Le blog Silere non possum (rédigé par des prêtres romains, au cas où le lecteur l’aurait oublié!) est une véritable mine d’informations « de l’intérieur », souvent très critique envers El Papa.
Il constate que sous un pape, qui au début de son pontificat, dénonçait le carriérisme dans l’Eglise, il n’y a jamais eu autant de calottes violettes (une contradiction de plus, venant d’un homme dont le caractère bi-polaire apparaît de plus en plus au grand jour). Pour François, l’épiscopat et le cardinalat sont un prix que le pape accorde à ceux qui partagent sa « vision » de l’Église
François raisonne en termes politiques, et la composition du Sacré Collège, il l’a toujours étudié de cette manière.
Nous nous dirigeons de plus en plus vers un Conclave-Parlement. Et c’est un fait que le Conclave sera de moins en moins « curial ».
De plus en plus de calottes violettes.
Pourtant, Bergoglio était contre le carriérisme
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Jorge Mario Bergoglio restera dans l’histoire comme le pontife le plus controversé du troisième millénaire. Tel est le verdict rendu par plusieurs cardinaux et évêques au sein des murs sacrés. Il est normal qu’il en soit ainsi, puisque depuis toutes ces années, le pape François ne cesse de mendier à droite et à gauche l’approbation des médias.
Un pontificat caractérisé par un mélange d’éloges enthousiastes et de critiques acerbes. Nombreux sont ceux qui le considèrent comme un pontife réformateur, mais tout aussi nombreux sont ceux qui soulignent les contradictions qui ont émergé au cours de son ministère. Ces incohérences reflètent les tensions internes au sein de l’Église catholique que Bergoglio n’a pas éteintes mais attisées. Un exemple, parmi tant d’autres, est celui de la liturgie, que son prédécesseur avait sagement cherché à apaiser.
« Faites ce qu’ils disent… »
L’un des aspects les plus célébrés du pape François est son engagement en faveur des pauvres. Son mode de vie apparemment sobre, son refus de l’appartement papal et des voitures officielles, et ses fréquents appels à prêter attention aux plus démunis ont d’abord séduit l’opinion publique. Cependant, ces choix symboliques ont parfois été questionnés pour leur cohérence avec ses choix cachés, auxquels il a essayé de ne pas donner trop d’importance médiatique. Ses liens avec des hommes politiques puissants et controversés qui apportent des valises d’argent à Sainte Marthe, les dépenses folles d’entités qu’il a bénies comme la Fabbrica di San Pietro, etc…
Sans parler de l’appel constant à la miséricorde qui se heurte toujours à la réalité qui offre des aperçus troublants de la vie quotidienne de Bergoglio. Des personnes mises à la porte, des scènes et des colères que ses collaborateurs supportent au quotidien, des jugements sans appel contre ceux qu’il qualifie d’ennemis, etc…
Ces dernières années, il est apparu clairement que deux personnalités coexistaient. Celui qui est ouvert aux homosexuels et celui qui les traite de « pédés », celui qui est irréprochable contre les abus et celui qui protège ses amis (Zanchetta, Rupnik…), celui qui condamne la corruption et celui qui s’allie aux corrompus, etc… La liste serait très longue.
Carriérisme et épiscopat
Un élément de la propagande que le cardinal Bergoglio a introduit lors des congrégations générales préparatoires au Conclave de 2013 était précisément celui du « carriérisme ». Or, au cours de ce pontificat, le carriérisme a littéralement explosé au nième degré. En 2014, les journaux ne faisaient qu’interviewer le cardinal Walter Kasper, président émérite du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens. Il semblait être le seul membre du Sacré Collège. Entendez-vous parler de lui aujourd’hui ? Non, et pourtant il est vivant. Lui aussi a compris comment fonctionne la méthode Bergoglio : on vous utilise, puis on vous jette.
Kasper est un homme plein d’idéologies et le qualifier de catholique est une exagération. Pendant le pontificat de Benoît XVI, il a été l’un de ses plus grands opposants. À la fin de son mandat, Ratzinger a choisi un homme de fer [?] pour le remplacer : le Suisse Kurt Koch.
Il faut cependant reconnaître que, contrairement à beaucoup d’autres, il avait une pensée – en dehors de la communion catholique, certes, mais une pensée quand même.
Ce furent les années où les différents journaux le poursuivaient pour des interviews destinées à administrer, comme autant de pilules, ses idées d’avant-garde, notamment sur les femmes et le mariage. Kasper a été utilisé par le pape pour faire passer, dans l’indifférence la plus générale, un document comme Amoris Laetitia. Ce document devait servir de partie théologique que Bergoglio a manifestement ignorée.
Stefania Falasca, figure illustre et intelligente [on détecte une pointe d’humour…] du journalisme et amie de Jorge Mario, avait interviewé Kasper le 1er mars 2014 dans le journal Avvenire. Le cardinal allemand lui avait dit :
« Je me demande aussi : est-il indispensable que tous les secrétaires des dicastères du Vatican soient des évêques ? Dans la Curie, il y a aujourd’hui une forte concentration d’évêques. Nombre d’entre eux exercent des fonctions de bureaucrates, ce qui n’est pas bon. L’évêque est un pasteur. La consécration épiscopale n’est pas un honneur, c’est un sacrement, elle concerne la structure sacramentelle de l’Église. Pourquoi alors est-il nécessaire qu’un évêque remplisse des fonctions bureaucratiques ? À mon avis, nous risquons ici d’abuser des sacrements. Même le cardinal Ottaviani, secrétaire historique de la Congrégation du Saint-Office, n’était pas évêque : il l’est devenu plus tard, avec Jean XXIII ».
Falasca avait fait suivre cette précision d’un « Pour en revenir à la question des femmes… ». Comme pour dire : « C’est bon, passons à autre chose ». Le cardinal, pourtant, avait fait une considération destinée à critiquer le passé, mais il ne s’était pas rendu compte qu’il était en train d’exacerber le problème. L’épiscopat est un sacrement, justement.
Alors que certains crient à la nécessité d’avoir des femmes dans les lieux de pouvoir, offrant un bien triste échantillon de l’Église où l’on continue à donner de l’espace à de pauvres femmes réprimées à la recherche de fauteuils (heureusement qu’il y a des religieuses qui sont le vrai pilier de l’Église !), c’est le pontificat qui a le plus défiguré le visage de Lumen Gentium.
L’épiscopat est devenu une médaille qu’on décerne plutôt qu’un sacrement. Un titre, un mérite. C’est si vrai que les évêques qui exercent leur autorité et leur autonomie sont immédiatement mis à la porte et démis de leurs fonctions.
C’est le drame grave que nous vivons et que certains ‘pseudo canonistes’ ne comprennent pas lorsqu’ils essaient de tromper les gens en prétendant que le pouvoir dans l’Église découle de la ‘missio canonica’. « Le grave problème est que c’est le premier pape qui n’a pas vécu le Concile Vatican II », a commenté un cardinal ces derniers jours. Et c’est en vertu de ce personnalisme du pape que le doyen de la Rote romaine a été nommé archevêque, le maître des cérémonies idem, les sous-secrétaires deviennent évêques et cardinaux, etc…
La Curie romaine à l’époque de François
Actuellement, nous avons des dicastères dirigés par des laïcs avec des secrétaires et des sous-secrétaires qui sont des cardinaux, des évêques et des presbytres. D’autres sont dirigés par des religieuses avec passeport cardinalice.
Dans les nombreuses interviews, il serait utile que ces journalistes demandent au Pape quelle idée il se fait du troisième degré du sacrement de l’ordre [depuis Vatican II, le sacrement de l’ordre compte trois degrés : diaconat, presbytérat et épiscopat, ndt], afin de comprendre quel sens cela a de consacrer évêque un sous-secrétaire d’un dicastère.
Il en va de même pour les diocèses. Ces dernières années, le pape François a nommé des cardinaux dans des diocèses qui n’étaient pas des sièges cardinalices. Cela s’explique par le fait que, pour François, l’épiscopat et le cardinalat sont un prix que le pape accorde à ceux qui se révèlent fidèles à sa vision de l’Église. L’aspect « peuple saint de Dieu », dont Bergoglio s’est souvent gargarisé, n’est pas non plus présent. Parfois, ces nouveaux nommés disent : « Le pape reconnaît dans ma nomination la validité de ce diocèse, de ce peuple ». C’est faux. Le pape nomme par sympathie, au point d’écrire lui-même les noms. Bien sûr, il y a ensuite des gens qui lui présentent les personnes et le conseillent. C’est comme cela que, dans cette brève foucade qui, comme on le sait, dure très peu de temps, certains ont réussi à glisser quelques noms sains.
Une Église de moins en moins sacrée
C’est une attitude qui correspond à la société d’aujourd’hui. Si vous ne pensez pas comme moi, vous êtes exclu. C’est un raisonnement que tous ces journalistes, hommes de télévision, font plus ou moins. Même le Premier ministre italien s’est plaint de cette attitude ces derniers jours lors d’une conférence de presse avec des journalistes. Si votre pensée est différente de la plus forte, qui occupe la télévision, les journaux et qui plaît aux pouvoirs économiques du monde, alors je vous ferai taire. Ne leur donnons pas d’espace, ne leur donnons pas de voix », tel est le mantra que l’on entend dans les salles de rédaction. Et c’est ce qu’ils ont fait pendant des années avec Benoît XVI. S’ils parlaient de lui, c’était uniquement pour l’attaquer.
François raisonne en termes politiques, et la composition du Sacré Collège, il l’a toujours étudié de cette manière. Nous nous dirigeons de plus en plus vers un Conclave-Parlement. Et c’est un fait que le Conclave sera de moins en moins « curial ». Ils se trompent ceux qui pensent que tous ceux qui finiront dans la Chapelle Sixtine ont les mêmes idées que François, comme nous l’avons montré aujourd’hui, un progressiste comme Kasper ne partage pas beaucoup de choix. Cependant, il est certain que presque tous ceux qu’il a choisis – à l’exception de quelques erreurs qui lui ont échappées (sic !) – font partie de cette mare magnum de gens qui considèrent l’Église comme un lieu où l’on se préoccupe de questions socialement et politiquement intéressantes et non pas de Jésus-Christ.

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