Provocation LGBT à Saint-Pierre: une interview de Mgr Schneider

11 Sep 2025 | Actualités

Diane Montagna, la courageuse journaliste américaine qui a été la première à tirer la sonnette d’alarme (même AVANT l’évènement, en s’adressant au bureau de presse) a interviewé Mgr Athanasius Schneider. L’interview est longue, mais elle mérite d’être lue en entier.
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On va dire que Mgr Schneider (qui bénéficie malheureusement d’une faible visibilité médiatique, inexistante dans les médias mainstream, et qui est volontiers moqué par les cathos « adultes ») sauve l’honneur de l’épiscopat, y compris au plus haut niveau – JUSQU’AU PAPE. N’y aura-t-il aucun autre évêque, aucun cardinal (tous arborent pourtant le rouge du martyre) de quelque notoriété, qui osera dénoncer, comme lui, le gravissime scandale?

« Je souhaite de tout cœur à Léon XIV la grâce de Dieu, afin qu’il ait le courage de réparer cet acte abominable qui a souillé la sainteté de l’année jubilaire. »

Mgr Schneider

« Criminels spirituels et meurtriers d’âmes » :

Mgr Athanasius Schneider réagit au pèlerinage jubilaire « LGBTQ+ » validé par le Vatican

dianemontagna.substack.com/p/spiritual-criminals-and-murderers

CITÉ DU VATICAN, 10 septembre 2025 — Mgr Athanasius Schneider s’est fermement prononcé contre le récent pèlerinage jubilaire international « LGBTQ+ » approuvé par le Vatican, le dénonçant comme une « profanation » de la Porte Sainte et une « moquerie » envers Dieu.

Le pèlerinage, inscrit au calendrier général du Jubilé 2025 du Vatican, a été organisé par l’association italienne pro-LGBTQ+ Tenda di Gionata [La tente de Jonathan] ; le Réseau mondial des catholiques arc-en-ciel, qui avait fait pression lors du Synode des jeunes du Vatican en 2018 ; et l’organisation américaine Outreach, dirigée par le père Martin SJ.

Samedi après-midi, des photos virales ont montré deux participants masculins se tenant ouvertement la main dans la basilique Saint-Pierre, l’un d’eux portant un sac à dos sur lequel était inscrit « F*** the Rules » (Au ch*** les règles). Une autre image montrait un jeune homme vêtu d’une chemise arc-en-ciel prenant un selfie de sa main « griffue » avec le Baldaquin du Bernin en arrière-plan.

Le pèlerinage de deux jours comprenait également une veillée le vendredi soir au cours de laquelle un couple de lesbiennes a raconté son « histoire d’amour », et une messe le samedi matin célébrée par le vice-président de la Conférence épiscopale italienne, qui a encouragé les participants à faire preuve de patience jusqu’à ce que l’Église reconnaisse le mode de vie LGBTQ+.

Plus d’un millier de personnes étaient présentes.

Dans cette interview exclusive avec l’évêque auxiliaire d’Astana, au Kazakhstan, nous discutons de sa réaction à ces événements, de l’audience très médiatisée du pape Léon XIV avec le père James Martin, et des risques graves pour l’Église catholique et le monde si elle venait à perdre son autorité morale dans de telles questions.

Mgr Schneider implore en outre le pape Léon XIV de suivre l’exemple du pape Jean-Paul II en dénonçant publiquement l’incident LGBTQ+ dans la basilique Saint-Pierre, en reconnaissant la faute du Vatican qui l’a permis, et en accomplissant des actes de réparation dans l’humilité et la vérité.

Il dénonce également les prêtres qui approuvent le mode de vie LGBTQ+ comme étant des « criminels spirituels » et des « meurtriers d’âmes », les avertissant que Dieu leur demandera des comptes, tout en exhortant les fidèles à œuvrer avec zèle pour sauver ceux qui sont trompés par le péché.

Voici mon entretien avec Mgr Athanasius Schneider.

Diane Montagna

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Diane Montagna : Une photo virale de deux hommes homosexuels se tenant impudemment la main dans la basilique Saint-Pierre, l’un avec un sac à dos portant l’inscription « F*** the Rules » , et une autre image d’un jeune homme vêtu d’une chemise « arc-en-ciel » prenant un selfie de sa main griffue avec le Baldaquin du Bernin en arrière-plan, ont fait le tour du monde depuis le 6 septembre. Le groupe de pèlerins est également entré dans la basilique en brandissant une croix « arc-en-ciel » ; on ignore comment un tel objet a pu passer les contrôles de sécurité. Le pèlerinage a été approuvé par le Vatican, dans le cadre de l’année jubilaire proclamée par le pape François. Votre Excellence, quelle a été votre première réaction lorsque vous avez vu ces photos ?

Athanasius Schneider : Ma réaction a été un cri silencieux d’horreur, d’indignation et de tristesse. Tous les vrais croyants de l’Église, fidèles et clergé, qui continuent à respecter la validité des commandements de Dieu et à Le prendre au sérieux, devraient considérer cette provocation comme une gifle ehontée. Je pense que de nombreux catholiques fidèles et membres du clergé restent, en quelque sorte, stupéfaits par un coup aussi violent et ont besoin de temps pour s’en remettre. Un acte sans précédent a eu lieu dans la basilique Saint-Pierre de Rome, un acte qui peut être décrit, selon les mots de Notre Seigneur, comme « l’abomination de la désolation qui se tient dans le lieu saint » (cf. Mt 24, 15).

Quelle est la signification de la Porte Sainte, et comment sa signification affecte-t-elle la réalité de ce qui s’est passé le 6 septembre ?

L’une des significations essentielles de l’Année Jubilaire et de la Porte Sainte consiste à « conduire l’homme à la conversion et à la pénitence », comme l’a expliqué le pape Jean-Paul II dans la Bulle d’indiction de l’Année Sainte 2000. Un autre signe distinctif est l’indulgence, qui est l’un des éléments constitutifs du Jubilé. Ainsi, l’Année jubilaire est un moyen puissant de la grâce de Dieu pour aider les fidèles à progresser réellement dans la sainteté grâce à une réception fructueuse du sacrement de pénitence et à l’obtention de l’indulgence, qui implique un détachement conscient de tous les péchés graves et des désordres moraux. Car « l’adhésion libre et consciente à un péché grave […] sépare le croyant de la vie de grâce avec Dieu et l’exclut donc de la sainteté à laquelle il est appelé » (Jean-Paul II, Incarnationis Mysterium, 9).

L’objectif déclaré des organisations LGBTQ+ qui ont rassemblé des adhérents et des militants pour ce pèlerinage jubilaire était que l’Église reconnaisse et légitime les soi-disant droits des homosexuels, y compris les actes homosexuels et autres formes de comportement sexuel extraconjugal.

Il n’y avait aucun signe de repentir et de renonciation aux péchés homosexuels objectivement graves et au mode de vie homosexuel de la part des organisateurs et des participants à ce pèlerinage. Franchir la Porte Sainte et participer au Jubilé sans repentir, tout en promouvant une idéologie qui rejette ouvertement le sixième commandement de Dieu, constitue une sorte de profanation de la Porte Sainte et une moquerie envers Dieu et le don de l’indulgence.

Les groupes impliqués dans l’événement de samedi (Tenda di Gionata, le Global Network of Rainbow Catholics et Outreach dirigé par le père James Martin, SJ) rejettent l’idée de conversion d’un mode de vie LGBTQ+ et estiment au contraire qu’il est temps que l’Église catholique le reconnaisse. Que révèle le fait que cet événement ait été autorisé sur l’état actuel du Vatican ?

En cela, les autorités responsables du Saint-Siège ont collaboré de facto à saper et à remettre en question la validité du sixième commandement de Dieu, en particulier sa condamnation explicite de l’activité homosexuelle. Elles sont restées les bras croisés et ont permis que Dieu soit bafoué et que ses commandements soient méprisés.

Cet événement était-il pire que le scandale de la Pachamama selon vous ?

D’un point de vue théologique et objectif, la vénération de la Pachamama dans la basilique Saint-Pierre était pire que le pèlerinage LGBTQ+, car elle constituait une transgression directe du premier commandement du Décalogue et était donc plus impie qu’un événement odieux qui contredit ou ridiculise le sixième commandement. La promotion de la sodomie et d’autres immoralités sexuelles équivaut à une forme d’idolâtrie indirecte, alors que l’idole Pachamama a fait l’objet d’actes explicites de vénération religieuse : encens, lumières, bougies et prosternations. Ces deux événements doivent être réparés publiquement par le pape lui-même. Cela est urgent, avant qu’il ne soit trop tard, car Dieu ne se laissera pas moquer (cf. Gal. 6, 7).

Avant le pèlerinage à travers la Porte Sainte, une messe a été célébrée par Mgr Francesco Savino, vice-président de la Conférence épiscopale italienne, à l’église jésuite du Gesù [Saint-Nom de Jésus, ndt] à Rome. Tout le monde était invité à recevoir la Sainte Communion. L’adhésion à tous les enseignements de l’Église (doctrine et morale) n’est-elle pas une condition préalable pour recevoir Notre Seigneur dans la Sainte Eucharistie ?

Oui, c’est certainement une condition préalable, comme le prescrit Dieu dans les Saintes Écritures à travers l’enseignement de saint Paul : « Quiconque mange et boit sans discerner le corps mange et boit sa propre condamnation. C’est pourquoi beaucoup d’entre vous sont faibles et malades, et certains sont morts » (1 Co 11, 29-30). L’Église a conservé ce précepte inchangé et universel pendant deux mille ans et le maintient encore dans son enseignement officiel. Le Catéchisme stipule clairement que : « Quiconque a conscience d’avoir commis un péché mortel ne doit pas recevoir la communion sans avoir reçu l’absolution dans le sacrement de pénitence » (§ 1415). En outre, il note que les Saintes Écritures « présentent les actes homosexuels comme des actes de dépravation grave, [et] la tradition a toujours déclaré que les actes homosexuels sont intrinsèquement désordonnés. Ils sont contraires à la loi naturelle. Ils ferment l’acte sexuel au don de la vie. Ils ne procèdent pas d’une véritable complémentarité affective et sexuelle. Ils ne peuvent en aucun cas être approuvés » (§ 2357).

En autorisant de telles messes publiques pour les organisations LGBTQ+ à Rome et en leur accordant le passage par la Porte Sainte de la basilique Saint-Pierre, les autorités du Saint-Siège ont montré au monde entier une contradiction frappante entre l’enseignement officiel de l’Église et sa pratique. Ce faisant, ces hautes autorités ont effectivement rejeté la doctrine même qu’elles sont tenues de défendre. À la lumière de ces faits manifestes, évidents pour tous, il faut se demander : le monde peut-il encore prendre au sérieux l’enseignement officiel de l’Église ?

L’organisation «Courage International » est un apostolat au service des hommes et des femmes qui éprouvent une attirance pour le même sexe, les aidant à mener une vie de sainteté en accord avec la plénitude de la foi catholique. Si le pèlerinage de samedi avait été parrainé par Courage, il n’y aurait pas eu de scandale. Quel message adressez-vous aux personnes qui ont participé à l’événement de samedi, qui sont induites en erreur par le père James Martin et le mouvement LGBTQ+ ?

Mon message à leur intention est avant tout un message de compassion. Car lorsqu’une personne rejette consciemment le commandement explicite de Dieu interdisant toute activité sexuelle en dehors d’un mariage valide, elle se place dans le plus grand danger qui soit : celui de perdre la vie éternelle et d’être condamnée éternellement à l’enfer. Nous devons faire preuve de compassion envers ceux qui prônent la légitimation de l’activité homosexuelle et qui persistent dans cette voie sans se repentir, voire avec fierté. Le véritable amour pour ces personnes consiste à les appeler, avec douceur mais persévérance, à une conversion authentique à la volonté révélée de Dieu. Ces personnes sont induites en erreur et trompées par l’esprit malin, par Satan, le père du mensonge, et sont finalement malheureuses, même si elles ont étouffé la voix de leur conscience.

Nous devons être animés d’un grand zèle pour sauver ces âmes, pour les libérer de ces tromperies venimeuses. Les prêtres qui les confirment dans leur activité homosexuelle ou dans un mode de vie homosexuel sont des criminels spirituels, des meurtriers d’âmes, et Dieu leur demandera des comptes, selon Sa parole : « Fils de l’homme, je t’ai établi comme sentinelle pour la maison d’Israël. Quand tu entendras une parole de ma bouche, tu les avertiras de ma part. Si je dis au méchant : Méchant, tu mourras certainement, et que tu ne parles pas pour avertir le méchant de se détourner de sa voie, ce méchant mourra dans son iniquité, mais je te demanderai compte de son sang » (Ez. 33, 7-8).

Cet événement avait été planifié avant l’élection du pape Léon XIV. Certains ont fait valoir que la situation aurait pu être pire si le pape François avait encore été en vie. Ils soulignent que le pape Léon n’a pas reçu de délégation du groupe LGBT+ lors de son audience générale du Jubilé sur la place Saint-Pierre samedi matin, et qu’il n’a pas non plus envoyé de message au groupe.

Ces arguments ne sont pas convaincants. Le fait que le pape ait reçu une délégation pro-LGBTQ+ aurait été vraiment sans précédent et aurait constitué un scandale inouï. Le fait que le pape Léon XIV n’ait pas provoqué un tel scandale ne justifie en rien son consentement de facto à cet événement. En effet, on ne peut raisonnablement présumer de sa naïveté, car il était tout à fait prévisible qu’une organisation pro-LGBTQ+, ou du moins certains de ses membres, exploiterait la Porte Sainte et la basilique Saint-Pierre comme une tribune pour promouvoir une idéologie qui méprise et rejette ouvertement la volonté explicite de Dieu telle qu’elle est exprimée dans Son saint Commandement.

Le père James Martin a diffusé des photos d’une audience qu’il a eue avec le pape Léon plusieurs jours avant l’événement. Les papes précédant le pape François ont-ils rencontré de telles personnalités de cette manière ? Que pensez-vous de cette audience et d’autres audiences récentes, comme celle avec la controversée sœur dominicaine Lucia Caram, qui soutiendrait le « mariage gay » ?

Avant le pontificat du pape François, les successeurs de Pierre ne recevaient pas officiellement et ne posaient pas pour des photos avec ceux qui, par leurs paroles ou leurs actes, rejetaient ouvertement l’enseignement doctrinal et moral de l’Église.

Par ces rencontres officielles et ces photos, le pape Léon a de facto envoyé au monde le message qu’il ne se distancie pas de leurs enseignements et comportements hétérodoxes et scandaleux, d’autant plus que le Saint-Siège n’a fourni aucune clarification par la suite et n’a pas corrigé les messages triomphants du père James Martin diffusés sur les réseaux sociaux. Il existe un dicton populaire qui dit : « Qui tacet consentire videtur » – « Celui qui se tait est considéré comme d’accord ».

Traditionnellement, l’Église a non seulement prêché la vérité, mais aussi combattu activement l’erreur. Alors que l’islam continue de se développer en Occident et que l’Europe se déchristianise de plus en plus, qu’est-ce qui est en jeu si l’Église catholique cède son autorité morale à ces lobbies et mouvements ?

Saint Pierre et ses successeurs, les pontifes romains, ainsi que le Saint-Siège, et donc l’Église catholique en tant que telle, ont reçu du Christ lui-même la plus haute autorité morale dans ce monde. Cette autorité consiste à enseigner au monde entier – aux peuples de toutes les nations et de toutes les religions – les commandements de Dieu, c’est-à-dire à observer tout ce que le Christ a commandé (cf. Mt 28, 20).

Dans la mesure où le magistère de l’Église – au Saint-Siège et dans l’épiscopat catholique – s’affaiblit, devient flou, ambigu, voire contradictoire, l’influence de l’anti-vérité, dans toutes ses dérivations idéologiques et ses formes religieuses, augmentera inévitablement.

La force de l’islam peut être de plus en plus attrayante pour certains, mais l’islam ne donne pas et ne pourra jamais donner à l’âme humaine la puissance spirituelle nécessaire pour être transformée intérieurement en une personne nouvelle par la grâce du Christ.

Je vis dans une région à majorité musulmane qui compte également une forte présence orthodoxe ; lorsque les gens voient ces événements, les chefs religieux et les gens ordinaires se demandent ce qui se passe avec le pape et le Saint-Siège.

En permettant des événements aussi scandaleux, les autorités du Saint-Siège réduisent au silence la vérité du Christ, la voix du Christ. Il est donc impératif à notre époque que les paroles du pape et des autorités du Saint-Siège concernant l’enseignement de l’Église correspondent fidèlement à leurs actes. Car il n’y a pas d’autorité morale plus élevée dans ce monde que celle de Jésus-Christ, qui a confié son autorité au Magistère du pape et à l’épiscopat. Quelle responsabilité énorme ! Et quelle immense responsabilité future devant le tribunal du Christ !

Bien que j’aie écrit au porte-parole du Vatican, Matteo Bruni, pour lui demander si le Vatican allait reconnaître que cela n’aurait pas dû être autorisé et présenter ses excuses pour le scandale causé, je n’ai reçu aucune réponse. Que pensez-vous que révèle ce silence ?

Le Saint-Siège se trouve dans une sorte d’impasse et est confronté à deux réactions.

D’un côté, les organisations qui prônent la légitimation du mode de vie LGBTQ+ se sont réjouies. L’inclusion d’activistes LGBTQ+ parmi les groupes de pèlerins de l’Année Sainte et leur entrée solennelle dans la basilique Saint-Pierre, centre spirituel du catholicisme, ont envoyé au monde entier le message que le Saint-Siège reconnaît l’objectif premier de ces organisations : l’approbation de l’activité homosexuelle et d’autres comportements sexuels en dehors du mariage. Le monde applaudit le pape Léon XIV et le Saint-Siège pour cela.

De l’autre côté, il y a tous ceux – catholiques, bien sûr, mais aussi non-catholiques et adeptes d’autres religions – qui continuent à défendre la validité des commandements de Dieu et à Le prendre au sérieux, et qui se trouvent dans un état de choc. Tous les fils et filles fidèles de la Sainte Église se sentent profondément humiliés. C’est, pour ainsi dire, une honte sur le visage des enfants de l’Église. Nous avons honte devant Dieu.

On perçoit un silence embarrassé de la part du Saint-Siège, semblable au silence coupable de celui qui a fait du mal.

Cet événement s’est produit le premier samedi du mois, jour où Notre-Dame de Fatima a spécialement demandé réparation pour les offenses commises contre son Cœur immaculé. Comment les fidèles peuvent-ils contribuer à remédier à ce qui s’est passé ?

La situation qui en a résulté n’est rien de moins qu’une humiliation publique de notre Sainte Mère l’Église devant la jubilation éhontée des ennemis des commandements de Dieu. Nous devrions tous faire un acte collectif de réparation pour l’outrage commis contre la sainteté de la maison de Dieu et la sainteté de ses commandements. Nous, les enfants de l’Église – surtout le pape, et en particulier les ecclésiastiques qui ont permis, soutenu et même justifié une telle abomination – devrions faire nôtres les paroles du prophète Daniel : « À toi, Seigneur, appartient la justice, mais à nous, la honte… à cause de la trahison qu’ils ont commise contre toi. C’est à nous, Seigneur, qu’appartient la honte, à nos rois, à nos princes et à nos pères, car nous avons péché contre toi. » (Dan. 9, 7-8)

Lors du Grand Jubilé de l’an 2000, Rome a accueilli la toute première World Pride (du 1er au 9 juillet 2000). Le pape Jean-Paul II a publiquement dénoncé cet événement en déclarant :

« Au nom de l’Église de Rome, je ne peux qu’exprimer ma profonde tristesse face à l’affront fait au Grand Jubilé de l’an 2000 et à l’offense faite aux valeurs chrétiennes d’une ville si chère au cœur des catholiques du monde entier. L’Église ne peut taire la vérité, car elle manquerait alors à sa fidélité envers Dieu le Créateur et ne contribuerait pas à distinguer le bien du mal » (CEC, n° 2358). À cet égard, je me contenterai de lire ce qui est dit dans le Catéchisme de l’Église catholique qui, après avoir noté que les actes homosexuels sont contraires à la loi naturelle, déclare ensuite : « Le nombre d’hommes et de femmes qui ont des tendances homosexuelles profondément enracinées n’est pas négligeable. Cette inclination, qui est objectivement désordonnée, constitue pour la plupart d’entre eux une épreuve. Ils doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse. Tout signe de discrimination injuste à leur égard doit être évité. Ces personnes sont appelées à réaliser la volonté de Dieu dans leur vie et, si elles sont chrétiennes, à unir au sacrifice de la Croix du Seigneur les difficultés qu’elles peuvent rencontrer du fait de leur condition » (CEC, n° 2358) (Angelus, 9 juillet 2000).

Votre Excellence, quel message souhaiteriez-vous adresser au pape Léon XIV ?

Je voudrais implorer le pape Léon XIV de répéter, en substance, ces paroles du pape Jean-Paul II, manifestant ainsi devant le monde entier une véritable humilité en reconnaissant la faute du Saint-Siège concernant l’événement scandaleux LGBTQ+ dans la basilique Saint-Pierre. L’humilité est le courage de la vérité. Si le pape Léon XIV rendait publics ses regrets et même ses réparations, il ne perdrait rien ; s’il ne le faisait pas, il perdrait quelque chose aux yeux de Dieu – et seul Dieu compte. Je souhaite de tout cœur au pape Léon XIV la grâce de Dieu, afin qu’il ait le courage de réparer cet acte abominable qui a souillé la sainteté de l’année jubilaire, en employant en toute vérité les paroles de saint Paul : « Je ne vous ai pas caché tout le conseil de Dieu » (Actes 20, 26-27).

Votre Excellence, souhaitez-vous ajouter quelque chose ?

Le pape Léon XIV n’est pas le vicaire du pape François, mais le vicaire de Jésus-Christ, qui lui demandera de rendre compte de sa défense de la vérité. L’harmonie n’était pas le but de Jésus-Christ, sinon il n’aurait pas été crucifié. Et saint Augustin aurait mené une vie très harmonieuse s’il n’avait pas combattu les erreurs de son temps, y compris au sein de l’Église.

Que notre Saint-Père le pape Léon XIV prenne à cœur les paroles suivantes de Notre-Seigneur, qu’Il a prononcées un jour par l’intermédiaire de sainte Brigitte de Suède à l’un de ses prédécesseurs (le pape Grégoire XI) : « Déracinez, arrachez et détruisez tous les vices de votre cour ! Séparez-vous des conseils de vos amis charnels et mondains et suivez humblement les conseils spirituels de mes amis. Levez-vous comme un homme et revêtez-vous avec confiance de la force ! Commence à réformer l’Église que j’ai acquise de mon propre sang afin qu’elle soit réformée et ramenée spirituellement à son état originel de sainteté, car de nos jours, on voue plus de vénération à un bordel qu’à ma Sainte Église. Mon fils, écoute mon conseil. Si tu m’obéis dans ce que je t’ai dit, je t’accueillerai avec miséricorde comme un père aimant. Approche-toi courageusement du chemin de la justice et tu prospéreras. Ne méprise pas celui qui t’aime. Si tu obéis, je te montrerai ma miséricorde, je te bénirai, je t’habillerai et je te parerai des précieux insignes pontificaux d’un saint pape. Je t’habillerai de moi-même de telle sorte que tu seras en moi et moi en toi, et tu seras glorifié dans l’éternité » (Le Livre des Révélations, Livre IV, chap. 149).

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