Le catholicisme a-t-il vraiment le vent en poupe? Un triomphalisme surfait

22 Oct 2025 | Actualités

Ces temps-ci, il est de bon ton de célébrer le renouveau de la foi catholique en France et plus généralement dans le monde (ex-) chrétien. Les nombreux catéchumènes qui ont reçu le baptême, en particulier lors de la veillée pascale de cette année (les chiffres officiels parlent de 17 800, au total soit une hausse, pour les adultes, de 45 % par rapport à l’année 2024 – autrement dit en 2024, ils étaient à peu près 12 300 – mais c’est négliger le fait que de moins en moins d’enfants sont baptisés à la naissance) , le grand succès du pèlerinage de la Pentecôte, le jubilé des jeunes à Rome, etc., ont suscité dans la presse catholique et encore plus (ô surprise) celle laïque – plus habituée à casser du prêtre -, des commentaires dithyrambiques. .
Oui, c’est une bonne nouvelle, mais… de quel catholicisme s’agit-il? Un article issu de la tradisphère anglophone (radicalfidelity) repris par AM Valli fait le point. Sans complaisance. Et ce n’est pas très réjouissant.

Peu de choses m’irritent et me font plus de peine que ces informations, diffusées principalement par les médias catholiques progressistes et modernistes, qui se vantent d’une renaissance ou d’une croissance de l’Église.

Ces nouvelles, présentées avec des statistiques joyeuses et des titres optimistes, ne sont pas des signes de vitalité spirituelle, mais un masque, une illusion qui cache une crise profonde et tragique. Malheureusement, ce que ces chiffres mesurent, ce n’est pas la croissance de la foi, mais l’affiliation à une nouvelle religion.

Les « catholiques » sont en augmentation.

Mais dans quelle église entrent-ils ?

radicalfidelity

À l’occasion de la Journée mondiale des missions, l’Agence Fides a publié les statistiques annuelles de l’Église catholique, offrant, si les chiffres sont exacts, une vue d’ensemble des dynamiques mondiales.
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En 2023, la population mondiale atteindra 7,914 milliards d’habitants, dont 1,405 milliard de catholiques, soit 17,8% de la population, en légère augmentation par rapport à l’année précédente. L’Afrique a connu la croissance la plus importante, avec une augmentation de 8,3 millions de catholiques, suivie par les Amériques avec une augmentation de 5,6 millions. Même l’Europe, après des années de déclin, a connu une augmentation de 740 000 catholiques.

Sur la base de ces chiffres, voici les titres triomphants de la presse « catholique »: 

  • « L’Église croît à nouveau ! ».
  • « Quinze millions de nouveaux catholiques sur tous les continents, un être humain sur cinq est désormais catholique ».

Même chose pour les journaux laïcs :

  • « Des milliers de personnes ont été accueillies dans l’Église en France à Pâques »,
  • « Le catholicisme est florissant en Australie »,
  • etc.

Même au niveau paroissial, il est devenu de bon ton de se vanter :  » Nous avons quarante nouveaux catéchumènes cette année !  » ou  » Nos baptêmes et nos confirmations montent en flèche !  »

Le ton est triomphant, comme si le nombre était une preuve de la grâce ou de la fidélité.

Il n’y a pas si longtemps, je me suis retrouvé dans une paroisse novus ordo, débordant de catéchumènes et de candidats présentés lors de la messe dominicale. Pour un œil non averti, cela aurait pu apparaître comme une scène de renouveau et de vitalité. Pourtant, pour quiconque adhère encore à la foi de nos pères, c’était un spectacle d’un indicible tragique. Le prêtre qui présidait l’office est un fervent adepte de la religion bergoglienne (et maintenant, je crois, prevostienne), qui renie publiquement les dogmes de la foi, rejette le Christ comme seul moyen de salut et prêche l’évangile arc-en-ciel du moment : pro-LGBT, pro-ordination des femmes, éco-paganisme.

C’est l’un des spectacles les plus tristes qu’il m’ait été donné d’endurer en tant que catholique.

Ces nouvelles, présentées avec des statistiques joyeuses et des titres optimistes, ne sont pas des signes de vitalité spirituelle, mais un masque, une illusion qui cache une crise profonde et tragique. Malheureusement, ce que ces chiffres mesurent, ce n’est pas la croissance de la foi, mais l’affiliation à une nouvelle religion.

Je savais que, sauf intervention miraculeuse de Dieu Tout-Puissant, ces pauvres âmes ne seraient pas introduites dans l’Église du Christ, mais initiées à sa contrefaçon : un simulacre vide qui porte des vêtements catholiques mais enseigne le contraire. Elles sortaient de leur période de formation non pas fortifiées pour parcourir le chemin étroit vers la vision bienheureuse, mais baptisées et confirmées dans une nouvelle religion. Une religion de l’homme, non de Dieu.

C’est pourquoi peu de choses m’irritent et me font plus de peine que ces informations, diffusées principalement par les médias catholiques progressistes et modernistes, qui se vantent d’une renaissance ou d’une croissance de l’Église. Ces nouvelles, présentées avec des statistiques joyeuses et des titres optimistes, ne sont pas des signes de vitalité spirituelle, mais un masque, une illusion qui cache une crise profonde et tragique. Malheureusement, ce que ces chiffres mesurent, ce n’est pas la croissance de la foi, mais l’affiliation à une nouvelle religion.

Il faut ajouter que, si le nombre de fidèles augmente, le nombre de prêtres continue à diminuer. Le nombre de catholiques par prêtre est passé à 3453, alors que le nombre d’habitants par prêtre avoisine désormais les 16 000. Cette tendance est largement due à la baisse continue du nombre de prêtres: 406 996 prêtres au total, soit 734 de moins que l’année précédente. L’Europe a enregistré les pertes les plus importantes, avec plus de 2 400 prêtres en moins, suivie par les Amériques (près de 800) et l’Océanie (44). En revanche, l’Afrique et l’Asie ont connu des augmentations : respectivement 1 451 et 1 145 prêtres de plus.

Le tableau des vocations est tout aussi inquiétant. Dans le monde entier, le nombre de grands séminaristes, tant diocésains que religieux, est tombé à 106 495, soit près de deux mille de moins que l’année précédente. L’Afrique est la seule région à enregistrer une croissance (+383), tandis que les Amériques, l’Asie et l’Europe ont connu une forte baisse. Le nombre de petits séminaristes a également diminué, pour atteindre un total de 95 021 dans le monde. Dans l’ensemble, les statistiques révèlent une tendance persistante : alors que le nombre de catholiques continue d’augmenter dans le monde, en particulier en Afrique et dans les Amériques, le nombre de prêtres et de vocations n’a cessé de diminuer en Europe et dans les Amériques, une tendance qui se poursuit depuis des décennies.

Les catéchumènes présentés à l’initiation dans les paroisses postconciliaires sont souvent de jeunes âmes, pleines d’espoir, mais introduites dans des communautés où la foi est obscurcie, relativisée ou même contredite. Dans beaucoup de ces lieux, le péché mortel est remis en question, le dogme est considéré comme facultatif, et la vénération des sacrements est remplacée par une amitié vague et décontractée. Le danger spirituel pour ces âmes est immense.

Il faut se demander si ces âmes se forment dans la même Église qui a canonisé les décrets de Trente, anathématisé l’erreur et célébré le Saint Sacrifice de la Messe avec le prêtre face au Seigneur, ou si elles sont absorbées dans une religion déformée par les ambiguïtés, les inventions œcuméniques et la désacralisation de l’ère postconciliaire.

Les changements liturgiques et doctrinaux imposés à l’Église au cours des soixante dernières années constituent non seulement une transformation radicale du catholicisme, mais aussi une substitution de la foi.

Je ne mentionne que quelques circonstances qui me viennent à l’esprit en premier lieu.

  • Élection du pape François. L’accent qu’il met sur la miséricorde pastorale plutôt que sur la stricte clarté doctrinale, associé à un style informel et accessible, représente une rupture avec la dignité et l’autorité généralement associées à la papauté.
  • Interviews favorisant le dialogue avec les non-croyants. Les déclarations qui suggèrent des approches relativistes de la vérité et de la morale sapent continuellement la clarté de la doctrine catholique.
  • Exhortation apostolique « Evangelii gaudium ». L’accent mis sur la justice sociale, la redistribution économique et l’activisme climatique a donné la priorité aux préoccupations mondaines par rapport à la mission première de l’Église, celle de l’évangélisation.
  • Autorisation des filles enfants de chœur. Encourager la présence de femmes à l’autel viole les normes liturgiques séculaires et habitue à l’idée d’un sacerdoce féminin.
  • Exhortation apostolique  « Amoris laetitia ». L’attention accordée à l’activisme environnemental et à la politique climatique a politisé l’enseignement de l’Église en mélangeant des programmes séculiers avec la mission sacrée.
  • « Flexibilité pastorale » concernant les actes homosexuels. Les déclarations qui suggèrent une certaine indulgence dans le jugement moral relativisent l’éthique sexuelle de l’Église.
  • Promotion de la synodalité. La décentralisation accrue et l’implication des laïcs dans le processus décisionnel constituent une tentative délibérée d’affaiblir l’autorité hiérarchique et de saper la gouvernance papale.
  • « Adaptations créatives » dans la Messe. Les innovations dans la musique, les gestes et la participation des laïcs continuent à diluer le caractère sacré de la liturgie.
  • Événements de dialogue interreligieux. L’engagement de la hiérarchie en faveur de la prière syncrétique et de la coopération avec les autres religions, comme s’il s’agissait de la même chose, est constant.
  • Soutien aux unions civiles entre personnes de même sexe. Déclarations publiques et directives diocésaines en faveur des unions civiles en contradiction avec la loi naturelle et la loi divine.
  • Gestes œcuméniques. Les manifestations publiques mettant l’accent sur l’unité avec les non-catholiques sapent le dogme selon lequel « il n’y a pas de salut en dehors de l’Église ».
  • Soutien aux politiques migratoires mondiales. En continuant à défendre l’immigration débridée et les politiques « humanitaires », le pape transforme l’Église en une ONG politique.

  • Restrictions Covid-19 sur les messes publiques. Suspension sans précédent des célébrations publiques, en adhésion au discours de la terreur.
  • Planification de la voie synodale dans les diocèses. Des processus comme la voie synodale allemande encouragent les propositions hétérodoxes et diluent l’autorité hiérarchique.
  • Accent mis sur un langage « inclusif » dans la liturgie et la catéchèse. L’adoption, même dans l’Église, de termes neutres ou « inclusifs » dilue la clarté doctrinale.
  • Manifestations parrainées par le Vatican avec des symboles arc-en-ciel. L’inclusion de symboles séculiers ou politiques dans les événements de l’Église ne mélange pas seulement le sacré et le profane, mais légitime également le péché.
  • Désastre de la pachamama. Faut-il encore parler de cette farce qui s’est déroulée au Vatican et dans la basilique Saint-Pierre en présence d’un pape ?

L’Église a été séduite par un nouveau paradigme, qui ne porte souvent que le nom de catholicisme, en le vidant de sa substance, de sa sacramentalité et de son autorité.

Quel est le résultat ? Il faut le dire clairement : l’Église du Vatican n’est pas, n’est plus, l’Église catholique. Elle en est loin.

Ce ne sont là que quelques-uns des problèmes les plus évidents auxquels les prétendus « millions » de nouveaux « catholiques » seront confrontés. Tout cela sans parler de Prevost, qui est maintenant clairement dans la même ligne que Bergoglio.

La pourriture se répand plus vite que nous ne pouvons l’imaginer : évêques qui évitent de condamner l’avortement comme un crime ; femmes en position d’autorité sur des hommes consacrés, comme si la Tradition était une mauvaise herbe à éliminer ; universalisme qu’on fait passer pour de la miséricorde ; indifférentisme déguisé en dialogue et faux œcuménisme exhibé comme de « unité ».

De la chaire papale sortent des absurdités qui feraient pleurer les saints. Des tapis de prière ont été déroulés dans la bibliothèque apostolique du Vatican pour les musulmans. La campagne contre la Messe traditionnelle est incessante et cruelle, avec une méthode si impitoyable qu’elle ferait rougir même un despote communiste. Et la liste, malheureusement, ne fait que s’allonger de jour en jour.

Le constat est clair : l’Église a été séduite par un nouveau paradigme, qui ne porte souvent que le nom de catholicisme, en le vidant de sa substance, de sa sacramentalité et de son autorité. Quel est le résultat ? Il faut le dire clairement : l’Église du Vatican n’est pas, n’est plus, l’Église catholique. Elle en est loin.

La véritable mesure de l’Église réside dans la fidélité au Christ, dans la célébration révérencieuse des sacrements et dans la défense inébranlable du dépôt de la foi qui nous a été confié. L’Eglise moderniste dans laquelle entrent ces nouveaux initiés ne fait allégeance qu’à l’Homme, ne célèbre plus guère les vrais sacrements et a remplacé le dépôt de la foi par des saletés maçonnico-marxisteswoke.

Pour ceux qui restent fidèles aux enseignements du Christ et de ses saints, le devoir est clair : résister au compromis, garder la liturgie sacrée, enseigner et défendre la foi dans sa plénitude, et prier sans cesse pour la conversion de ceux qui sont maintenant initiés aux erreurs d’une église déviante.

Le Corps mystique du Christ est éternel, mais sa vie dépend de la sainteté et de la vigilance de ses membres. Restons donc fermes, inflexibles et courageux, sachant que la véritable croissance ne se mesure pas en statistiques, mais en sainteté et en degré de fidélité au catholicisme témoigné au fil des siècles.

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