éducation, mais aussi en général, l’Église est appelée à approfondir la relation homme-femme, les coordonnées anthropologiques concernant la corporéité et la sexualité, en promouvant des relations toujours plus authentiques et significatives dans le rapport positif entre l’homme et la femme, entre la nature et la culture
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https://www.avvenire.it/rubriche/pagine/prima-del-gender-br-la-differenza-br-uomo-donna-renzo-pegoraro

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