Si je peux me permettre: assez de bulletins de Gemelli!!

27 Fév 2025 | Actualités

Il est normal que la santé du pape intéresse les catholiques – dans les limites raisonnables du respect de la personne. Et jusqu’à Jean-Paul II (Benoît XVI a vécu les infirmités du grand âge dans sa retraite, donc caché au monde), le monde était suspendu aux nouvelles venant de la chambre du Saint-Père malade et les catholiques du monde entier faisaient monter leurs prières vers le Ciel pour implorer sa guérison.

Aujourd’hui, l’indifférence du public est patente (en France, les médias n’en parlent pratiquement plus). Comme celle des fidèles, qui ne se pressent pas sous les fenêtres du pape pour lui faire connaître leur affection et leur participation à ses souffrances. Rien de surprenant, c’est François lui-même qui l’a voulu, comme nous avons déjà eu l’occasion de le dire.

Mais il semble que certains tentent désespérément de renouer le lien rompu.

Et quand se répètent jour après jour des bulletins de santé rédigés par ceux qui persistent tant bien que mal à faire avaler au monde que tout est normal (le pape s’est reposé, il a passé une nuit tranquille, il travaille!!! légère amélioration mais le pronostic reste réservé, etc.)… le soupçon vient qu’on nous mène en bateau, essayant de faire traîner les choses au maximum et préparant dans la hâte et l’improvisation une exit strategy.

Quiconque ayant côtoyé un malade en phase terminale dont toutes les fonctions vitales cèdent les unes après les autres, sait que la narration qu’on refile aujourd’hui aux naïfs est un conte pour enfants, et il est clair que même si François survit, rien ne sera plus comme avant. Et cela pourrait durer des mois. QUI gouverne, et QUI gouvernera, alors?

Ce qui confirme les pires soupçons, ce sont les commentaires pleins de fiel du « cercle d’or » bergoglien.
Journalistes (Andrea Zambrano, sur la Bussola, parle de « chacals médiatiques ») qui accusent d’hypocrisie les méchants conservateurs, nommément les cardinaux Burke et Müller, parce qu’ils étaient au premier rang lors du Rosaire place Saint-Pierre, bien qu’il soit de notoriété publique qu’ils avaient toutes les raisons de haïr ce pape.
Et cardinaux (Holleriche, prétendant qu’il est « horrible » de parler du conclave, comme si le sujet de la succession, qu’il est parfaitement normal d’évoquer à ce stade, était un sujet tabou, interdit aux conservateurs).

Je laisse la parole à l’impitoyable Mastro Titta (normal, le pseudo qu’il utilise sur le blog de Marco Tosatti est celui du dernier bourreau des Etats pontificaux, cf. /www.benoit-et-moi.fr../2024/04/03 ), que j’avais trouvé excessif dans un premier temps, mais qui au fond ne dit rien de plus que l’évidence.

Bergoglio est-il vivant, est-il mort, est-il en train de mourir, est-il en train de se rétablir ? Ça n’a aucune importance. 265 papes sont morts avant lui, peu importe. (…)

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En faisant défiler la chronique de ses séjours à l’hôpital – son état s’est amélioré, il est sous respirateur, il souffre d’une insuffisance rénale mais légère, il saute des barrières comme un cabri, c’est sérieux mais pas grave il y a une expression récurrente : le pape “travaille”. Il a travaillé dans sa chambre de soins intensifs. Il travaille, il est en train de travailler. Il travaille comme un drone, comme une fourmi soldat, comme un scarabée bousier. Il est immobile dans son lit, dans le coma, peut-être mort, mais il travaille.

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(…) Il est de notoriété publique que Bergoglio n’a pas pris de vacances depuis la chute de Constantinople. Il ne prie pas, il ne médite pas, il n’écrit pas (d’autres le font pour lui, et mal), il ne fait pas de réunion, il ne célèbre pas, mais il travaille comme un fou. Dans quel sens ? Pour faire quoi exactement ? Il est certain qu’au cours des douze dernières années, il ne s’est pas cassé les reins ni couvert de cors en faisant le pape. Et alors?

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Il y a deux espaces dans la vie chrétienne qui par excellence sont dédiés à Dieu: le repos – la vacance, y compris celle du Siège – et la maladie. Ce sont les moments où la vie se dépouille de l’agir et se retrouve dans l’être, ou s’enfonce dans son absence.

(…)

Bergoglio ne se repose pas, ne prend pas de vacances, devant la mort il “travaille”. S’il est vrai que le sabbat existe pour l’homme et non l’homme pour le sabbat, le refus obstiné du sabbat – dans le christianisme, c’est le jour de la mort, l’abîme du Christ – observé dans la juste perspective est effrayant. Tout comme Marthe reproche à sa sœur Marie de flâner aux pieds de Jésus, l’oisif de Sainte Marthe se reproche de se tenir aux pieds de Jésus.

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Alors que le pape venu de la fin du monde glisse vers la fin du pape et que commence l’ineffable jeu du Toto-Conclave, accompagné d’une flopée de cardinaux aux aguets, Bergoglio noie dans le travail sa propre condition humaine, la plus profonde et la plus vraie. Celle de la poignée de terre soufflée par Dieu.

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https://www.marcotosatti.com/2025/02/26/mastro-titta-papa-bergoglio-al-gemelli-lavora-su-cosa-e-perche-che-rappresentazione-sarebbe/

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