L’ultime dérapage d’un prince de l’Eglise (qui est aussi prince tout court)

19 Jan 2026 | Actualités

Le cardinal Schönborn, à désormais 80 ans, ne fait plus partie du collège électeur et il a quitté l’année dernière sa charge d’archevêque de Vienne qu’il occupait depuis 30 ans.
Présenté, quelque peu abusivement, comme ancien élève du Professeur Ratzinger (ce que formellement, il n’a jamais été) et surtout disciple préféré du pape Benoît XVI, il ne cesse d’affirmer, par une accumulation de gestes de plus en plus scandaleux (dont on trouverait trace dans ces pages grâce au moteur de recherche… ou à l’IA), sa volonté d’affirmer son indépendance vis-à-vis de son prétendu Maître.
Dernière provocation en date, il a publié sur son Instagram une photo de lui, à côté d’un bonhomme de neige qu’il a lui-même revêtu des insignes de sa charge cardinalice.
Une ultime provocation, et même profanation qui ne passe pas, le pape lui-même, informé, se serait dit « très amer ».
Quelle trahison!
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Messa in Latino nous en apprend plus:

La barrette rouge du cardinal Schönborn : pas pour le sang, mais pour le bonhomme de neige

«Ad laudem omnipotentis Dei et Apostolicæ Sedis ornamentum, accipite biretum rubrum, Cardinalatus dignitatis insigne, per quod significatur usque ad sanguinis effusionem pro incremento christianæ fidei, pace et quiete populi Dei, libertate et diffusione Sanctæ Romanæ Ecclesiæ vos ipsos intrepidos exhibere debere» .

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À la louange de Dieu tout-puissant et à la gloire du Siège apostolique, reçois la barrette rouge, insigne de la dignité cardinalice, pour signifier que tu es prêt à défendre, jusqu’à l’effusion du sang, l’accroissement de la foi chrétienne, pour la paix et la tranquillité du peuple de Dieu et pour la liberté et la diffusion de la Sainte Église romaine.

C’est par ces mots que, lors du consistoire ordinaire public, le Souverain Pontife impose la barrette aux nouveaux cardinaux.

Et la couleur rouge pourpre de la robe et des insignes cardinalices rappelle aux cardinaux – « hommes […] qui se distinguent éminemment par leur doctrine, leurs mœurs, leur piété et leur prudence dans la conduite des affaires » (can. 351 §1 c.d.c.) – leur disponibilité à servir et à se sacrifier jusqu’à la mort («usque ad sanguinis effusionem») pour défendre l’Église et la papauté.

Qui sait si le cardinal Christoph Schönborn O.P., 80 ans, archevêque émérite de Vienne et président de la Commission cardinalice de surveillance de l’Institut pour les œuvres de religion (IOR), s’est souvenu de la signification de la robe qu’il porte, lorsqu’il y a quelques jours, dans la cour du palais archiépiscopal de Vienne, il s’est amusé à profaner ses insignes (barrette et écharpe, cette dernière en guise de foulard) pour habiller un bonhomme de neige, puis – avec jubilation – a publié sur sa page Instagram la photo avec « notre nouveau confrère », en commentant :

Aujourd’hui, même la neige a montré son respect : notre nouveau confrère porte déjà la barrette et l’écharpe. Joyeux salut hivernal depuis la cour du palais archiépiscopal – que le froid réchauffe les cœurs !

. . . .

Qui sait si l’archevêque octogénaire, alors qu’en digne épigone de l’empereur Caligula, il accueillait publiquement le bonhomme de neige au sein du Sacré Collège, s’est souvenu – comme le rappelle le Souverain Pontife lors du rite de création – que les cardinaux « revêtus de la pourpre sacrée, devront être des témoins intrépides du Christ et de son Évangile dans la ville de Rome et dans les régions les plus lointaines ».

Qui sait si le cardinal Schönborn, alors qu’il humiliait les insignes cardinalices que la Sainte Église romaine lui avait confiés, s’est souvenu de son serment, par lequel il avait promis et juré « de toujours conserver, en paroles et en actes, la communion avec l’Église catholique ; […] d’accomplir avec une grande diligence et une grande fidélité les tâches auxquelles je suis appelé dans mon service à l’Église ».

Qui sait si, alors qu’il ridiculisait la cardinalité, Son Éminence s’est souvenue de la prière que le Saint-Père récite à la fin du consistoire, dans laquelle il demande à Dieu d’accorder aux cardinaux « de briller par leur sagesse et leur sainteté de vie dans le service assidu de ton Église ».

Rapportant l’épisode, le quotidien « Il Tempo » du 18 janvier concluait :

«le Souverain Pontife aurait également été informé de cet épisode ‘photographique’ ; d’après ce que nous savons, le pape Léon serait très amer».


Vienne, l’archevêque émérite Schönborn habille un bonhomme de neige avec ses insignes cardinalices : le scandale éclate

Francesco Capozza
(www.iltempo.it)

La photo qui immortalise le cardinal Christoph Schönborn, archevêque émérite de la capitale autrichienne, à côté d’un bonhomme de neige vêtu de sa barrette cardinalice et de la bande pourpre propre aux membres du Sacré Collège, fait beaucoup parler d’elle à Vienne et dans tous les milieux ecclésiastiques du Vatican.

Christoph Maria Michael Hugo Damian Peter Adalbert Schönborn, de son nom complet, descendant d’une des plus nobles familles autrichiennes, est l’un des derniers cardinaux vivants créés par Jean-Paul II.

Le cardinal, qui a reçu en 1998 cette barrette rouge aujourd’hui posée sur un bonhomme de neige, a été pendant des décennies l’un des disciples préférés de Joseph Ratzinger, devenu Souverain Pontife en 2005 et considéré comme l’un des théologiens les plus éminents du XXe siècle.

Ces dernières années, le cardinal viennois s’est toutefois progressivement rapproché des positions progressistes qui ont désormais pris le dessus dans certains pays européens, au point de soutenir pour sa succession à la tête du diocèse de Vienne Mgr Josef Gründwild, l’un de ses anciens évêques auxiliaires qui professe depuis longtemps la nécessité d’ouvrir le sacerdoce et le diaconat aux femmes.

Le cardinal Schönborn a fêté ses 80 ans le 22 janvier 2025, perdant ainsi le droit d’entrer dans le conclave et démissionnant automatiquement de toutes ses fonctions. L’ancien archevêque de Vienne n’a pas participé au consistoire extraordinaire présidé par le pape Léon XIV les 7 et 8 janvier derniers, mais il a manifestement le temps et la santé nécessaires pour désacraliser les insignes sacrés de cardinal qu’il a reçus il y a près de trente ans.

Il Tempo a appris que le Souverain Pontife aurait également été informé de cet épisode « photographique » ; d’après ce que nous savons, le pape Léon serait très amer.

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