Sur Trump (qui a fort opportunément poussé hors des radars des médias les causes initiales vraies du conflit en cours…) et ses intentions, il est vain de courir après les faits qui se succèdent à une allure frénétique, le dernier annulant le précédent et démentant probablement le suivant: personne ne sait rien, peut-être pas même lui. Est-il un fou sous chantage, un stratège génial, le défenseur de la civilisation? Je pencherais plutôt pour la première option et j’écarte définitivement la troisième.
AM Valli donne à nouveau la parole à l’une de ses plumes récurrentes, Martino Mora, qui analyse la situation avec beaucoup de finesse dans un article qui s’inscrit dans le sillage de la réflexion de Marcello Veneziani que j’ai repris ces jours-ci.
Tout en prenant acte de la dernière provocation de Trump, son attaque inacceptable contre les catholiques en la personne du Pape, et en saluant (… sans enthousiasme), la réaction de Léon XIV, Mora se réjouit qu’elle ait créé une « fissure » du front occidentalo-atlantiste, autrement dit ce qu’il nomme « la droite d’Aspen » (voir annexe)
Le gangster Trump et la rupture du front conservateur/pro-occident
Martino Mora
Avec la vulgarité brutale et mafieuse qui le caractérise, Donald Trump s’en est pris à Papa Prevost, qui avait osé critiquer sa volonté de « mettre fin à une civilisation millénaire » (celle de la Perse).
Non content de cela, il s’en est ensuite pris à Giorgia Meloni, qu’il juge pas assez servile pour participer à la guerre impérialiste contre l’Iran.
Trump est un gangster répugnant. Mais tant de grossièreté me procure le plaisir subtil de voir se fissurer le front conservateur/pro-occident. Ce front qui, selon la propagande des quotidiens de la famille Angelucci [ndt: Antonio Angelucci, proche de la Ligue, propriétaire de « Libero », « Il Tempo », « Il Giornale », en France, ce serait « Le Figaro » et les médias de Bolloré] , unissait le dingue à la mèche blonde, le pape yankee moderniste mais en étole et en mozzetta, et la droite d’Aspen.
Tous ensemble, passionnément, « remparts de l’Occident », selon cette propagande funeste, contre les Russes, les Chinois, les Vénézuéliens et les Iraniens. C’est-à-dire les méchantes « autocraties » ennemies de la civilisation « maritime » anglosphérique.
Personnellement, je considère cette propagande comme le maigre revêtement idéologique servant à défendre le royaume epsteinien de l’argent et la suprématie mondiale de la ploutocratie au pouvoir.
Que les folies de Trump remettent donc en cause cette misérable propagande, tout comme la droite « modèle Aspen » , c’est une bonne chose.
Quant au pape, il a eu raison de prendre ses distances par rapport à la volonté ethnocidaire et criminelle de Trump.
Prevost reste toutefois un Bergoglio au visage humain. C’est-à-dire un moderniste qui met l’Église en pièces.
Martino Mora
Annexe
« Aspen » fait référence à l’Aspen Institute, un think tank américain créé en 1949, qui organise des séminaires et forums réunissant des dirigeants politiques, économiques, médiatiques et intellectuels de la droite « libérale ». En Italie, l’Aspen Institute Italia est un lieu de rencontre pour une classe dirigeante atlantiste, pro-UE, favorable à l’Ukraine (et aux guerres interventionnistes), économiquement (et sociétalement) libérale. L’opposition de droite à Giogia Meloni la qualifie de « Signora Aspen », pour signaler que – selon eux- elle n’est pas « la vraie droite ».

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