Parmi les signaux négatifs envoyés ces jours-ci par Léon XIV, il y a son intervention du 1er octobre, à Castel Gandolfo, lors de l’évènement « Raising Hope on Climate Change », célébrant le dixième anniversaire de l’encyclique Laudato Si’ , où le pape a béni… un bloc de glace!! Occasion pour Giuseppe Nardi de proposer « à contre-coeur » quelques réflexions désabusées sur les poids respectifs dans l’agenda papal du « cri de la terre » divinisée en une idolâtrie païenne, et de celui des enfants qui ne verront jamais le jour à cause de l’avortement.
Il se peut que François ait initié ces développements. Il se peut que le cardinal Cupich – ou, comme certains le disent avec humour, le « bergoglien en chef » de l’épiscopat américain – soit une création de cette époque. Mais personne n’a forcé Léon XIV à poursuivre dans cette voie. Personne ne l’oblige à y participer. Et pourtant, il le fait. Avec une conviction tranquille, semble-t-il. En toute liberté.
Le pape bénit un bloc de glace
La nouvelle religion du climat
Giuseppe Nardi
Katholisches.info
2 octobre 2025

Mise en scène sacrée – ou : la longue ombre de Bergoglio
Remarques à contrecœur, mais nécessaires
On se frotte les yeux : un sacramental [ndt: Les sacramentaux sont des signes sacrés dont le rite est défini par l’Église: bénédiction d’objets ou de personnes, exorcisme, enterrement, procession, prière, célébration, etc.] pour l’eau gelée ? Certes, c’était symbolique – mais pour quoi exactement ? Pour la nouvelle religion du climat ? Pour la fonte de l’Arctique ? Ou même pour les larmes de ceux qui croient encore que l’Eglise et le show-business peuvent être clairement dissociés?
La « politique symbolique » est l’encensoir de notre époque : on ne l’agite plus pour Dieu, mais (soi-disant) pour la conscience – téléguidé par ceux qui le font pour plus d’argent et de pouvoir. Le catholicisme moderne aime les signes – tant qu’ils ne deviennent pas dogmatiques. En aucun cas, ils ne doivent être chrétiens-dogmatiques. En revanche, les dogmes séculiers semblent être les bienvenus.
C’est ainsi qu’hier [mercredi 1er octobre, ndt], à Castel Gandolfo, le souverain pontife s’est tenu respectueusement devant un bloc de glace – tel un prédicateur climatique tardif, qui veut faire amende honorable à la Création pour toutes les souffrances prétendument incommensurables que l’homme lui aurait infligées. Non, pas à la Création, à la « Terre Mère ». Car pendant ce temps, le véritable drame – la mort silencieuse des enfants à naître, tués sans pitié – reste figé dans une niche glaciale de retenue morale.
Le ton avec lequel le pape Léon XIV a parlé du thème de l’avortement était au mieux résigné. En réalité, c’est bien pire : celui qui s’engage pour le droit à la vie, a enseigné le Saint-Père, ne peut « vraiment » s’appeler défenseur de la vie que s’il a d’abord fait sagement ses devoirs de la nouvelle doctrine morale laïco-oligarchique : Acceptation de l’agenda migratoire, refus de la peine de mort, révérence devant la nouvelle orthodoxie écologique. Une sorte de test d’opinion avant de pouvoir s’exprimer sur le plan éthique.
On se demande si la vérité sur la vie ne vaut plus pour l’Eglise que sous certaines conditions idéologiques. Faut-il avoir reçu l’absolution de la gauche-verte avant de pouvoir défendre l’enfant dans le ventre de sa mère ? Cela rappelle fatalement les manœuvres rhétoriques d’évitement, telles qu’elles sont mises en avant depuis des décennies par les partisans ouverts et surtout cachés de l’avortement : il faut d’abord comprendre ceci et cela, adhérer à ceci et à cela, avant même de pouvoir parler de l’enfant à naître. Autrefois, de telles objections venaient des féministes et des séminaires universitaires de gauche. Aujourd’hui, viendraient-elles de Rome ?
Aucun cri des enfants à naître qui sont exécutés dans les centres d’avortement n’est entendu, mais en revanche le « cri de la terre », comme cela a été répété hier à Castel Gandolfo l’est .

Et tandis que l’on prêche le retrait en matière de morale, on ouvre logiquement les portes en grand – littéralement à : « todos, todos, todos ». L’entrée d’un groupe d’activistes avec des drapeaux arc-en-ciel dans la basilique Saint-Pierre, mise en scène à la manière d’une procession, n’était pas anodine. C’était un signe abyssal. Un signal. La porte de l’année sainte leur a été ouverte – et avec elle, on peut le craindre, les écluses d’un nouvel arbitraire ecclésiastique.
Il se peut que François ait initié ces développements. Il se peut que le cardinal Cupich – ou, comme certains le disent avec humour, le « bergoglien en chef » de l’épiscopat américain – soit une création de cette époque. Mais personne n’a forcé Léon XIV à poursuivre dans cette voie. Personne ne l’oblige à y participer. Et pourtant, il le fait. Avec une conviction tranquille, semble-t-il. En toute liberté.
La seule différence notable par rapport à son prédécesseur est la réadmission du rite traditionnel dans la basilique Saint-Pierre. C’est un point décisif. Toutefois, il n’a encore rien retiré de Traditionis custodes. Un simple geste, rien de plus ? Un placebo pour la frange de l’Eglise qui est par ailleurs toujours amoureuse de la tradition ? Ou bien un premier point d’interrogation hésitant derrière le récit du progrès synodal ?
Mais tandis que l’on allume une bougie d’espoir sur un front, on met le feu aux fondations ailleurs. L’église poursuit sa descente vers la vallée – pour rester dans l’image – et, conformément aux lois de la physique, cela se fait à une vitesse de plus en plus accélérée.
Et Léon XIV ? Il donne l’impression de vouloir créer l’illusion d’un changement de cap par une délicate manœuvre de freinage dans le domaine liturgique – un domaine central de la vie ecclésiale, il est vrai qu’il ne le fait jusqu’à présent que dans un segment périphérique de celle-ci. En effet, combien de personnes dans l’Église auront pris connaissance du fait que le rite traditionnel peut à nouveau être célébré dans la basilique Saint-Pierre ? Les médias du Vatican n’en ont pas encore dit un mot. Une trop grande publicité ne semble pas les intéresser.
Il y a douze ans, en septembre 2013, le premier de son pontificat, le pape François a commencé à relativiser la protection de la vie. En septembre 2025, également le premier de son pontificat, Léon XIV poursuit cette ligne. Coïncidence ou code : si l’on regarde vers Rome, le mois ne semble pas être devenu favorable aux défenseurs de la vie. Sancte Michael, defende nos in proelio. Saint Michel Archange, défends-nous dans la bataille.
Et c’est ainsi que se pose la question décisive : quelle est la part de l’Église, quelle est la part d’un centre de services œcuméniques pour les agendas globaux?
L’alliance avec les interprètes séculiers du monde, c’est-à-dire sans Dieu, dont l’Eglise s’est toujours tenue à l’écart pour de bonnes raisons, semble consolidée depuis François. On pourrait penser que le pape veut, depuis les jours argentins, dérouler un tapis rouge à ces forces qui travaillent depuis des décennies, parfois depuis des siècles, à la déconstruction du christianisme : les oligarques de l’éthique mondiale, les apologistes de l’ordre mondial post-métaphysique, les grands prêtres de la nouvelle religion de la nature, sans oublier les francs-maçons (François a inscrit la devise révolutionnaire « Liberté, égalité, fraternité » du franc-maçon Antoine-François Momoro dans son encyclique Fratelli tutti).
L’Eglise de Jésus-Christ en tant qu’ONG avec de l’encens, telle que François l’a (encore) présentée en septembre 2015 avec son discours solennel pour l’adoption de l’Agenda 2030 de l’ONU dans son palais de verre à New York ? Mais cela n’a jamais été sa mission.
L’Eglise aura-t-elle encore la force de se soustraire à cette étreinte accaparante et étouffante ?

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