Une excellente analyse du directeur de la Bussola, Riccardo Cascioli (qui a d’autant plus de valeur qu’il ne s’est jusqu’à présent pas beaucoup exprimé sur le nouveau pape, gardant un silence – relatif – prudent et même lourd de réserves) sur l’audience accordée par Léon XIV au chantre de la révolution arc-en-ciel dans l’Eglise.
En réalité, il s’est agi d’une manœuvre déloyale concoctée par un groupe intouchable, familier des médias et de l’agit-prop, pour forcer la main à Léon XIV et perpétuer la liberté (que le pontificat précédent leur avait assurée) de dire n’importe quoi, en le faisant passer pour du magistère. Comme je le disais hier, nous ne savons rien de ce que le Pape a réellement dit, encore moins moins ce que sont ses intentions.
Il n’empêche que du point de vue de la « communication » (même si je déteste ce mot), l’effet, bien calculé, est déplorable. Mais il ne doit surtout pas être surévalué.
Jusqu’à présent, nous ne parlons pas de faits et de documents qui indiquent clairement la direction que le pape Léon XIV entend prendre, mais d’obscures figures de pouvoir qui ont prospéré avec le pape François et prétendent aujourd’hui lier les mains de son successeur.
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Avec le Père Martin, le lobby gay tente d’enrôler le Pape
Riccardo Cascioli
La NBQ
3 septembre 2025
Une audience permet au jésuite américain promoteur de l’agenda LGBTQ dans l’Église de dire que Léon XIV aura la même approche sur le sujet que François. Une tentative de verrouiller le pape sur ces questions.

Le père James Martin, le jésuite promoteur de l’agenda LGBT dans l’Église, chante victoire : le 1er septembre, il a été reçu en audience par le pape Léon XIV et aurait reçu une pleine approbation de son ministère : « Je suis extrêmement reconnaissant et profondément réconforté par la rencontre avec le Saint-Père – a déclaré le père Martin – Il m’a encouragé à poursuivre mon ministère ». Il a ajouté : « Le pape Léon a la même ouverture que le pape François sur les questions LGBT. Il a clairement indiqué qu’il voulait que tout le monde se sente le bienvenu ».
Le Père Martin était à Rome avec le pèlerinage jubilaire de Outreach, l’organisation catholique LGBTQ qu’il a fondée il y a trois ans en collaboration avec America, le magazine jésuite américain dont le Père Martin est éditorialiste.
Sur le site Outreach, le père Martin a ajouté d’autres détails (l’audience a duré 30 minutes dans une ambiance très joyeuse et détendue) et considérations, mais le message qu’il entend faire passer est le suivant : « Le message que j’ai reçu de lui, haut et fort, est qu’il veut continuer avec la même approche que le pape François, qui est celle de l’ouverture et de l’accueil ».
Mais il poursuit et, malgré les tons triomphalistes initiaux et ceux réservés à la presse internationale, il explique à ses partisans qu’en réalité le Pape a d’autres priorités, telles que « les processus de paix en Ukraine, à Gaza et au Myanmar », et qu’il n’y a donc pas lieu de s’inquiéter s’il ne parlera pas beaucoup des thèmes LGBT, il suffit de savoir que ceux-ci lui sont bien présents. Il s’agit peut-être d’une excuse préventive, étant donné que le pèlerinage à Rome des groupes LGBT le 6 septembre n’inclut pas d’audience avec le Pape; le fait est que cette clarification introduit déjà une différence avec son prédécesseur
Quoi qu’il en soit, nous ne savons pas exactement ce que Léon XIV et le père Martin se sont dit, ni si ce dernier a correctement résumé l’essence des paroles du pape. Mais il est important de noter comment les « veuves Bergoglio » tentent de verrouiller ce pontificat, perpétuant en outre la mauvaise pratique consistant à déclarer au monde (pour leur propre usage et bénéfice) ce que le Pape aurait dit dans une conversation privée.
Depuis l’élection de Léon XIV – et même avant – il y a eu un souci évident dans certains milieux de maintenir les positions acquises avec le pontificat de François. C’est ainsi que des déclarations et des interviews ont été immédiatement faites au cri de « Pas de retour en arrière ». Au centre de l’attention se trouve la synodalité qui, dans le sens qu’elle a eu pendant le pontificat de François, a été l’instrument pour subvertir la doctrine et faire passer n’importe quoi dans l’Église.
Même avec le pape François mourant, le secrétaire général du Synode, le cardinal Mario Grech s’est hâté d’engager l’Église pour les trois prochaines années dans la phase de mise en œuvre du Synode sur la synodalité, qui culminera avec une Assemblée ecclésiale en octobre 2028. Et dans les jours qui ont suivi l’élection du nouveau pape, Grech lui-même s’est empressé d’affirmer que « Léon XIV est un pape synodal ». À l’aube du pontificat, le cardinal Jean-Claude Hollerich, que François avait voulu comme rapporteur général du Synode, était encore plus affirmatif : dans un entretien avec Avvenire , il dit clairement qu’on ne peut pas toucher à la synodalité, et concède tout au plus à Léon XIV la possibilité de » quelques ajustements « .
Le père Martin se met simplement sur la même longueur d’onde en invoquant lui aussi la synodalité et les références déjà faites par Léon XIV à ce sujet, et en essayant de verrouiller le pontificat sur la question LGBTQ. Même le pèlerinage jubilaire des groupes LGBTQ prévu le week-end prochain est médiatisé précisément pour forcer la main et rallier le pape à leur cause.
Jusqu’à présent, nous ne parlons donc pas de faits et de documents qui indiquent clairement la direction que le pape Léon XIV entend prendre, mais d’obscures figures de pouvoir qui ont prospéré avec le pape François et prétendent aujourd’hui lier les mains de son successeur.
Jusqu’à présent, Léon XIV s’est toujours montré ouvert d’un côté et prudent de l’autre, évitant les pièges de la communication que François avait épousés. C’est justement pour cette raison que l’on peut légitimement s’attendre à ce qu’un frein soit mis à cette mauvaise pratique des audiences privées transformées en spectacle par les invités du Pape pour leur propre bénéfice. Sous le précédent pontificat, il y a eu pléthore de jugements et de déclarations embarrassantes (depuis les interviews d’Eugenio Scalfari) que le service de presse (rusé) se disait incapable de confirmer ou d’infirmer parce qu’il s’agissait d’audiences privées.
Quiconque était reçu par le pape se sentait en droit de raconter le soutien qu’il avait reçu pour ses propres idées et initiatives. Il générait ainsi des messages qui influençaient l’opinion publique plus que n’importe quelle encyclique.
Dans la réforme de la communication vaticane que beaucoup appellent de leurs vœux il faut mettre un terme à tout cela : si le Pape entend prendre une initiative ou communiquer un jugement, c’est lui qui doit le dire publiquement et non confier la parole à des ventriloques improvisés qui se présentent au public avec des « le Pape m’a dit que… ». Et ceux qui pensent faire avancer leur agenda en instrumentalisant le Pape doivent être sanctionnés.
Un dernier mot sur la question de l’accueil, ou plutôt sur l’ambiguïté de ce terme sur lequel joue le Père Martin & Co. Nous l’avons écrit maintes fois mais il faut le répéter : l’accueil des personnes à tendance homosexuelle est sacré, mais ce n’est pas de cela que parle le Père Martin. Il ne pense pas à la personne, ni au projet de Dieu pour elle comme l’enseigne le Catéchisme de l’Eglise Catholique, mais veut simplement la promotion de l’homosexualité dans l’Eglise, la réalisation de l’idéologie LGBTQ, la subversion de la doctrine.
Nous sommes convaincus que le Pape Léon XIV a cela à l’esprit.

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