La petite chapelle à la Sainte Vierge de Brigitte Bardot

29 Déc 2025 | Actualités

Et c’est un Italien, catholique, de surcroît (Paolo Maria Filipazzi, du blog Campari & de Maistre) qui parle le mieux de la star, nous faisant découvrir (ou confirmant) un aspect inattendu de sa personnalité, qui tranche avec tout ce que l’on entend en ce moment.
Elle s’est éteinte hier, à un âge avancée, et depuis bientôt vingt-quatre heures, les médias font ce qu’ils savent le mieux faire: du remplissage, et du recopiage servile, à grand renfort de bavardage insipide sur « la femme libre », « l’icône du féminisme », « l’immense actrice » (qu’elle n’était certainement pas) qui a tourné dans des « chef-d’oeuvre du 7ème art » (il est permis de penser différemment), Gainsbarre, etc..
Qui critiquant ses « engagements politiques », et qui tentant une récupération au profit de la cause identitaire. Toutes choses qui la feraient certainement sourire, si elle ne les liquidait d’une formule crue à sa manière.

Je ne l’aimais pas spécialement, mais en feuilletant le dernier livre qu’elle a écrit, encore tout récemment, « Mon BBcédaire » (ed. Fayard, 2025), qui se présente comme une sorte de petit dictionnaire, tellement personnel qu’on ne peut douter qu’il est de sa main, je lis à l’entrée « Pape »:

Représentant officiel du « Dieu » (sic!!) catholique sur la Terre, monarque tout-puissant d’une religion et de ses fidèles. N’étant qu’un être humain choisi parmi tant d’autres, il porte en lui, malgré lui, tous les défauts et les qualités humaines. Les sages ont su faire le tri, d’autres furent corrompus – l’actuel [François] est le pire de tous -, par contre, j’ai adoré Jean-Paul II et Benoît XVI

Pas mal …. à part les guillemets, qui auraient pu être évités (mais elle était comme ça).

Et voici la très belle oraison funèbre de Campari & de Maistre:

Adieu à Brigitte Bardot, femme de grec et de latin

Paolo Maria Filipazzi

campariedemaistre.blogspot.com/2025/12/addio-brigitte-bardot

Brigitte Bardot s’est éteinte à l’âge de 91 ans. Femme d’une beauté inégalable, icône sexy des années 50 et 60, B.B., comme on l’appelait, se distinguait, comme toutes les actrices, par une vie sentimentale désinvolte et tumultueuse, qu’elle revendiquait fièrement comme l’affirmation de sa liberté.

Pourtant, elle était tout sauf une icône féministe au sens où on l’entend habituellement.

Comme elle l’affirmait elle-même, sa rébellion contre les conventions bourgeoises naissait d’une volonté de vivre « à la manière de nos ancêtres, en oubliant le XXe siècle et son triste apanage de modernisme démystificateur », une « révolte contre le monde moderne » qui l’éloignait des grandes villes pour trouver refuge dans le maquis méditerranéen de la Côte d’Azur :

« Plus la distance entre moi et la nature augmente, plus je me sens mal à l’aise. Je déteste les villes, les gratte-ciel, le béton, les hauts plafonds, les immeubles à plusieurs étages, les grandes pièces, les ascenseurs, le néon, le formica, les appareils électroménagers ».

Sa fidélité au « monde d’autrefois » se traduisait par sa dévotion à un homme qui, à ses yeux, était la dernière incarnation de ce monde : Charles de Gaulle. Elle disait :

« Je pense avoir aimé De Gaulle comme j’ai aimé mon grand-père : ils étaient tous deux de la même trempe. Tous ceux qui lui ont succédé n’ont été que des copies pâles et décolorées qui n’ont fait que devenir plus insipides au fil des ans, jusqu’à la dégradation totale d’une France où les mosquées ont remplacé les clochers dans nos villages abandonnés, où l’Angélus qui rythmait les moissons est désormais silencieux, laissant les minarets plus ou moins électroniques appeler les musulmans à se prosterner. L’homosexualité, devenue une institution légale, revendique sa place dans la société, y compris l’adoption d’enfants et le mariage. La drogue est devenue à la mode, elle aide à survivre et à oublier… ».

Le début de la fin s’était concrétisé en 1968, lors de ce « mai français » qui, de manière inattendue, l’avait vue, elle, icône par excellence de la « libération sexuelle », se retrouver de l’autre côté de la barricade :

« La Sorbonne s’était transformée en un vaste lupanar. C’était l’orgie dans la rue. Dans les avenues défoncées, les voitures brûlaient, les pavés servaient de projectiles, les vitrines étaient brisées, les magasins pillés, la population se barricadait dans la panique derrière des portes verrouillées, fermant les volets… Dans ce chaos porno-politique, la France perdait la tête et ses traditions, y compris le latin… ».

Eh oui, B.B. était une femme de latin et de grec, amoureuse des classiques et, avant que le doute ne s’installe, elle avait aussi une opinion précise sur la réforme de la messe :

« Depuis lors, qui se souvient encore, à part Jacques Brel, de Rosa, Rosae, Rosam… ? Qui se souvient de Ite missa est ? Même la religion catholique s’est adaptée à la mode de 68 en balayant tous les tabous, les prêtres s’habillent comme nous, en jeans et souvent graisseux et sales. On tutoie Dieu, on lui parle en français, on l’appelle ‘mon vieux’ en lui donnant de grandes tapes et en lui tirant la barbe. C’est là qu’a commencé la propagation du sexe, de l’exhibitionnisme, de la vulgarité morale et physique, de la perte de toute dignité, de toute morale, de toute honnêteté. On entrait dans l’ère de l’argent, de la drogue, du sexe, de la décadence ».

Retirée de la vie publique à seulement 38 ans, B.B. s’était rapprochée de la foi et de la prière et déclarait en 2019 :

« J’ai besoin de Dieu et de la Vierge Marie. J’aspire à la spiritualité dans un monde qui m’effraie et je me place sous leur protection, en particulier celle de la Vierge Marie, pour laquelle j’ai une dévotion totale. Je lui ai fait construire une petite chapelle parmi les pins dans le parc de ma villa à Saint-Tropez, où je me retire chaque fois que je le peux. Je m’adresse directement à la Vierge et à son Fils, sans passer par des saints comme « intermédiaires », mais je suis très attachée à saint François, qui m’est particulièrement proche en raison de son amour pour les animaux. (…)

.

C’est un endroit qui m’a aidée à poursuivre mon combat. Ici, j’ai puisé la force et le courage qui me manquaient parfois. Je me détends, je m’aide moi-même et je me calme. (…) J’aime y aller parce que je peux parler franchement à la Vierge. La Sainte Vierge me soutient depuis longtemps. C’est une présence intime et bienveillante. Je suis soutenue par cette idée de douceur, de pureté et de luminosité qu’Elle inspire : de générosité inconditionnelle et aussi de protection maternelle. Elle aussi a souffert, sur terre. La seule douleur qu’elle ait vraiment vécue est la perte et la crucifixion de son Fils… c’est quelque chose d’énorme, cela me touche profondément. La douleur dans la chair… elle l’a connue… et elle ne peut qu’être sensible à celle des autres. Elle me protège : je sais qu’elle me protège. Si elle ne m’avait pas accompagnée de sa miséricorde au moment opportun, je serais morte depuis longtemps. J’en suis convaincue. (…)

.

J’ai un contact direct avec le Ciel et je m’y réfugie chaque fois que je ressens le besoin de dire un mot franc à la Vierge. Elle et moi sommes intimes, dans le sens où je lui parle comme à une amie, avec la certitude d’être comprise et réconfortée. La Mère de Dieu a beaucoup souffert et c’est pourquoi elle s’identifie aux souffrances de ceux qui la prient ».

La religiosité exprimée par B.B. dans les dernières années de sa vie était à certains égards problématique, semblant rejeter la médiation de l’Église… mais pas celle de la Sainte Vierge, comme nous venons de le lire. Et nous savons que ceux qui s’adressent à Elle ne restent jamais sans réponse. Nous sommes donc certains qu’à la fin d’une vie tourmentée, elle a enfin retrouvé la paix éternelle dans les bras de la Mère et de Son Fils.

Adieu, Brigitte. Nous t’avons aimée, nous t’aimerons pour toujours.

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