10 ans d’Amoris Latitia, et 4 très bons points pour Léon XIV (s’il en a besoin)

16 Oct 2026 | Actualités

Afin de convaincre les réticents, qui persistent à voir en Léon XIV une sorte de « François II », don Begoto, un prêtre salésien (que nous avons déjà rencontré dans ces pages à travers des contributions publiées sur le blog d’AM Valli et celui de Sabino Piaciolla – dont une, magnifique, concerne Benoît XVI, voir plus bas) i commente l’homélie, lue par le cardinal Tagle lors de la messe conclusive de la rencontre sur la famille convoquée au Vatican la semaine dernière, juste avant l’annonce dramatique de la maladie du Saint-Père. Nous en avons déjà parlé ici: Fin inattendue pour la rencontre sur la famille .
Si vous avez l’impression d’une redite, ne manquez pas la 4ème bonne nouvelle de don Begoto.

Léon XIV guide l’Église vers la sortie de la crise, en surmontant les éléments les plus controversés qui la traversent.
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On dirait une tactique de la « grenouille qui cuit à petit feu » utilisée à l’envers, contre les mouvements les plus révolutionnaires de notre époque. 

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10 ans d’« Amoris Laetitia » : quatre bonnes nouvelles.

don Marco Begato

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Le 14 octobre a marqué le 10e anniversaire de la publication d’Amoris Laetitia, un texte très controversé qui, d’une certaine manière, a signé le début visible d’une dissension croissante envers le pontificat du pape François.

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À cette occasion, Léon XIV a rédigé une homélie commémorative (ici), qui mérite un bref commentaire et qui, de l’avis de l’auteur, apporte au moins quatre bonnes nouvelles.

I. La première bonne nouvelle, c’est que le Saint-Père a invité les familles à redécouvrir la dimension spirituelle et sacramentelle :

« La famille est un lieu privilégié de prière ».

« Il faut malheureusement reconnaître qu’aujourd’hui, dans de nombreuses régions du monde, l’habitude de prier ensemble au sein de la famille – avant les repas, au début et à la fin de la journée, ou lors d’occasions particulières – s’est considérablement affaiblie. »

Amoris laetitia  nous rappelle que c’est essentiel : « Il faut souligner l’importance de la spiritualité familiale, de la prière et de la participation à l’Eucharistie dominicale » (AL, 223)

Cette invitation, qui s’inspire d’un point valide d’Amoris Laetitia, et qui découle en fait de l’Hymne à la charité de saint Paul, renvoie aux fondements d’une vie familiale vécue dans une perspective spirituelle élevée et exigeante, de manière à replacer le mystère nuptial dans l’horizon de sa dimension vocationnelle, loin des simplifications sociologiques faciles. 

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II. La deuxième bonne nouvelle est l’appel à l’éducation affective et à la valeur de la continence.

C’est le véritable amour qui nous incite tout particulièrement à éduquer les jeunes qui se préparent au mariage, en leur enseignant « l’importance des vertus », parmi lesquelles la chasteté occupe une place particulière, « condition précieuse pour la croissance authentique de l’amour interpersonnel » (AL, 206). À cet égard, il convient de saluer les initiatives menées avec engagement au niveau paroissial ou dans les zones pastorales. Rappelons toutefois que ces initiatives ne suffisent pas à elles seules si elles ne sont pas précédées et soutenues par une éducation à l’amour qui accompagne toute la croissance, dès l’enfance

Léon XIV ne parle pas de parcours affectifs et sexuels, mais d’« éducation à l’amour » ; il rappelle le devoir d’amorcer ces parcours dès l’enfance et ne passe pas sous silence l’urgence d’affirmer la chasteté comme condition d’un amour authentique : autant d’expressions d’une sagesse ancienne, dont on ressentait un peu la nostalgie d’une proclamation claire et simple.

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III. La troisième bonne nouvelle concerne la manière dont le pape a abordé les situations de crise familiale – rappelons que c’était là le point sensible d‘Amoris Laetitia, qui allait jusqu’à évoquer la possibilité d’une communion eucharistique y compris pour les couples en situation irrégulière (cf. chapitre VIII, § 305, note 351).

Ce sujet controversé du pontificat de François est laissé de côté, tandis qu’est renouvelée une invitation prudente et miséricordieuse :

Même les plus fragiles, ou ceux qui traversent des situations difficiles et des moments de crise, trouveront du soutien et de la motivation, entourés d’affection et à l’abri des jugements et des préjugés. N’oublions pas que, « aussi meurtrie qu’une famille puisse être, elle peut toujours grandir à partir de l’amour »

Ainsi, Sa Sainteté réaffirme son zèle protecteur envers les plus fragiles, en mettant en garde contre la prolifération inutile de « jugements et de préjugés ».

D’autre part, loin de proposer, pour les situations les plus controversées, le faux remède d’une communion sacramentelle forcée, il contextualise plus justement le cheminement en termes de « croissance à partir de l’amour », en proposant ainsi un parcours progressif et patient, qui soit à la fois miséricordieux, sacrificiel et humble. Sans juger les fidèles et sans rompre avec la Tradition.

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IV. La quatrième bonne nouvelle est que cette homélie a été lue par S.E [Son Eminence] Luis Antonio Tagle, cardinal réputé pour son progressisme.

La bonne nouvelle est donc que même les pasteurs les plus modernes, et selon certains même modernistes, obéissent au Pape et sont amenés, en son nom, à proclamer des vérités conformes à la Tradition vivante de l’Église.

Cela ne va pas de soi. La dissidence pourrait entraîner des réactions bien différentes à l’égard du Souverain Pontife lui-même, comme nous avons pu le constater à maintes reprises au cours des dernières décennies. 

En résumé, Léon XIV guide l’Église vers la sortie de la crise, en surmontant les éléments les plus controversés qui la traversent. Sa stratégie ne consiste pas à prononcer des condamnations catégoriques ni à éliminer les éléments controversés. Il semble plutôt que son choix soit de « caresser », en quelque sorte, du moins formellement, certains phénomènes parmi les plus controversés et discutables – comme Amoris Laetitia– tout en proposant une relecture qui les replace dans le cadre des enseignements magistériels traditionnels. 

On dirait une tactique de la « grenouille qui cuit à petit feu » utilisée à l’envers, contre les mouvements les plus révolutionnaires de notre époque. 

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Que la Vierge de Fatima, dont la fête coïncidait avec l’opération pulmonaire subie par Léon XIV, éclaire et soutienne notre Pape dans cette œuvre de reconstruction qui demande de la patience.

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