Comme quoi tout est relatif…

20 Sep 2025 | Actualités

Du côté des conservateurs, certains ont été déçus, et même critiques, après avoir lu certaines des réponses du pape aux questions d’Elise Ann Allen dans son désormais célèbre livre-interview.
Côté progressistes, le mécontentement n’est pas moins vif (ils ont tout lu à l’envers)… ce qui serait évidemment bon signe, et semblerait indiquer que Léon XIV a aussi de bons côtés.
Bref, la polarisation que le pape dit redouter n’est pas près de se résorber.
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A cet égard, je trouve assez savoureux cet article paru dans l’un des quotidiens italiens les plus à gauche, « Il Fatto quotidiano », sous la plume de Francesco Grana, leur vaticaniste-maison qui sévissait déjà sous Benoît XVI.
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Au secours! Bientôt, ils vont dire que Tucho Fernandez est d’extrême-droite!!

Pédophilie, personnes LGBT et femmes diacres :

Prevost se montre ultra-conservateur.

La prétendue continuité avec Bergoglio est déjà terminée

www.ilfattoquotidiano.it
Francesco Antonio Grana
18 septembre 2025

C’est ce qui ressort de l’interview de Prevost publiée dans le livre León XIV. Ciudadano del mundo, misionero del siglo XXI de la vaticaniste Elise Ann Allen. Des positions qui permettent de mieux comprendre pourquoi les cardinaux conservateurs, ennemis acharnés de Bergoglio, se sont immédiatement prononcés en faveur de la candidature de Prevost lors du conclave.

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Adieu la continuité. Sur la pédophilie, les LGBT et le diaconat féminin, on commence à constater un fossé total entre François et Léon XIV.

C’est ce qui ressort de l’interview de Prevost publiée dans le livre León XIV. Ciudadano del mundo, misionero del siglo XXI de la vaticaniste de Crux, Elise Ann Allen.

Ces positions permettent de mieux comprendre pourquoi les cardinaux conservateurs, ennemis acharnés de Bergoglio, se sont immédiatement prononcés en faveur de la candidature de Prevost lors du conclave. Ces mêmes cardinaux qui, aujourd’hui, au sein de la Curie romaine, sont considérés comme les « actionnaires majoritaires » du pontificat de Léon XIV.

La distance notable entre les deux derniers papes se manifeste avant tout sur la question de la pédophilie. Prevost est très « garantiste » [ndt: défenseur du respect des garanties constitutionnelles, c’est-à-dire respectueux des droits des présumés coupables], notamment dans la gestion des plaintes.

Le pape réaffirme en effet son « grand respect » pour les victimes d’abus, citant des statistiques qui montrent que « plus de 90 % des personnes qui se manifestent et portent plainte sont de véritables victimes ». Il existe cependant, selon Prevost, « des cas avérés de fausses accusations » et certains prêtres « ont vu leur vie détruite ». L’accusation « n’annule pas la présomption d’innocence », observe le pape, affirmant que « les prêtres doivent eux aussi être protégés, ou l’accusé doit être protégé, ses droits doivent être respectés. Mais le dire parfois cause davantage de souffrance aux victimes ».

Mais il y a plus. Léon XIV affirme que « la question des abus sexuels ne peut devenir le centre de l’Église. La grande majorité des personnes engagées dans l’Église, prêtres, évêques et religieux, n’ont jamais abusé de personne. Nous ne pouvons donc pas faire en sorte que toute l’Église se concentre exclusivement sur cette question ».

De nombreux observateurs rappellent que l’une des critiques les plus virulentes formulées à l’encontre de François au sein de la Curie romaine était précisément qu’il passerait à l’histoire comme « le pape de la pédophilie » en raison de sa condamnation constante des abus, avec des mots très forts et des règles inédites et strictes [inversion pure et simple de la réalité!! ndt]. Le risque est désormais de revenir à la mentalité qui prévalait sous le pontificat de saint Jean-Paul II, avec une protection excessive des prêtres accusés et un manque d’attention envers les victimes.

Distance notable également envers les personnes LGBT.

Si, d’un côté, Léon XIV réaffirme que l’Église continue d’être ouverte à « tous, tous, tous », comme l’a dit Bergoglio lors de la Journée mondiale de la jeunesse à Lisbonne en 2023, d’un autre côté, il affirme : « Je trouve hautement improbable, certainement dans un avenir proche, que la doctrine de l’Église, en termes de ce qu’elle enseigne sur la sexualité, ce que l’Église enseigne sur le mariage, change ». Et il ajoute : « J’ai déjà parlé du mariage, comme l’a fait le pape François lorsqu’il était pape, d’une famille composée d’un homme et d’une femme dans un engagement solennel, bénis dans le sacrement du mariage. Mais rien qu’en le disant, je comprends que certains le prendront mal ».

Refus catégorique du diaconat féminin.

Un sujet qui a été présent, presque constamment, au cours des douze années du pontificat de Bergoglio. François l’avait fait étudier à plusieurs reprises, sans toutefois parvenir à une décision.

« Pour l’instant, affirme Prevost, je n’ai pas l’intention de changer l’enseignement de l’Église sur ce sujet. Je pense qu’il y a certaines questions préalables qui doivent être posées. Certaines parties du monde n’ont jamais vraiment promu le diaconat permanent, ce qui en soi soulève une question : pourquoi devrions-nous parler d’ordonner des femmes au diaconat si le diaconat lui-même n’est pas encore bien compris, développé et promu au sein de l’Église ? ».

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