La journaliste américaine Diane Montagna s’est entretenue avec le cardinal allemand. C’est très long (suite à venir), mais tout est à méditer, notamment quand, sur un ton dramatique, il tire la sonnette d’alarme sur la montée de l’islam en Allemagne, et dénonce les alliances « objectives » avec l’extrême-gauche et les ex-communistes (toute ressemblance avec la France… n’est absolument pas un hasard), même si les propos explosifs de l’homme de confiance de Benoît XVI passeront probablement très en dessous des radars des médias (on n’ose imaginer le déchaînement s’il avait – pure hypothèse d’école – été élu pape)
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Concernant le nouveau pape, le cardinal Müller doit évidemment garder une certaine réserve « diplomatique », mais il n’en martèle pas moins, pressé de questions par son interlocutrice sur l’audience accordée par Léon XIV au père Martin: Si un pape ou un évêque dit la vérité, ils l’attaqueront. Inversement, s’il se tait, ils exploiteront son silence pour faire avancer leurs erreurs.
Le cardinal Müller parle de Charlie Kirk, du « Jubilé LGBT » et de la menace croissante de l’islam
« En tant que théologien dogmatique, je ne veux pas être diplomate. L’Église catholique doit proclamer la vérité mais aussi contredire les mensonges ».
dianemontagna.substack.com/p/interview-cardinal-muller-on-charlie

ROME, 17 septembre 2025 – J’ai récemment rencontré à Rome le cardinal Gerhard Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, avec qui j’ai eu une longue discussion.
Dans la première partie de cet entretien en deux volets, Son Éminence revient sur l’assassinat brutal d’un chrétien conservateur et fondateur de Turning Point USA, Charlie Kirk, le qualifiant de « martyr de Jésus-Christ ».
Nous discutons également des premiers mois du pontificat du Pape Léon XIV ainsi que d’une série de questions urgentes, y compris la menace croissante de l’Islam, sa relation avec les idéologies anti-chrétiennes radicales d’aujourd’hui, et le récent scandale du « pèlerinage du Jubilé LGBT » conduit par le P. James Martin au Vatican.
Voici la première partie de mon entretien avec le cardinal Gerhard Müller.
Diane Montagna
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Diane Montagna : Votre Éminence, vous connaissez bien les États-Unis. Voulez-vous commenter l’assassinat de Charlie Kirk ?
Cardinal Müller : Charlie Kirk a été la victime d’une idéologie athée, dont les adeptes se sont livrés à une célébration satanique pour le meurtre odieux d’un mari et d’un père de famille exemplaire. Le diable s’empare toujours de ceux qui haïssent la vie et la vérité. En effet, selon les paroles du Seigneur Jésus-Christ, le diable est un « meurtrier dès le commencement » et le « père du mensonge » (Jean 8:44). Et seuls ceux qui écoutent les paroles de Dieu sont de Dieu (cf. Jn 8,47).
Charlie Kirk était un fervent chrétien. D’un point de vue surnaturel, il n’est pas mort en tant que victime d’un assassinat politique, mais en tant que martyr de Jésus-Christ – non pas au sens de ceux qui sont canonisés, mais comme quelqu’un qui a témoigné (du grec martyros) à travers sa vie. Il a donné sa vie en suivant son Seigneur, comme un sacrifice pour la vérité que l’homme est fait à l’image de Dieu, homme et femme, et en opposition aux mensonges et à l’automutilation promus par ce qu’on nomme “trans-ideology” et “gender-affirming care« .
Il a défendu et vécu en défendant la beauté et la sainteté du mariage et de la famille, tels qu’ils ont été ordonnés par Dieu le Créateur, et a défendu la dignité de toute vie humaine, de la conception à la mort naturelle.
Comme vous le savez certainement, la femme de Charlie Kirk était catholique et ses amis proches ont révélé qu’il allait à la messe et qu’il priait le rosaire.
Oui, et il a récemment fait l’éloge de Sainte Marie comme modèle et « solution » aux maux de notre temps. Par son « oui » à l’Incarnation de Dieu, elle est devenue la Mère de Jésus, l’unique Rédempteur de l’humanité, qui seul nous délivre du mensonge, du péché et de la mort, et de toutes les idéologies meurtrières.
Nous demandons au Seigneur Jésus et à la Sainte Marie d’apporter du réconfort à la femme et aux enfants de Charlie.
Venons-en à Rome. Quels changements avez-vous perçus depuis l’élection du pape Léon XIV ?
La proclamation de l’Évangile est davantage centrée sur le Christ, l’ordre est plus grand et l’accent est moins mis sur des questions d’importance secondaire pour l’Église, telles que l’immigration, qui relève principalement de la compétence de l’État.
Certes, l’Église peut apporter son aide par le biais d’œuvres caritatives, mais notre première mission est de prêcher l’Évangile à tous et d’évangéliser ceux qui viennent en Europe, non pas simplement pour leur apporter une aide matérielle, mais pour leur donner la vérité.
Il y a énormément de musulmans qui arrivent et nous ne pouvons pas leur permettre d’imposer leur religion à notre culture. Nous devons leur opposer le message de l’amour de Dieu, car l’image qu’ils ont de Dieu – un dictateur dont il faut obéir aveuglément à la volonté arbitraire – n’est pas l’image que Jésus nous a donnée. Dieu est notre Père, notre Créateur, qui nous a créés à son image et à sa ressemblance. Nous sommes ses enfants et, par l’Esprit Saint, nous pouvons devenir les amis de Dieu, les amis de Jésus-Christ.
Tel est le message dont nous devons témoigner, en particulier dans les pays européens qui se sont lassés de leur foi chrétienne et ont été sécularisés par les idéologies du nationalisme, du fascisme, du communisme et, aujourd’hui, du wokisme, qui menace de détruire à la fois les personnes et leur identité.
Vous mettriez le wokisme sur le même plan que le communisme ?
Oui, je considère qu’il s’agit d’une continuation de la conception marxiste de l’homme. Selon Marx, nous ne sommes pas des personnes dotées d’une âme immortelle capable, par la grâce, de vivre une relation personnelle avec Dieu, notre Créateur. Nous sommes au contraire considérés comme dépendants d’un parti politique ou d’un groupe idéologique – ou des déterminations d’organisations telles que le Forum économique mondial – pour définir la nature de l’homme. Une élite décide de ce qu’est la dignité humaine, et les masses sont censées obéir et se conformer à tout ce qu’elles dictent. Cette approche est totalement destructrice.
Le wokisme fait partie d’une vague idéologique qui s’oppose à l’identité personnelle, au corps – masculin et féminin -, aux relations familiales stables, aux cultures et langues distinctes, à l’histoire et aux relations normales et stables qui font partie de l’être humain.
Il s’agit, par essence, d’une continuation de l’ancien marxisme. Bien qu’il ne fonctionne pas comme un parti politique officiel, il dispose de groupes de pression bien organisés partout – dans l’Union européenne, aux États-Unis par l’intermédiaire de l’État profond, dans les médias de masse, les médias sociaux et les universités. Ces groupes sont extrêmement oppressifs, militants et agressifs à l’égard de tous ceux qui ne se conforment pas à leur pensée.
Comment voyez-vous la relation entre le wokisme et l’islam ?
L’islam est, bien entendu, une religion et n’a rien à voir en soi avec le wokisme. Cependant, les « wokistes » instrumentalisent l’islam pour saper l’identité chrétienne ainsi que la tradition et la culture occidentales. Je pense cependant que ces mêmes « wokistes » pourraient être les prochaines victimes des islamistes radicaux. Ils ont peut-être calculé que les musulmans finiraient par adopter les idées des wokistes, mais il n’y a aucune chance que ce soit le cas. Au contraire, l’Islam rejette la dignité de la femme et son cadre moral n’a rien à voir avec les objectifs du wokisme, dont l’un est d’homosexualiser la société et la pensée.
En Angleterre, par exemple, le wokisme, dans sa phase initiale, utilise l’islamisme comme un outil pour affaiblir la culture et la tradition chrétiennes. Actuellement, dans les cas tragiques – comme lorsqu’une fille est violée par plusieurs hommes musulmans – la fille a plus de chances d’aller en prison que les auteurs.
J’espère que nous verrons un changement significatif en Angleterre lors des prochaines élections.
Et la situation dans votre pays d’origine, l’Allemagne ?
C’est un peu la même chose. En moyenne, il y a dix-huit agressions au couteau par jour, et deux ou trois filles ou jeunes femmes sont victimes de viols collectifs. Pourtant, même lorsqu’un policier est poignardé, il n’y a souvent aucune réaction.
Les défis sont également de plus en plus nombreux dans les écoles, où les enfants musulmans sont souvent plus nombreux que les enfants chrétiens, mais peu de gens sont prêts à affronter cette réalité. Même de nombreux évêques semblent ne pas saisir pleinement la gravité de la situation.
Pensez-vous vraiment que les évêques ne le comprennent pas ?
Il leur est plus facile de fermer les yeux. Beaucoup sont emportés par cette vague idéologique et savent que ceux qui confessent ouvertement leur foi chrétienne sont attaqués. Ils veulent être aimés de tous, être les chouchous de tous. Seuls quelques évêques en Allemagne comprennent vraiment ce qui se passe.
En Allemagne, nous jouissons de la liberté de religion et, en théorie, chacun peut pratiquer ouvertement sa foi, y compris l’islam. Mais la réalité est bien différente. Les musulmans sont très présents dans la sphère publique, tandis que les chrétiens hésitent souvent à organiser une procession eucharistique publique de peur d’offenser ou de défier les autres.
Si la situation se poursuit sur cette trajectoire, comment se terminera-t-elle ?
Elle pourrait devenir comme l’Afrique du Nord. Jusqu’au septième siècle, c’était une région entièrement catholique, même si elle était confrontée à des défis tels que les donatistes. Puis l’islam est arrivé et, cinq cents ans plus tard, la population est devenue entièrement musulmane.
Si tel était le cas, les chrétiens deviendraient des citoyens de seconde zone.
Pourtant, rares sont ceux qui veulent le reconnaître. Ma ville natale de Mayence, par exemple, était catholique à soixante-dix pour cent il y a cinquante ans ; aujourd’hui, en raison de la sécularisation, de l’immigration et d’autres facteurs, ce chiffre est tombé à vingt-sept pour cent. Actuellement, trente pour cent de la population du pays n’est pas d’origine allemande, et il s’agit essentiellement de jeunes. D’ici vingt à trente ans, l’islam pourrait devenir la religion dominante.
Croyez-vous vraiment que l’Allemagne pourrait devenir un pays musulman ?
C’est déjà le cas, à bien des égards. Les musulmans dominent la vie publique, en partie parce que les hommes politiques vivent dans la crainte de ces derniers.
Même si les musulmans ne contrôlent pas le gouvernement…
L’ancien parti communiste d’Allemagne de l’Est est absolument pro-islam. Bien que leur idéologie soit entièrement marxiste et athée, ils ont formé une alliance avec les musulmans, qui professent la croyance en un Dieu unique auquel tous doivent se soumettre. Il s’agit d’une contradiction absolue, qui sert pourtant l’objectif de déchristianisation de l’Occident.
Pensez-vous que nous pourrions assister à une guerre civile à un moment donné ?
Je crois que les jeunes Allemands ne sont plus en mesure de se défendre ; en fait, ils ont déjà perdu la bataille. En réalité, il n’y a pas eu de bataille, mais une infiltration. Un million de personnes sont arrivées de Syrie, dont beaucoup ne parlaient pas allemand. L’Allemagne leur a offert un soutien financier et une infrastructure développée sans exiger de travail. Pour eux, cela ressemble à un paradis terrestre, jusqu’à ce qu’ils en épuisent les ressources. Une fois qu’ils auront épuisé leurs ressources, un conflit pourrait survenir, pouvant se terminer par une guerre civile, mais entre eux, à l’instar de ce que nous avons vu en Syrie.
Et vous pensez que c’est réaliste ?
Oui, c’est tout à fait réaliste. Il n’existe pas de contre-mouvement efficace qui s’attaque aux conséquences de la dépopulation ou des politiques qui favorisent l’avortement.
Pensez-vous que les évêques sont en grande partie responsables de cette situation, en raison de leur incapacité, au cours des dernières décennies, à prêcher l’Évangile et à enseigner la foi catholique aux fidèles ?
Au début du mouvement de dépopulation, avec des initiatives telles que le Club de Rome, il y a eu des résistances. Le pape et les évêques s’y opposaient. Mais la génération suivante d’évêques a perdu son énergie. Regardez la voie synodale allemande : elle se concentre sur l’adaptation de la foi pour s’aligner sur les idéologies modernes plutôt que sur le maintien de l’enseignement catholique authentique.
Cela m’amène à ma question suivante. Votre Éminence, quelle est votre réaction au récent « pèlerinage du jubilé LGBT » à l’église du Gesù à Rome et à la basilique Saint-Pierre, qui a donné lieu à la photo virale de deux hommes homosexuels se tenant effrontément la main, l’un d’eux portant un sac à dos sur lequel était écrit « F*** the Rules » ?
Ils ont profané le temple de Dieu, « faisant de la maison du Père une place de marché » (Jn 2,17). Le mouvement LGBT est absolument contraire à la volonté du Dieu Créateur, qui a institué le mariage comme un saint sacrement dans le Christ, et c’est un scandale absolu que cela se soit produit.
Il y a plusieurs années, le cardinal Reinhard Marx a célébré une messe pour ces groupes à Munich, transformant ce qui est sacré en un spectacle de propagande. Aujourd’hui, la même chose se produit à l’église du Gesù [l’église du Saint nom de Jésus] à Rome, avec un évêque italien qui parle de la possibilité de changer la doctrine révélée sur le mariage et la famille en fonction des désirs humains et charnels.
Que signifie le fait qu’un groupe entier qui rejette ouvertement la foi catholique en matière de moralité sexuelle passe la Porte Sainte ?
Ils ont abusé de la foi catholique, de la grâce et du symbole de la Porte Sainte – qui est Jésus-Christ – à des fins de propagande, tout en vivant en contradiction ouverte avec la volonté du Créateur. Ils ont dénigré l’Église de Dieu par des gestes obscènes et par leur mode de vie. Comme le dit saint Paul : « C’est pourquoi Dieu les a livrés à l’impureté par les convoitises de leur cœur, au déshonneur de leur corps entre eux, parce qu’ils ont échangé la vérité sur Dieu contre le mensonge » (Romains 1:24-25).
Les paroles de saint Paul n’étaient pas seulement vraies à l’époque où la lettre aux Romains a été écrite ; l’homosexualité, la pédérastie et la pédophilie étaient répandues dans l’antiquité préchrétienne. Aujourd’hui encore, ce sont les conséquences de la négation de Dieu, le Créateur, qui a fait l’homme et la femme. Il est stupéfiant que des évêques et des prêtres aient donné de l’espace à cet anti-témoignage de la foi catholique, en opposition ouverte à la volonté de Dieu. Ils devraient consulter la doctrine de l’Église sur le mariage et la famille, en particulier dans le document de Vatican II intitulé Constitution pastorale sur le monde moderne, Gaudium et Spes, §47-52.
Au moins un évêque et plusieurs prêtres et religieuses ont participé au « pèlerinage du jubilé LGBT ». Un prêtre belge a même porté un drapeau de fierté « intersexe-inclusive » drapé dans son dos comme une cape alors qu’il marchait vers la Porte Sainte.
Participent-ils aux processions eucharistiques lors de la fête du Corpus Christi ? Ce n’est pas si intéressant pour eux, mais ils instrumentalisent et abusent des symboles religieux pour faire la propagande d’une idéologie anti-chrétienne.
Était-ce un sacrilège de franchir ainsi la Porte Sainte ?
Sans aucun doute. La bénédiction de ces couples est également un sacrilège et est totalement opposée à la Parole de Dieu et à la doctrine catholique. Cette idéologie ne se préoccupe pas d’aider les personnes qui se posent des questions sur leur sexualité à vivre en conformité avec la sainte volonté du Créateur. Ses promoteurs ne se soucient pas non plus de la vie éternelle ou du salut des âmes. Ils promeuvent plutôt une idéologie antichrétienne qui s’attaque au concept même du mariage et de la famille – le père, la mère et les enfants – et qui constitue un contre-témoignage de l’Évangile de Jésus-Christ :
« Mais l’immoralité et toute impureté ou convoitise ne doivent pas même être nommées parmi vous, comme il convient à des saints. Qu’il n’y ait pas de souillures, ni de sottises, ni de légèreté, ce qui n’est pas convenable ; mais qu’il y ait des actions de grâces. Soyez sûrs qu’aucun homme immoral, impur ou cupide (c’est-à-dire idolâtre) n’a d’héritage dans le royaume de Christ et de Dieu. [Maris, aimez vos femmes comme le Christ a aimé l’Église et s’est livré pour elle, afin de la sanctifier, après l’avoir purifiée par le bain d’eau avec la parole, pour se la présenter à lui-même dans sa splendeur, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, afin qu’elle soit sainte et sans défaut » (Éphésiens 5:3-5;25-26).
Lors du pèlerinage, j’ai parlé avec l’un des principaux organisateurs de « Jonathan’s Tent » (Tente de Jonathan). Il a affirmé que la Bible contient des indications selon lesquelles l’homosexualité est moralement admissible et a déclaré que « nous ne sommes pas censés interpréter la Bible littéralement, mais dans le contexte d’un moment historique particulier ».
Tous les hérétiques ont interprété la Bible de cette manière. L’Écriture est très claire sur ces questions, et seul le Magistère de l’Église a l’autorité de fournir l’interprétation authentique et infaillible de la Parole de Dieu en accord avec la Tradition apostolique. Nous ne pouvons pas faire de compromis avec le paganisme en ce qui concerne la croyance en un Dieu unique.
Le père James Martin, qui était également l’un des principaux organisateurs du « pèlerinage du jubilé LGBT », a été reçu en audience par le pape Léon le 1er septembre et a rapidement fait circuler les photos officielles sur les médias sociaux. Une telle rencontre aurait-elle eu lieu sous Jean-Paul II ou Benoît XVI ?
Tous deux étaient conscients que ces photos seraient utilisées à mauvais escient pour suggérer l’alignement du pape sur des idéologies anti-chrétiennes. Les papes ont parfois reçu des dirigeants communistes, mais personne n’a jamais cru que le pape Jean-Paul II avait quoi que ce soit en commun avec eux ; il parlait très clairement avec eux. Benoît XVI a rencontré une fois Hans Küng en privé, mais pas d’une manière qui puisse être instrumentalisée, et personne n’a jamais pensé que le pape Benoît XVI accepterait les théories de Küng.
Je crois que le pape Léon XIV, qui s’est exprimé clairement sur la nature du mariage chrétien, est très conscient de ce qui se passe et ne peut pas être facilement instrumentalisé par qui que ce soit [le cardinal est diplomate… même s’il affirme le contraire un peu plus bas].
Le « pèlerinage du jubilé LGBT » a été organisé sous le pontificat précédent et figurait déjà au calendrier du Vatican, mais certains catholiques peuvent se demander pourquoi le pape Léon a rencontré le père James Martin et pourquoi les événements n’ont pas été annulés.
En tant que théologien dogmatique, je ne veux pas être diplomate. L’Église catholique doit proclamer la vérité mais aussi contredire les mensonges. En d’autres termes, nous devons non seulement expliquer positivement la foi, mais aussi réfuter activement l’erreur.
Le concile de Nicée a affirmé les vérités de la foi mais a aussi dénoncé Arius comme hérétique. Proclamer la vérité ne suffit pas. Saint Paul parle des « ennemis de la Croix » au sein de l’Église. Si un pape ou un évêque dit la vérité, ils l’attaqueront. Inversement, s’il se tait, ils exploiteront son silence pour faire avancer leurs erreurs.
De nombreux évêques catholiques se sont opposés à Fiduccia Supplicans parce qu’elle représentait la mauvaise voie pastorale et qu’elle était fondée sur une compréhension déficiente et peu claire de l’anthropologie naturelle et révélée.
Entre la vérité et le mensonge, il ne peut y avoir de compromis. Il ne s’agit pas d’une question de mentalité conservatrice ou progressiste, mais d’une question de vérité révélée et du but de la création tel qu’il est inscrit dans la nature humaine.
Dès qu’il est sorti de la loggia, le pape Léon a mis l’accent sur la paix et l’unité. Certains diront qu’il est important, surtout au début de son pontificat, qu’il soit accueillant pour tout le monde, qu’il dialogue avec tout le monde. Qu’en pensez-vous ?
Lors du dernier synode, la doctrine de l’Église a été qualifiée de « conservatrice », et tout catholique cherchant à y rester fidèle a été catalogué comme une personne figée dans le passé, voire comme un « pharisien ».
Je crois que le pape Léon souhaite surmonter cette polarisation idéologique au sein de l’Église. Cependant, on ne peut y parvenir par le compromis. Nous devons dire la vérité – et la vérité divise inévitablement les gens entre ceux qui suivent la Parole de Dieu et ceux qui ne la suivent pas.
Vous avez dit un jour qu’il y avait eu une « prise de contrôle hostile » de l’Église…
Le « pèlerinage du jubilé des LGBT » n’est qu’un exemple des efforts déployés pour prendre le contrôle de l’Église au profit d’intérêts antichrétiens.
Si les motivations derrière ces événements étaient vraiment pastorales, les organisateurs auraient cherché à aider chacun à grandir dans la repentance et l’union avec Jésus-Christ.
Nous avons récemment célébré la canonisation de Pier Giorgio Frassati et de Carlo Acutis. Ces deux jeunes hommes ont donné l’exemple de la vie chrétienne. Ils ont reçu la grâce sanctifiante par le baptême, mais ils ont aussi coopéré avec l’Esprit Saint pour grandir en sainteté. C’est ce que nous devons promouvoir.
A suivre…

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