Difficile de ne pas rapprocher les deux évènements (ne serait-ce que pour la coïncidence temporelle), même s’il serait indécent de les mettre sur le même plan, le seul point commun étant l’incurie des hommes chargés d’assurer la sécurité des lieux qu’ils sont chargés de protéger
Dans le premier cas, la lourde et inefficace machine administrative d’un pays qui semble partir à la dérive et où plus personne n’est responsable. En passant, je déplore les excès de certains médias qui osent comparer le « casse du siècle », concernant finalement des objets profanes, aussi regrettable que soit leur disparition, à l’incendie de Notre-Dame et à son caractère sacrilège: non, les parures de la reine Marie-Amélie et de la reine Hortense et le diadème de l’impératrice Eugénie, dont 95% des gens ignorent jusqu’à l’existence, ne sont pas le « patrimoine charnel de tous les Français » (sic!).
Dans le second cas, l’archiprêtre de la Basilique mère de la Chrétienté, le très laxiste cardinal Mauro Gambetti, nommé par François (Gambetti sert peut-être ici de boucle émissaire), et qui paraît-il aurait beaucoup irrité Léon XIV par son inertie ou du moins son manque de diligence à mette en œuvre la liturgie de réparation prévue par le code canonique.
Voici le récit (en deux articles) de Giuseppe Nardi.
Un homme urine sur l’autel du pape dans la basilique Saint-Pierre
13 octobre 2025
katholisches.info

Un homme urine sur l’autel du pape dans la basilique Saint-Pierre
Des incidents similaires se sont déjà produits : Des dérangés, des blasphémateurs, des satanistes qui ont abusé de la basilique Saint-Pierre pour faire des apparitions scandaleuses. Ce qui est surprenant et révoltant dans ce dernier incident, c’est que les responsables du Vatican ne prennent aucune mesure efficace pour empêcher de telles infamies.
Le dernier incident troublant en date s’est produit vendredi matin dernier dans la basilique Saint-Pierre, l’église la plus importante de la Sainte Église : un homme est monté à l’autel du pape au-dessus de la tombe de Pierre et y a uriné sous le regard horrifié de centaines de visiteurs.
La journée de la honte a eu lieu le vendredi 10 octobre vers 9h30. Le jeune homme a réussi à franchir les barrières qui entourent l’autel où seul le pape, en tant que prêtre suprême, peut célébrer ou des délégués mandatés par lui pour le faire à sa place – cet autel se trouve sous le magnifique baldaquin du Bernin.
Après avoir rapidement gravi les marches, l’homme a atteint l’autel, y a baissé son pantalon sans être inquiété et a profané le lieu saint en urinant dessus.
Les forces de sécurité de la gendarmerie du Vatican, qui se trouvaient dans la basilique, sont rapidement intervenues et ont maîtrisé l’homme – mais le mal et l’indignation étaient déjà faits.
Ce n’est pas la première fois qu’un tel événement se produit : En février dernier, un homme d’origine roumaine avait réussi à escalader l’autel. Il a sauté sur l’autel du pape, sur lequel il a piétiné et fait tomber les candélabres. Du pur vandalisme.
Le pape Léon XIV a été informé de l’incident – et aurait accueilli la nouvelle « avec consternation ». Le pape fera-t-il clarifier comment les mesures de sécurité dans la basilique peuvent être améliorées ? Va-t-il faire procéder à un acte de réparation ? Dans le passé, c’était encore sous le pontificat de François, aucun rite de réparation n’a été connu.
Basilique Saint-Pierre : Liturgie pénitentielle solennelle après une récente profanation
Deuxième célébration expiatoire de l’année après la profanation de l’autel du pape
13 octobre 2025
katholisches.info

Après la profanation sans précédent de l’autel du pape sur la tombe de Pierre, vendredi dernier, dans la basilique Saint-Pierre, le rite pénitentiel prescrit pour de telles profanations a eu lieu aujourd’hui.
Pour la deuxième fois cette année, le chapitre de la basilique Saint-Pierre a dû être convoqué au Vatican afin d’accomplir le rite solennel de purification. La raison en est une nouvelle profanation troublante du lieu saint : vendredi dernier, un jeune homme a sauté par-dessus les barrières, s’est précipité vers l’autel du pape au-dessus de la tombe de Pierre, s’est partiellement dévêtu et a uriné sur l’autel du pape. Les forces de sécurité sont immédiatement intervenues, ont maîtrisé l’auteur et l’ont fait sortir de la basilique. Selon les informations disponibles jusqu’à présent, il s’agirait d’un Albanais originaire du Kosovo.
La gendarmerie vaticane a établi son identité et l’a ensuite remis à la police italienne.
Les cas de profanation nécessitent des mesures liturgiques particulières. Un rite pénitentiel doit être accompli avant que la sainte liturgie puisse à nouveau être célébrée dans le lieu concerné. Ce rite permet d’expier et de rétablir la consécration du lieu, c’est-à-dire sa sacralité.
Dans le Caeremoniale Episcoporum, on peut lire à ce sujet :
« Une église est considérée comme profanée lorsque des actes scandaleux y sont accomplis qui, selon le jugement de l’ordinaire compétent, sont si graves et si contraires au caractère sacré du lieu qu’il n’est pas permis d’y célébrer des services religieux avant que la profanation n’ait été expiée par un rite pénitentiel ».
Et plus loin dans le paragraphe 1071 :
« La profanation de l’église doit être réparée dès que possible par une célébration pénitentielle. Jusqu’à la célébration de cette liturgie pénitentielle, ni l’Eucharistie ni aucun autre sacrement ou acte liturgique ne peuvent être célébrés dans l’église ».
Ce dernier incident n’est pas un cas isolé. Au printemps, le même autel avait déjà été profané. L’auteur – un Polonais – a ensuite prétendu avoir protesté contre l’agression russe en Ukraine. Un prétexte transparent pour un acte sacrilège.
La réaction de l’archiprêtre de Saint-Pierre, le cardinal Mauro Gambetti qui s’était alors exprimé en ces termes, en était d’autant plus étonnante :
« Des structures de péché ont poussé une personne qui ne se sentait peut-être pas écoutée à attirer l’attention sur les besoins du monde – par exemple sur la souffrance des enfants en Ukraine. Cette personne s’est sentie poussée à être entendue et, ce faisant, a commis un acte inapproprié et profondément choquant – ici, à l’autel de la confession ».
L’étonnement était grand : l’archiprêtre excusait de fait le crime – ce n’était pas la faute de l’auteur, mais des « structures du péché », quoi que cela puisse être exactement. Concrètement, il a probablement fait référence à la guerre en Ukraine, voire à Vladimir Poutine. Ce faisant, Gambetti a toutefois renversé la conception catholique de la culpabilité personnelle, du libre arbitre et du péché. Résultat : une confusion et une perte croissante de la conscience du sacré.
Les médias ont rapporté vendredi que les forces de sécurité étaient intervenues « à temps » et avaient « évité des dommages ». On entendait par là que le marbre de l’autel n’avait pas été endommagé. Mais une telle perspective passe à côté de l’essence du crime. Le véritable crime n’est pas une éventuelle dégradation des biens, mais la profanation elle-même. Le reportage révèle une incompréhension effrayante du sacré.
Ce matin, pour la deuxième fois de l’année, le rite expiatoire obligatoire a été célébré dans la basilique Saint-Pierre, avec la profession de foi, les prières de repentance, l’aspersion et l’encensement de l’autel.
Le Vatican a annoncé une révision des mesures de sécurité, tout en soulignant le nombre de visiteurs quotidiens – entre 50.000 et 100.000 personnes se rendent chaque jour dans la cathédrale. Le personnel est formé pour faire face aux incidents les plus divers et il existe un vaste réseau de caméras de surveillance. Néanmoins, la basilique Saint-Pierre est un « lieu vivant » qui ne répond à sa vocation que s’il reste accessible.

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