Une méditation de Benoît XVI, qui « colle » à l’actualité

27 Mar 2026 | Benoît XVI

Une actualité dominée très ponctuellement par l’exposition en boucle d’un fait divers certes tragique, mais s’inscrivant dans un contexte bien plus large, volontairement occulté. Les médias, qui font une tentative misérable de se défausser sur les autres en diluant la responsabilité (« nous sommes tous responsables ») n’ont évidemment pas l’intention de changer leurs pratiques d’un iota, mais ils prétendent prendre de la hauteur (prière de ne pas rire!!) en l’élargissant à un fait de société.


Plutôt que de nous laisser duper par leur fausse pitié et leurs larmes de crocodile, relisons la profonde homélie de Benoît XVI au pied de la statue de la Sainte Vierge, Place d’Espagne à Rome, le 8 décembre 2009, pour le traditionnel hommage à l’Immaculée.

Place d’Espagne, Rome, 18 décembre 2009

Dans la ville vivent — ou survivent — des personnes invisibles, qui de temps en temps apparaissent en première page ou à la télévision, et sont exploitées jusqu’au bout, tant que la nouvelle et l’image attirent l’attention. C’est un mécanisme pervers, auquel il est malheureusement difficile de résister. La ville cache tout d’abord, et ensuite elle expose au public. Sans pitié, ou avec une fausse pitié. Il y a en revanche en chaque homme le désir d’être écouté comme une personne et d’être considéré une réalité sacrée, car chaque histoire humaine est une histoire sacrée, et demande le plus grand respect.

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Chers frères et sœurs, c’est nous tous qui sommes la ville! Chacun contribue à sa vie et à son climat moral, dans le bien ou dans le mal. Dans le cœur de chacun de nous passe la frontière entre le bien et le mal et aucun de nous ne doit se sentir le droit de juger les autres, mais chacun doit plutôt sentir le devoir d’améliorer sa propre personne! Les mass media tendent à nous faire sentir toujours des « spectateurs », comme si le mal ne concernait que les autres, et que certaines choses ne pouvaient jamais nous arriver. En revanche, nous sommes tous des acteurs et, dans le mal comme dans le bien, notre comportement a une influence sur les autres.

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Nous nous plaignons souvent de la pollution de l’air qui, dans certains lieux de la ville, est irrespirable. C’est vrai: il faut l’engagement de tous pour rendre la ville plus propre. Mais il y a toutefois une autre pollution, moins perceptible par les sens, mais tout aussi dangereuse. C’est la pollution de l’esprit; c’est celle qui rend nos visages moins souriants, plus sombres, qui nous conduit à ne pas nous saluer entre nous, à ne pas nous regarder en face… La ville est faite de visages, mais malheureusement les dynamiques collectives peuvent nous faire perdre la perception de leur profondeur. Nous ne voyons que la surface des choses. Les personnes deviennent des corps, et ces corps perdent leur âme, deviennent des choses, des objets sans visages, interchangeables et consommables.

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https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/speeches/2009/december/documents/hf_ben-xvi_spe_20091208_immacolata.html

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