Les images du pape embrassant des enfants sont un grand classique, j’en ai vu passer des quantités innombrables. Avec Benoît XVI, toujours touchant et délicat. Et même avec François, qui ne manquait pas de témoins zélés pour capturer – c’était devenu si facile avec les portables – des moments émouvants propres à rendre le pape, quel qu’il soit, plus humain, plus proche.
Avec ce dernier, toutefois, il y avait eu des ratés, comme cette photo , prise lors de l’Audience du 6 février 2014 et qui avait fait le tour du web, celle d’un bambin furieux auquel sa maman avait cousu pour la rencontre une adorable petite soutane blanche. Las, malgré les efforts de la dame, manifestement, le courant n’étai pas passé entre le mini-pape et le vrai pape.

Mais depuis le 11 février 2013, et la renonciation de Benoît XVI, je n’ai rien vu qui m’ait donné envie de réagir comme le témoignage qui suit, trouvé sur le blog Silere non possum qui l’a repris de Vatican News.
Eh oui, les images ont un sens.
Léon XIV et ce cœur d’enfant
Père Bruno Silvestrini, OSA
(ordre de saint Augustin)
Le 17 juin dernier, dans le cadre solennel et recueilli de la Salle Ducale du Palais Apostolique, s’est déroulée une rencontre simple mais profondément humaine. Le Pape Léon XIV a reçu la famille de Giovanni Giordano, collaborateur de l’aumônier des Carabiniers à la caserne ‘V.B. Salvo D’Acquisto’ de Tor di Quinto à Rome.
Parmi les personnes présentes, il y avait sa femme et son jeune fils, un bambin vif et infatigable, animé d’une énergie formidable. Dans la longue attente, personne ne pouvait vraiment le retenir : il courait d’un côté à l’autre, sans trop faire attention aux gens présents. Il semblait appartenir à un monde à lui, où l’attente n’était qu’un intervalle à combler par le jeu.

Mais ensuite, lors de la première apparition du Saint-Père, quelque chose d’inattendu et de désarmant s’est produit. Alors que nous, les adultes, restions calmes, excités, peut-être même intimidés par le caractère sacré du moment, le petit s’est illuminé : il a tout laissé derrière lui et, sans hésitation, il s’est élancé vers le Pape, l’embrassant dans une étreinte authentique et spontanée.
Pas de filtre, pas d’hésitation : juste la pureté du cœur de l’enfant qui reconnaît ce qui est vrai, bon et accueillant. Le Pape Léon XIV a souri, rendant avec tendresse ce geste inattendu et profond.
En tant qu’Augustins, nous ne pouvons que nous laisser interpeller par cette scène évangélique.
« Celui qui ne se fait pas petit comme un enfant, n’entrera pas dans le Royaume des Cieux » (cf. Mt 18,3).
Et c’est précisément dans ces épisodes que la Providence semble vouloir nous murmurer quelque chose : parfois, ce sont ceux qui ont l’âme libre qui savent reconnaître mieux que quiconque la beauté et la paternité de Dieu.

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