Non, Léon XIV n’est pas François II (n’en déplaise aux procureurs auto-proclamés)

30 Juil 2025 | Actualités

Pardon si ce titre a l’air polémique, mais certains (je ne cite personne, nous en avons déjà parlé), depuis son élection, cherchent à nous prouver que Léon XIV est seulement une version présentable de François: sur le fond, c’est « bonnet blanc et blanc bonnet ». Cela avec une accumulation de « preuves » issues de sites tendancieux, fondamentalement hostiles. Cette fois, c’est le message du Pape pour la journée mondiale du migrant qui est la cible de leurs attaques. AM Valli donne la parole à un « avocat » du pape (mais en fait, un pape peut-il vraiment dire autre chose sur ce sujet?)

Le pape Léon et les migrants: il y a des signes de discontinuité

Le récent message du Saint-Père pour la Journée mondiale du migrant et du réfugié a fait grimacer beaucoup de ceux qui voient une continuité absolue entre Léon XIV et François.

C’est peut-être mon indulgence inconsciente et naïve envers le nouveau pape, mais je vois dans ce message des éléments non négligeables de rupture avec le passé.

Il est vrai que le pape affirme que «les migrants et les réfugiés sont des messagers d’espérance. Leur courage et leur ténacité sont un témoignage héroïque d’une foi qui voit au-delà de ce que nos yeux peuvent voir et qui leur donne la force de défier la mort sur les différentes routes migratoires contemporaines », mais le contexte semble très différent de celui du passé.

Dans le paragraphe précédent, en effet, il fait référence aux nombreux migrants, réfugiés et déplacés qui « sont des témoins privilégiés de l’espérance vécue au quotidien, à travers leur confiance en Dieu et leur endurance face à l’adversité, dans la perspective d’un avenir où ils entrevoient l’approche du bonheur et du développement humain intégral. En eux se renouvelle l’expérience itinérante du peuple d’Israël… ». La référence à Dieu n’est pas à n’importe quelle divinité, mais au Dieu d’Israël.

De même, la référence aux migrants et aux réfugiés qui «rappellent à l’Église sa dimension de pèlerinage, perpétuellement tendue vers l’atteinte de la patrie définitive, soutenue par une espérance qui est une vertu théologale » n’est pas ancrée dans des visions sociologiques, mais dans des citations (pertinentes) de saint Paul et de saint Augustin.

Mais ce n’est pas tout. Dans la dernière partie de son discours, le pape Léon XIV ne se limite pas à parler de manière générique des migrants et des réfugiés, mais aborde expressément la question des « migrants et réfugiés catholiques » qui « peuvent devenir aujourd’hui des missionnaires de l’espérance dans les pays qui les accueillent » et rappelle, avec saint Paul VI, que « tous les chrétiens sont appelés et peuvent être, à cet égard, de véritables évangélisateurs. Pensons surtout à la responsabilité qui incombe aux émigrants dans les pays qui les accueillent ».

Là encore, je vois un changement de ton par rapport à ceux qui tonnaient quotidiennement contre le prosélytisme, avec des déclarations qui, en fait, rendaient souvent très difficile de comprendre la différence entre prosélytisme et évangélisation, et soutenaient qu’au fond, toutes les religions ne sont que des langages utiles pour atteindre Dieu.

Je n’exclus pas, bien sûr, que je veuille simplement lire avec espoir ce que, jusqu’à récemment, j’aurais lu avec un agacement mal dissimulé. Après des années de désorientation, je continue toutefois à entrevoir des signes de rapprochement avec la tradition. Ce n’est pas beaucoup, mais en ces temps, ce n’est pas rien.

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