Le cardinal Ambongo, l’énergique archevêque de Kinshasa (Congo) qui ne manie pas la langue de bois romaine et que certains donnaient comme papabile en mai dernier, participait ces jours-ci au Forum du Chemin de la Paix à Gniezno, en Pologne. A cette occasion, interviewé par une agence de presse américaine, il s’est exprimé sur Fiducia Supplicans, la (tristement) fameuse déclaration autorisant la « bénédiction » des « unions » homosexuelles, la qualifiant de « mauvais chapitre dans l’histoire du pape François ». Le récit de Giuseppe Nardi.
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Bien qu’on ne puisse pas vraiment parler de « front africain », cette sortie s’ajoute à celle d’un autre cardinal africain, le cardinal Sarah qui, dans une récente interview à Avvenire à l’occasion de son 80ème anniversaire, a qualifié Fiduccia Supplicans de « théologiquement faible et donc injustifiée. Elle met en danger l’unité de l’Eglise. C’est un document à oublier »
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Autant de pierres dans le jardin de son auteur, Tucho Fernadez, dont on se demande combien de temps il va encore s’accrocher.
Désormais, le Pape va devoir trancher.
On se souvient sans doute de la réaction virile du cardinal Ambongo, qui s’est rué à Rome en décembre 2024 quand l’instruction autorisant la bénédiction gay lui est parvenue du Saint-Siège et qui a été reçu dans la foulée par François (mais contrairement à ce que pense l’Eminence, il n’a probablement pas réussi à convaincre le pape, le rusé pontife ayant simplement jugé prudent de battre, provisoirement et localement, en retraite).
Fiducia supplicans « est un mauvais chapitre dans l’histoire du pape François ».
Le document sur l’homosexualité sera-t-il réécrit ?
Giuseppe Nardi
Katolisches.info
17 septembre 2025

Récemment, un cardinal africain a qualifié Fiducia supplicans de « document à oublier ». Aujourd’hui, un autre cardinal africain s’est exprimé de manière très similaire sur ce document.
Le vendredi 12 septembre dernier, Avvenire, le quotidien de la Conférence épiscopale italienne, a publié une interview du cardinal Robert Sarah. L’occasion était le 80e anniversaire du cardinal guinéen, président du Conseil pontifical Cor Unum sous Benoît XVI et, à la surprise générale, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements sous François – une sorte d’ « accident de parcours ».
Interrogé sur le document Fiducia supplicans publié par le Dicastère de la Foi avec l’approbation du pape François, qui autorise les bénédictions d’homosexuels, le cardinal a déclaré :
« J’espère que le contenu de Fiducia supplicans pourra être mieux clarifié et peut-être reformulé. La déclaration est théologiquement faible et donc injustifiée. Elle met en danger l’unité de l’Eglise. C’est un document à oublier ».
Hier, un autre cardinal africain s’est exprimé sur Fiducia supplicans.
Le cardinal Fridolin Ambongo Besungu, archevêque de Kinshasa en République démocratique du Congo et président du Symposium of Episcopal Conferences of Africa and Madagascar (SECAM), a été invité à prendre la parole lors du 12ème Forum du Chemin de la Paix à Gniezno, en Pologne, du 11 au 14 septembre. Dans le cadre de cet événement, l’agence de presse américaine OSV News a publié le 16 septembre 2025 une interview du cardinal Ambongo.
Le cardinal Ambongo a déclaré:
« Je pense que Fiducia supplicans est un mauvais chapitre de l’histoire, je dirais, du pape François ».
Le cardinal Ambongo, qui a mené l’opposition à ce document romain, fait également référence au moment de sa publication.
« Fiducia Supplicans a été publié entre les deux sessions du synode sur la synodalité.
Le minimum que nous aurions attendu aurait été qu’il soit au moins discuté au synode. Mais il n’a pas été discuté« .
Concernant le contenu du document, le cardinal Ambongo a déclaré: ;
« Il a causé un grand préjudice aux fidèles catholiques – et au-delà ».
« J’ai pris mes responsabilités moi-même et j’ai vu des réactions de tous les côtés, y compris des laïcs indignés, des prêtres, des religieux et des religieuses, ainsi que des évêques très en colère ».
« J’ai écrit à toutes les conférences épiscopales d’Afrique pour leur dire que nous ne devions pas réagir de manière émotionnelle. J’ai demandé à chaque conférence épiscopale de se réunir, d’analyser le document et de me faire part de sa réaction. Et c’est exactement ce que les conférences ont fait ».
Le résultat a été un document de sept pages que le cardinal Ambongo a apporté personnellement au pape François à Rome .
« Dès le jour de mon arrivée, le pape François m’a reçu. Nous en avons parlé et je pense qu’à partir de ce moment-là, sa vision a changé. Depuis lors, Fiducia supplicans n’a plus été abordé ».
Ambongo aurait ensuite publié la critique par le SECAM de Fiducia supplicans « avec la permission du pape » :
« Ce n’était pas une déclaration contre le pape, mais il a compris que c’était une erreur de sa part « .
A la question de OSV News de savoir si François avait regretté la publication de Fiducia supplicans, le cardinal Ambongo a répondu :
« Je ne peux pas entrer dans les détails, car il s’agit d’informations confidentielles »,
Mais le pape l’aurait autorisé à publier le document du SECAM intitulé « Non à la bénédiction des couples homosexuels dans les églises africaines ».
« S’il m’a autorisé à le publier, je peux en déduire qu’il a au moins compris notre point de vue « .
Le cardinal Ambongo a ainsi réaffirmé sa position: avoir cherché et obtenu une dérogation pour l’Afrique. Celle-ci a été accordée par François, mais le pape argentin n’a pas fait preuve d’un quelconque discernement en la matière. Il a au contraire déclaré que quiconque critique Fiducia supplicans « est un idéologue ». Critiquer le document est « hypocrisie ». Et il a ajouté, sur un ton de défi, qu’il ne craignait pas un schisme.
Au contraire, les exceptions possibles font partie de la méthode bergoglienne, comme on l’a déjà vu avec Amoris laetitia. L’objectif est de changer la pratique de l’Eglise. Les évêques progressistes mettent les nouveautés immédiatement en œuvre. Là où règnent des évêques conservateurs, leur refus est toléré à cause de leur étroitesse d’esprit et de leur indiétrisme, dans l’attente de la nomination d’un évêque progressiste lorsqu’ils sont devenus émérites. Cette stratégie était la réponse bergoglienne à un demi-siècle de luttes parfois rudes entre progressistes et conservateurs au sein de l’Église, au cours desquelles les progressistes, généralement intolérants, n’ont pas pu obtenir ce qu’ils voulaient obtenir au rythme et dans la mesure souhaités.
Un cardinal a la responsabilité de l’Eglise universelle. Soit le contenu d’un document est faux, et alors il est faux pour toute l’Eglise, indépendamment des particularités géographiques, historiques ou culturelles. Dans le cas présent, Fiducia supplicans n’est pas fausse seulement pour les Africains mais pour toute l’humanité. ;
Le fait est qu’en l’espace de quelques jours, deux cardinaux ont formulé une critique cinglante de Fiducia supplicans :
Le cardinal Ambongo avait rappelé dès le début du pontificat de Léon XIV que la question de Fiducia supplicans était encore ouverte et il s’est livré à un échange de coups avec le cardinal Victor Manuel « Tucho » Fernández, l’auteur du document.
Le cardinal Ambongo a aujourd’hui qualifié Fiducia supplicans de « mauvais chapitre » du pontificat de François. Le cardinal Sarah classe le contenu comme « à oublier » et demande de réécrire Fiducia supplicans ou de le limiter par des instructions contraignantes.
La vérité de la foi et l’enseignement de l’Eglise qui en découle exigent clarté et univocité, d’autant plus que le document ne doit pas être considéré seul, mais comme partie intégrante d’une rupture de barrage voulue par François et les bergogliens : le changement de l’enseignement de l’Eglise sur l’homosexualité.
Un autre aspect est lié à Fiducia supplicans, à savoir la carrière de l’auteur du document mentionné : le cardinal Victor Manuel « Tucho » Fernández, préfet du Dicastère de la foi.
Le cardinal Joseph Zen avait déjà demandé sa démission en janvier 2024.
Combien de temps Fernández sera-t-il encore toléré dans ses fonctions?

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