Traditionis Custodes et le questionnaire falsifié

11 Juil 2025 | Actualités

Le texte complet du rapport « commandé » par François (cf. Traditionis Custodes: François a menti) pour justifier l’abrogation de Summorum Pontificum fait aujourd’hui l’objet d’une publication (en italien) supervisée par don Nicola Bux, et Saverio Gaeta, qui rapporte les documents, l’historique, le contexte et les faits qui ont conduit à la révélation de la manipulation bergoglienne. 
Le blog Messa in latino s’est entretenu avec don Nicola Bux, le liturgiste ami de Benoît XVI.

Exclusivité MiL

Une interview de Mgr Bux autour de son nouveau livre sur la manipulation de François à propos du questionnaire Summorum Pontificum.

blog.messainlatino.it
Luigi Casalini
11 juillet 2025

La liturgie n’est pas un spectacle
Le questionnaire aux évêques sur le rite ancien
Arme de destruction de Messe?

Le 1er juillet, dans un article explosif, Diane Montagna dénonçait les contre-vérités du Pape François à propos du motu proprio « Summorum Pontificum »: contrairement aux évêques du monde entier, qui se sont avérés être globalement satisfaits de la libéralisation de la Messe traditionnelle, El Papa affirmait qu’ils y étaient hostiles, et arguant du (prétendu) caractère diviseur de la Messe en latin, il saisissait l’occasion pour en restreindre la célébration de manière draconienne à travers un autre motu proprio, le tristement célèbre « Traditionis Custodes ».

e texte complet du rapport « commandé » par François fait aujourd’hui l’objet d’une publication (éd. Fede e cultura) supervisée par don Nicola Bux et le journaliste Saverio Gaeta, qui rapporte les documents, l’historique, le contexte et les faits qui ont conduit à la révélation de l’authentique manipulation du Pape Bergoglio. 

Le blog Messa in latino a demandé à Mgr Nicola Bux comment on en est arrivé là et ce que contient l’appel final au pape Léon XIV.

1. Monseigneur, vous décrivez la réforme liturgique post-conciliaire comme un éloignement clair par rapport aux intentions authentiques du Concile Vatican II et de Sacrosanctum Concilium. À votre avis, quelle a été l’erreur la plus grave dans la mise en œuvre concrète de la réforme liturgique ?

Mettre au premier plan la participation des fidèles – qui est devenue un « droit » – au lieu des droits de Dieu, qui par sa Présence nous permet d’entrer en relation avec Lui : c’est cela le culte divin : cultiver une relation avec le Seigneur. La liturgie est  » sacrée  » pour cela, sinon elle n’est que liturgie, c’est-à-dire un acte public, propice à l’exhibition, au spectacle, au divertissement – comme on dit en Amérique : liturtainment.

2. Vous affirmez que  » la liturgie est devenue un champ de bataille « . Pensez-vous que ce conflit est destiné à durer, ou voyez-vous des signes d’un possible retour à la paix liturgique dans l’Église ?

L’article 22c de la Constitution liturgique de Vatican II, avertit : qu’absolument personne, même si c’est un prêtre, n’ose ajouter, enlever ou changer quoi que ce soit. Il faut ici abandonner l’idée que la liturgie sacrée est à notre disposition : non, elle vient d’en haut et doit simplement être servie ; non pas  » animée « , car c’est l’Esprit Saint qui l’anime, pas nous. Il faut préparer un « code liturgique », déjà envisagé dans les travaux de la réforme préconciliaire, avec des sanctions précises pour quiconque le transgresse. Les partisans des déformations du Novus Ordo ne sont pas exempts de péché, mais ceux du Vetus qui ne se conforment pas à la dernière édition du Missel romain de 1962, comme le prescrit le Motu Proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI, ne le sont pas non plus. Ce n’est qu’en observant l’ordre que la paix, y compris liturgique, peut venir.

3. Le texte parle de la présence réelle du Christ en termes dogmatiques traditionnels : « vraie, réelle, substantielle ». Quel est aujourd’hui, à votre avis, le danger le plus grave pour la foi des fidèles à l’égard de ce mystère central de l’Eucharistie ?

Il ne s’agit pas seulement d’un danger, mais d’une réalité très répandue, la réduction du Sacrement à un symbole convivial, à une nourriture commune ; Lui, en effet, le Seigneur, est le  » médicament de l’immortalité « , et il faut l’adorer avant de le prendre. On ne prend pas les médicaments les plus délicats, mais on les reçoit avec toutes les précautions : cette modalité est essentielle pour la foi en l’Eucharistie, elle est plus importante qu’une catéchèse sur la Communion. 

4. Vous citez les mots de Benoît XVI : « ce qui était sacré pour les générations précédentes reste sacré et grand pour nous ». Que répondez-vous à ceux qui prétendent que la liturgie traditionnelle est devenue un symbole de l’opposition idéologique au Pape et au Concile ?

L’instrumentalisation des individus et des groupes existe, mais elle n’est pas prépondérante. Au contraire, on assiste à une renaissance du Sacré – qui est la Présence du Seigneur – dans les cœurs (adoration, communion dans la bouche, silence, vocations…). Il suffit de visiter les nombreux pays du monde où le Motu Proprio de Benoît XVI a été prudemment mis en œuvre par les évêques. La patience de la charité dans l’obéissance à l’Église a prévalu.

5. Dans le livre, on parle de la « messe en morceaux« , résultat de la fragmentation linguistique et symbolique de la liturgie actuelle. Quelles mesures pratiques proposez-vous pour redonner à la messe sa cohérence interne et son sens du sacré ?

Avant tout, le regard sur Jésus-Christ, qui dans les liturgies orientales est donné en se tournant vers l’Orient, d’où il est venu, vient et viendra. C’est la dimension cosmique et eschatologique ou définitive du culte divin. L’orientation du prêtre ad Deum, vers la Croix, en particulier de l’Offertoire à la Communion, est décisive pour restaurer la dimension verticale perdue de la liturgie. L’orientation est plus importante que la langue latine, mais elle est importante pour la perception du  » sacré  » dans le culte, en particulier dans la prière eucharistique et les autres prières sacerdotales.

6. Quelle était, à votre avis, l’intention de François dans Traditionis Custodes ?

Une contradiction en soi : il avait fait l’éloge du mystère dans les liturgies orientales, puis n’a pas compris que l’ancien rite romain, le plus grand des rites latins dans l’Église, parallèle au rite byzantin en Orient, répond à la crise de la foi en Occident : avec l’élan évangélisateur – qui freine les sectes en Amérique latine –, la conversion des jeunes, les baptêmes d’adultes, la renaissance de la famille ouverte à la vie, de la vie religieuse et des vocations.. Le pape François a été victime de son « anticléricalisme ».

7. Pourquoi, à votre avis, François a-t-il donné de fausses raisons pour publier Traditionis Custodes ?

Un préjugé idéologique, un problème psychiatrique ? À Buenos Aires, ils savent. Sa volonté a fait loi et des courtisans, on en trouve toujours, ce qui n’est pas le cas des collaborateurs.

Trois questions sur l’appel final

1. Dans votre Appel, vous appelez à un retour à la célébration de la Messe traditionnelle sans restrictions, comme le prévoit en substance le Motu Proprio Summorum Pontificum. Que répondez-vous à ceux qui craignent que cela ne sape l’autorité du Pape ou ne crée des divisions dans l’Eglise ?

L’Église est circumdata varietate: grâce à l’Esprit Saint il y a de nombreux rites, alors de quoi avoir peur. Il me semble que le pape Léon est de cet avis. L’autorité du pape et de l’évêque consiste précisément à favoriser les charismes et à en faire la synthèse pour l’unique mission de l’Église, oui ou non ?

2. Le texte dit que « l’Église catholique n’est pas une monarchie absolue ». Comment votre proposition s’harmonise-t-elle avec le principe d’obéissance hiérarchique qui caractérise l’Eglise ?

Depuis soixante ans, l’ancien rite romain a survécu à toutes les tentatives de suppression : appliquons le principe de Gamaliel : s’il était de fabrication humaine, n’aurait-il pas déjà disparu ? Et si le Seigneur en faisait l’instrument de la réforme de son Église ?

3. Vous parlez de la synodalité comme d’un principe invoqué mais non respecté. Dans quel sens pensez-vous que la transparence et la collégialité ont été trahies dans la gestion liturgique et doctrinale actuelle ?

La synodalité est le style de la collégialité, elle est la mise en route [en français dans le texte] des quatre « notes » de l’Église, une, sainte, catholique et apostolique : elle y est donc soumise ; c’est un mode d’exercice de l’autorité, pas le seul, car, attention : c’est le prêtre qui a le dernier mot dans la communauté, l’évêque dans le diocèse, le pape dans l’Église universelle, sinon cela devient une assemblée parlementaire.

Celui qui a conçu Traditionis Custodes et ses annexes, n’a pas mis en œuvre la synodalité. Et pas seulement: il a falsifié celle manifestée par les évêques dans leurs réponses au Questionnaire.
A propos de « péchés contre la synodalité », qu’on fasse un mea culpa et qu’on revienne tout doucement au statu quo ante.
Toute l’Église en bénéficiera.

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