Lettre ouverte d’un catholique traditionaliste au Pape Léon

10 Sep 2025 | Actualités

Plaidoyer passionné et très personnel pour la messe en latin. Très beau texte (je précise que je ne me sens pas personnellement concernée) signé de Michael Matt, le directeur du journal catholique traditionaliste américain The Remnant, lui-même arrière petit-fils du fondateur de la revue The Wanderer, dont The Remnant est issu et qui s’en est séparé.

La première fois que j’ai eu l’honneur de vous rencontrer, c’était lors d’une conférence de presse au Vatican en 2023, pendant le Synode sur la synodalité.

J’ai été frappé par votre sensus Catholicus évident. Je me souviens de la clarté de votre enseignement lorsque vous avez déclaré à la presse laïque qu’il n’était pas possible pour l’Église d’abandonner deux mille ans de Tradition en ordonnant des femmes.

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Les paroles que vous avez prononcées à cette occasion m’ont donné de l’espoir. Et maintenant que vous êtes le 267ème Successeur de Saint Pierre, je prie pour que cette même foi et ce même courage vous guident.

Lettre ouverte de Michael Matt à Léon XIV

remnantnewspaper.com

Michael Matt's Open Letter to Leo XIV

TRÈS SAINT-PÈRE,

Je m’appelle Michael Matt. Je me tiens devant vous ce soir, Catholique Traditionnel de toujours et père de sept enfants, qui vous est reconnaissant, ainsi qu’à Dieu, pour les nombreux signes d’espoir qui se manifestent au cours des premières semaines de votre pontificat.

En tant que journaliste accrédité, j’ai couvert le conclave et je me trouvais juste en face de vous sur la colonnade lorsque, depuis la loggia, vous nous avez d’abord bénis en latin, avez prié le traditionnel Confiteor et avez ensuite conduit le monde entier à chanter l’honneur de la Reine des cieux, la Regina Caeli.

Et bien que je sois rempli de l’espoir catholique que Votre Sainteté nous conduira vers des pâturages plus verts, je viens aussi à vous le cœur lourd.

Comme vous le savez, au cours des douze dernières années, les catholiques fidèles ont enduré des scandales dans l’Église tels que le monde n’en a jamais connus. Dans le sillage de Fiducia Supplicans, des conférences entières d’évêques catholiques ont été obligées, en conscience, de résister à Pierre en face, ce qu’aucun catholique fidèle ne s’attendait à voir.

Au cours de la dernière décennie, la confusion, le manque de clarté et même les défections massives sont devenus la marque distinctive des jours de cette dernière décennie.

Je prie pour que vous, Saint-Père, entendiez ma voix comme celle d’une brebis qui crie dans la nuit. Je suis un catholique traditionnel, mais je ne laisserai jamais le scandale ou toute autre maladie me pousser à quitter mon Église souffrante.

Encore une fois, je suis un traditionaliste qui n’a jamais quitté l’Église. Après que le pape Jean-Paul II a accordé le premier indult en 1984, mon père a obtenu l’autorisation de notre ordinaire local pour célébrer la première messe en latin aux États-Unis. Par conséquent, mes enfants ont reçu les sacrements dans le rite traditionnel, assistent à une messe en latin diocésaine tous les dimanches et sont tous des catholiques pratiquants.

Je ne viens donc pas par défi, mais par supplication, vivant dans une Église que je ne reconnais presque plus. Je ne suis pas un saint, mais je sais ce que notre Église enseigne infailliblement depuis deux mille ans. Je suis issu d’une longue lignée d’éditeurs catholiques qui ont passé leur vie à défendre la tradition et les enseignements infaillibles de l’Église catholique.

Il y a cent soixante ans, mon arrière-grand-père a fondé le plus ancien hebdomadaire catholique existant aujourd’hui en Amérique.

Pour sa part, mon grand-père, Joseph Matt, était un immigrant allemand qui est arrivé en Amérique alors qu’il n’avait que 17 ans. Trois décennies plus tard, il a été fait chevalier de Saint-Grégoire par le pape Pie XI lors d’une cérémonie qui s’est tenue ici, au Vatican. Après cinquante ans de loyaux services à l’Église, il a été nommé rédacteur en chef émérite de la presse catholique américaine.

Lorsque Votre Sainteté a béni le monde depuis la loggia, je me suis souvenu que mon père, jeune soldat américain, avait reçu la même bénédiction traditionnelle depuis cette même loggia lorsque Papa Pacelli avait béni les troupes en 1944. Après la guerre, mon père est rentré chez lui pour fonder le plus ancien journal catholique traditionnel des États-Unis.

Depuis 160 ans, mes pères sont montés au créneau pour défendre le grand enseignement social de vos prédécesseurs. Ils ont fait de la défense de la tradition catholique notre devoir sacré devant Dieu. Je me tiens devant vous ce soir, Saint-Père, en priant pour que vous fassiez de même.

La première fois que j’ai eu l’honneur de vous rencontrer, c’était lors d’une conférence de presse au Vatican en 2023, pendant le Synode sur la synodalité. J’ai été frappé par votre sensus Catholicus évident. Je me souviens de la clarté de votre enseignement lorsque vous avez déclaré à la presse laïque qu’il n’était pas possible pour l’Église d’abandonner deux mille ans de Tradition en ordonnant des femmes.

Les paroles que vous avez prononcées à cette occasion m’ont donné de l’espoir. Et maintenant que vous êtes le 267ème Successeur de Saint Pierre, je prie pour que cette même foi et ce même courage vous guident. Je suis convaincu que vous comprenez la nature et l’ampleur du scandale que nous ressentons tous dans nos cœurs. Je suis convaincu que vous savez ce que c’est pour un père de devoir expliquer à son fils que tant de corruption dans l’Église ne signifie pas qu’elle n’est pas l’Église fondée par Jésus-Christ.

Pendant quarante ans, dans le désert du modernisme et d’un nouvel ordre mondial sans Dieu, vos prédécesseurs ont fourni la manne sous la forme de la messe en latin à des familles comme la mienne. J’espère que vous comprenez que la messe en latin est tout ce que nos enfants ont jamais connu. Et puisqu’elle a permis à tant de familles de rester unies dans la foi catholique, le pape Léon XIV – le pape missionnaire – ne nous l’enlèverait certainement pas.

Le monde n’a pas besoin d’un pape de l’Église synodale.

Le monde a besoin d’un pape de l’Église catholique.

Je ne sais pas combien de scandales nos enfants peuvent encore endurer. [Après avoir entendu] les choses dont saint Paul nous dit que nous ne devrions même pas parler (l’abus sexuel des enfants, l’abus homosexuel des séminaristes, le blasphème contre Dieu, et maintenant Traditionis Custodes), [on leur dit] que le rite romain traditionnel – la seule messe que les catholiques romains ont connue pendant mille ans -, la plus belle chose de ce côté-ci du ciel est, selon un pape, source de division et doit être effacée.

Que signifie la synodalité ? Jusqu’à présent, on nous a dit que cela signifiait que l’Église se plierait aux exigences du monde qui veut qu’elle s’incline devant la sodomie et qu’elle plie le genou devant l’hétérodoxie. Je suis certain que ce n’est pas ce que votre Sainteté entend par synodalité. Mais comprenez que c’est ainsi que la synodalité a été présentée à nos enfants scandalisés lors des messes arc-en-ciel et des sessions de rencontre diocésaines où tous sont les bienvenus, mais où personne n’est encouragé à « se repentir et à ne plus pécher ». Votre prédécesseur a dit au monde entier qu’il voulait bénir les pécheurs vivant dans des unions sodomites et qu’il voulait que les adultères publics impénitents reçoivent les sacrements.

Si la Synodalité continue sur cette voie, Sainteté, comment l’histoire ne la décrirait-elle pas comme l’infirmière de l’hospice qui a été appelée à prodiguer des soins palliatifs à une Église catholique mourante ?

Saint-Père, vous vous êtes engagé à écouter les brebis. Alors, s’il vous plaît, Sainteté, écoutez ceci de la part d’un journaliste catholique de toujours: Le monde n’a pas besoin d’un pape de l’Église synodale. Le monde a besoin d’un pape de l’Église catholique. Et en tant que catholique traditionnel, je peux vous assurer que notre mère l’Église ne nous a jamais abandonnés. Elle nous accompagne depuis toujours. Nous n’avons jamais eu à marcher seuls sur les chemins, elle n’a pas marché la première, devant nous, nous guidant, nous encourageant à venir et à suivre Celui qui est l’espérance du monde.

Lorsque nous sommes venus au monde, elle était là, prête à nous recevoir dans les eaux vives de ses fonts baptismaux. À partir de ce moment, elle nous a accompagnés à chaque instant, chaque jour de notre vie.

Lorsque nous étions enfants, ses religieuses nous ont appris à écouter la voix de notre mère l’Église. Ses sacrements ont été nos rites de passage sur le chemin de la vie. Les célébrations de ses grandes fêtes sont nos souvenirs d’enfance les plus chers. Ses prêtres nous écoutaient chaque matin dans l’obscurité du confessionnal.

L’Église était avec nous lorsque nos enfants sont venus au monde, et elle a monté une garde fidèle au chevet de nos mères et de nos pères. Elle était là, en soutane noire, étole pourpre, saint viatique à la main, « Ego te absolvo » sur les lèvres de ses saints prêtres – nous accompagnant au-delà de la porte et vers la vie éternelle.

Nous avons vécu notre vie comme nos pères l’avaient fait pendant mille ans – à l’ombre de ses clochers, dans la joie et la tristesse, la maladie et la santé, la naissance et la mort, elle était toujours là. Chaque jour de notre vie, ses cloches de l’Angélus nous réveillaient le matin, nous appelaient pour le repas de midi, nous rappelaient l’heure de la prière et nous préparaient au sommeil. Elle était notre compagne de tous les instants, avec ses catéchismes et ses vertus, ses leçons et ses préceptes, ses saints et ses anges, ses saisons et ses sacrements, ses jeûnes et ses fêtes, ses rires et ses larmes.

Elle est notre raison d’être.

Saint-Père, ramenez-nous à elle. Dieu vous a choisi pour conduire son Église vers des pâturages plus verts. Alors, continuez, Léon. Et lorsque vous regarderez par la fenêtre, rappelez-vous ceci : il y a des traditionalistes dans le monde entier qui ne sont pas vos ennemis, mais vos fils les plus loyaux, qui observent et prient pour que la foi de Pierre ne lui fasse pas défaut. Si c’était le cas, ils n’auraient d’autre choix que de lui résister en face. Si ce n’est pas le cas, Pierre n’aura pas de plus grands défenseurs dans le monde d’aujourd’hui que les traditionalistes.

Nous sommes avec vous, et nous vous supplions, Saint-Père, de revenir à la Tradition, de libérer notre Mère l’Église de ses chaînes, et de nous sauver, de sauver nos enfants, de sauver nos âmes. Si vous portez la lumière du Christ dans les ténèbres d’un monde en guerre contre Dieu, nous vous suivrons jusqu’au bout du monde et, s’il plaît à Dieu, jusqu’aux portes du royaume des cieux ;

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