L’Eglise aujourd’hui… hélas: tout se tient.

19 Nov 2025 | Actualités

C’est un tableau assez sombre que brosse ici AM Valli, dans lequel les 48 trans invités à partager le repas du pape ne sont qu’un maillon d’une très longue chaîne.

A noter, cet article puise au substack d’un certain Chris Jackson, qui se présente lui-même comme « écrivain et commentateur catholique traditionnel. Sans compromis. Sans quiétisme. Défendant la foi quand les autres se taisent ».

Paroisse sans prêtre, transgenres au Vatican, plumes d’aigle, sacralité de la Terre Mère.

La normalité de l’Église synodale

Même pas de clergyman, pas de croix pectorale, mais un polo et un furtif pin’s.
Quelle dégaine!!

Mgr Josef Grünwidl, le nouvel archevêque de Vienne choisi par le pape Léon, a déclaré à la télévision publique autrichienne que nous devrions cesser de penser à l’Église « en termes de prêtres » et nous concentrer plutôt sur les paroisses qui « restent vivantes au niveau local, même s’il n’y a pas de prêtre présent chaque dimanche ». Son projet est de « donner le pouvoir » aux laïcs, hommes et femmes, afin qu’ils soutiennent et organisent la vie paroissiale en l’absence du prêtre.

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Remarquez le type d’analyse. La crise n’est pas liée à l’apostasie, il n’est pas question de l’effondrement des vocations et des décennies d’abus liturgiques. L’important est de maintenir en vie apparente une paroisse qui, en réalité, n’ayant pas de prêtre, est déjà morte parce qu’elle n’a pas l’Eucharistie. Prenons une étole, mettons-la sur un laïc, homme ou femme, et le tour est joué.

Le prêtre est facultatif. L’important, c’est qu’il y ait un conseil pastoral. Le prêtre, qui n’est plus alter Christus et n’est plus le centre de la vie de foi, devient un hôte de passage. Qu’il soit là ou non, cela ne fait aucune différence.

Ainsi, jour après jour, on passe d’une Église qui se réunit devant l’autel à une communauté synodale réunie autour de la table de la salle de réunion.

Et tandis qu’à Vienne, les dimanches sans prêtre sont désormais normalisés, à Rome, le groupe d’étude synodal sur le diaconat féminin annonce : les différentes contributions ont été envoyées à la commission et nous aurons bientôt les résultats, dans les prochains mois.

Nous verrons bien, mais en réalité, la voie est déjà tracée. Le rapport intermédiaire sur les travaux des groupes d’étude parle de la « participation des femmes à la vie et à la direction de l’Église », décrit l’homosexualité comme une « question émergente » et demande une « décentralisation » supplémentaire de l’autorité liturgique ainsi que l’« hospitalité eucharistique » pour les familles de confession mixte.

La doctrine ? Elle n’est plus quelque chose de certain et de stable, mais une matière malléable, à transformer en fonction des « défis ».

Au centre ol y a l’idée de « pastorale » comme « horizon interprétatif » pour un « changement de paradigme » dans la relation entre doctrine et vie. Voici les mots magiques. Il n’y a plus un horizon sacramentel auquel se référer. Il n’y a que la recherche de moyens pour appliquer ce que l’idéologie moderniste a déjà établi sur le papier dans sa perspective entièrement horizontale.

La question du diaconat féminin n’a plus rien à voir avec l’ordre sacré : elle concerne uniquement la manière dont l’Église peut « écouter » les femmes. De même, l’homosexualité n’a plus rien à voir avec le péché et l’éventuel repentir, mais uniquement avec « l’écoute » d’identités qui doivent être reconnues comme telles.

Autrefois, l’expérience était jugée à la lumière de la foi. Dans la nouvelle religion, la foi est jugée à la lumière de l’expérience. D’où la recherche de solutions adéquates.

Ce qui vaut pour les diaconesses et les homosexuels vaut pour tout le reste, à commencer par l’obsession environnementaliste. Et voilà donc le pape (qui a béni il y a quelque temps un bloc de glace) s’adressant aux « Églises du Sud du monde » réunies lors de la COP 30 (la conférence annuelle des Nations unies sur les changements climatiques) pour recommander l’urgence de maintenir l’augmentation de la température de la planète en dessous de 1,5 degré Celsius, comme le prévoit l’accord de 2015. Selon le pape, il s’agit là de « notre outil le plus puissant pour protéger les personnes et la planète ». Et personne ne s’étonne désormais que le pape s’exprime ainsi.

Venons-en au déjeuner pour les pauvres organisé par Léon XIV à l’occasion du Jubilé dans la salle Paul VI. Quelque mille trois cents invités étaient présents, parmi lesquels des migrants, des sans-abri, des personnes handicapées et un groupe d’hommes qui s’identifient comme « femmes transgenres ».

Tout va bien, tout est beau ? La presse laïque, nostalgique de Bergoglio, n’était pas de cet avis. Les militants auraient été « snobés » par Léon parce qu’aucun transgenre ne s’est assis à la table du pape, comme c’était le cas avec François. Le cardinal Konrad Krajewski (l’homme des pauvres) s’est empressé de rassurer : il s’agit seulement d’une question logistique, d’autant plus que les transgenres sont arrivés en retard, mais « l’Église reste ouverte à tous », bien sûr.

Nous sommes dans le grotesque. L’Église a toujours nourri les pauvres et a toujours parlé aux pécheurs, sans caméras à la suite. François et Léon XIV n’ont rien inventé. Si, en fait : ils ont inventé l’approbation publique du péché. La presse nous a fait savoir qu’il y avait quarante-huit travestis. Très bien. En attendant, ceux qui veulent célébrer une messe traditionnelle sans se plier à l’acceptation de Vatican II doivent descendre dans les catacombes, car l’Église ouverte et inclusive a finalement ses fermetures. Et elles sont assez rigides.

Le déjeuner des pauvres au Vatican n’est clairement pas un acte de charité. C’est un spectacle destiné à construire la nouvelle religion.

Si vous voulez voir où mène toute cette « pastorale », vous pouvez regarder du côté du diocèse de Charlotte.

Depuis que l’église Saint-Marc de Huntersville a restauré ses balustrades en 2017, la dévotion a fait des progrès inimaginables. Les gens s’étaient remis à s’agenouiller et à recevoir la sainte communion sur la langue. La révérence avait augmenté et les fidèles étaient heureux.

Puis est arrivé le nouvel évêque, Michael Martin. Celui-ci a jugé bon d’interdire les messes traditionnelles dans les paroisses, a marginalisé les amoureux de la tradition dans une chapelle périphérique et a finalement écrit une lettre « pastorale » (dont le contenu a été divulgué) afin de décourager l’utilisation des balustrades, de limiter l’usage du latin dans le novus ordo, d’encourager le recours aux ministres laïcs de la communion et de souligner la nécessité d’être fidèle au Concile Vatican II.

Et que s’est-il passé dans l’église Saint-Marc ? Le curé, le père John Putnam, a annoncé qu’à partir du premier dimanche de l’Avent, il cesserait d’utiliser la balustrade, non pas parce qu’il est convaincu de cette idée, mais par « obéissance » à la « pratique normative » de rester debout, conformément aux règles des évêques américains.

Vous voyez comment fonctionne l’Église synodale ? La lettre de l’évêque Martin n’a pas encore été diffusée, mais il est clair que le vent souffle dans une certaine direction et qu’il faut s’y conformer. Il en va de même pour les diaconesses : aucune décision n’a été prise, mais le vent souffle dans cette direction. Et il en va de même pour les transgenres et les homosexuels.

Certains diront : tout n’est pas mauvais, regardez le beau message des évêques mexicains pour le centenaire (2026) de la révolte des Cristeros, en mémoire des deux cent mille personnes qui sont mortes en criant « Viva Cristo Rey ! ». Un hommage à ceux qui ont versé leur sang plutôt que d’accepter les impositions d’un État laïc et maçonnique [ndt: cf. www.medias-presse.info/les-eveques-mexicains-honorent-les-martyrs-cristeros].

Oui, mais le message des évêques doit être bien lu. Ces martyrs sont commémorés comme des témoins de la « liberté de conscience » et de la « liberté religieuse ». Comme s’ils étaient tombés pour que le Mexique moderne puisse vivre dans le pluralisme religieux garanti par l’État. Mais ce n’est pas le cas. Les Cristeros sont morts parce qu’ils croyaient en la royauté sociale du Christ et se battaient pour un gouvernement qui la reconnaisse publiquement et s’y soumette. Et aujourd’hui, leur mémoire est utilisée pour consacrer l’ordre libéral, précisément cet ordre contre lequel ils se sont battus jusqu’à donner leur vie.

Et nous voici au Canada, où le père Susai Jesu, Indien, missionnaire oblat de Marie Immaculée, a été nommé par Léon XIV archevêque métropolitain de Keewatin-Le Pas.

Jusqu’à présent curé de la paroisse du Sacred Heart of the First Peoples dans l’archidiocèse d’Edmonton, le père Susai Jesu s’est distingué par la promotion du syncrétisme : rite des brûlures, utilisation de percussions, cérémonies avec des plumes d’aigle, symboles indigènes sur l’autel. Tout cela au nom de l’inculturation. Mais est-ce bien le cas ?

L’Église catholique devrait baptiser la culture locale, la transformer à la lumière de l’Évangile et de la rédemption. Ici, c’est au contraire la culture locale – païenne – qui s’empare de l’Église et la transforme en ce qu’elle n’est pas et ne peut être.

À quels esprits s’adresse-t-on exactement pendant les messes proposées par le père Susai Jesu ? De quelle « purification » parle-t-on ? Les plumes d’aigle sont suggestives, mais que représentent-elles ? Dans la cosmologie préchrétienne, les aigles sont des êtres qui servent d’intermédiaires entre l’homme et le Grand Esprit. Et qu’est-ce que tout cela a à voir avec la Trinité ?

Plus certains symboles entrent dans le sanctuaire, plus l’Église recule. Les mots eux-mêmes, tels que réconciliation, guérison et cheminement, prennent de nouvelles significations qui n’ont plus rien à voir avec la doctrine catholique.

Vous direz : mais la nomination de cet évêque concerne une province canadienne lointaine. Ce n’est pas vrai. Tout est lié. La nomination de cet évêque est un message adressé à toute l’Église. Au moment même où la messe traditionnelle est persécutée et marginalisée, on encourage le syncrétisme. Nous en sommes toujours là, comme avec la pachamama, comme avec les rites amazoniens.

Pour confirmation, voici le numéro de novembre de « Donne, Chiesa, Mondo », le supplément mensuel de « L’Osservatore Romano », consacré aux « Filles de la Terre Mère ».

Thème : « Dans la Terre, il y a le souffle du Dieu Créateur ». Développement : les peuples indigènes, parce qu’ils « perçoivent le caractère sacré de la Terre », sont de « grands maîtres ».

Une religieuse, sœur Adele Howard, raconte avoir personnellement entendu les « murmures de la création » et les « larmes » de la Terre après avoir rencontré un ancien aborigène capable de détecter la présence du « Serpent Arc-en-ciel ». Et la résurrection ? « C’est une énergie qui se régénère constamment », une énergie cosmique régénératrice.

Inutile de continuer. Je le répète : tout tient ensemble. Notre foi est vidée de son sens, jour après jour. La messe elle-même est transformée. Alors, que voulez-vous que soient quarante-huit travestis à déjeuner au Vatican ? Pourquoi vous scandalisez-vous, bande de vieux bigots ? Ne savez-vous pas qu’il n’y a plus de séparations rigides, que tout est fluide, qu’il n’existe pas de loi morale objective parce que personne ne détient toute la vérité ?

Et pour compléter le puzzle, voici la rencontre de Léon avec la chanteuse Laura Pausini, catholique fervente mais aussi héroïne de l’activisme homosexuel, à qui le pape aurait avoué qu’il en était fan. C’est-à-dire fan de ceux qui s’opposent publiquement à l’enseignement de l’Église sur la famille, la contraception, l’avortement et la sodomie.

Comme l’écrit Chris Jackson, à qui je dois en grande partie les réflexions que je vous propose ici, la question n’est pas de savoir si la crise est réelle. La question est de savoir combien de temps les catholiques continueront à prétendre qu’il s’agit seulement d’une période difficile dans un système par ailleurs sain, plutôt que du fruit pourri d’un arbre planté il y a soixante ans. Les martyrs du Mexique savaient quoi crier en mourant : « Vive le Christ-Roi ! ».

Selon Jackson, nous approchons du moment où répéter ce cri suffira à nous marquer comme ennemis de la nouvelle religion synodale et inclusive. Je me permets de le corriger : nous ne nous en approchons pas, nous y sommes déjà.

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