Riccardo Cascioli poursuit sa plongée dans la « folie climatique » qui fait rage actuellement: cette fois, il explore les variations du climat à travers l’histoire de la terre, jusqu’à la plus récente, et constate que la tâche des gourous du réchauffement est facilitée par le fait que nous avons perdu le contact avec la nature.

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Ce n’est pas un hasard si l’alarmisme climatique d’aujourd’hui et la prétention de pouvoir réguler la température de la terre comme si nous avions un thermostat entre les mains s’accompagnent de l’effacement de Dieu de l’histoire, de la présomption que l’homme est le maître du cosmos et de l’histoire. S’il y a une nouveauté, un vrai changement, c’est que cette vision athée a aussi été acceptée dans l’Église.

Riccardo Cascioli

Panique du réchauffement? Du calme, le climat a toujours changé

Riccardo Cascioli
10 août 2019
La NBQ
Ma traduction


Nous poursuivons notre voyage dans la déformation de notre perception de la réalité, dûe au martèlement de la propagande sur les changements climatiques. La première victime est la nature, ou plutôt, notre compréhension de celle-ci. Nous sommes aujourd’hui conduits à penser que la nature est statique et que son équilibre n’est rompu que par l’homme et ses activités. Au contraire, la nature est en elle-même dynamique, il n’y a jamais une saison identique à une autre et le climat a toujours changé. Ce qui est imposé, c’est une vision fausse, qui a ses racines dans l’athéisme. Et, malheureusement, l’Église se met à la remorque.

La première victime du martèlement de la propagande sur les changements climatiques est la nature, ou plutôt notre compréhension de la nature. Terrorisés par le moindre petit signe de changement, aujourd’hui, dans l’imaginaire collectif la nature est statique, elle a son propre point d’équilibre défini, que l’homme – avec sa présence et son activité – a fait sauter. Nous sommes conduits à penser que la normalité réside dans la staticité, dans une sorte d’image fixe qui dure à l’infini. Au contraire, la nature est dynamique, elle change constamment, il n’y a jamais une saison identique à l’autre. Et le changement climatique, loin d’être un phénomène nouveau, une conséquence de qui sait quelle abomination humaine et annonciatrice de catastrophes inimaginables, est normal.

Sans même déranger les cinq époques glaciaires qui ont caractérisé l’histoire de la terre, et bien avant l’apparition de l’homme, même à l’époque actuelle, il y a eu au moins quatre périodes glaciaires (avec une forte avancée des glaciers) entrecoupées de périodes interglaciaires (durant 10-12 mille ans), dont l’une est celle que nous vivons et qui dure depuis quelque 10700 ans. Mais même ces périodes interglaciaires ne sont pas uniformes: juste pour s’en tenir aux temps plus récents, les historiens du climat reconnaissent des périodes de réchauffement à l’époque de l’Empire romain et du Moyen Âge (en l’occurrence appelées « optimum »), et des périodes de refroidissement, dont la plus importante a été enregistrée entre le XVIe et le XIXe siècle et appelée la « petite glaciation ». À partir du milieu du XIXe siècle a commencé une nouvelle période de réchauffement qui dure encore, mais qui en 160 ans a produit une augmentation des températures moyennes entre 0,8 et 1°C.

Mais même cette dernière période de chauffage n’est pas linéaire: à une augmentation des températures globales du sol entre 1850 et 1878 (+0,5°C) succède une phase de baisse (en 1911, nous sommes à -0,2°C par rapport à 1850) puis d’une nouvelle augmentation jusqu’en 1945 (+0,5°C par rapport à 1850). De là commence une nouvelle période de refroidissement qui dure jusqu’en 1976, quand la température est seulement 0,1°C plus élevée que celle de 1850. Et on se souvient qu’au milieu des années 1970, il y avait des alarmes continues au sujet du refroidissement global. Ensuite, à partir de ce moment, la température a recommencé à augmenter jusqu’en 1998 (+0,85°C), mais depuis 1998 les variations sont minimes et, malgré les alarmes continues sur les mois et années les plus chauds, il y a une stabilisation substantielle des températures.

Mais même sans une étude des cycles climatiques, le fait que chaque saison est différente de l’autre devrait appartenir à l’expérience de chacun; que, même dans une certaine tranche climatique, on enregistre des variations continues et même des événements extrêmes. Il suffit de penser à la classification des vins en fonction de l’année de vendange, précisément parce que chaque saison est une histoire en soi.

Aujourd’hui, au contraire, sous l’impulsion des campagnes continues sur le réchauffement climatique, on prétendrait que la nature soit à l’arrêt, immobile. Si les nouvelles nous informent que cette semaine la température a été supérieure d’un degré à la moyenne saisonnière, la panique éclate: nous allons finir grillés, nous serons submergés par l’eau. Nouvelles données spécifiquement pour créer une alarme, personne ne dit que la moyenne saisonnière est juste une donnée statistique, et ne correspond nullement à la température normale, celle qu’elle devrait être [en fait, normale est un terme empruntée à la branche des mathématiques que sont les statistiques, et a été – très opportunément, au moins pour certains -, détournée de son sens.

Nous n’entrons pas ici dans le débat sur la part de l’augmentation des températures qui est due aux cycles naturels et à l’activité humaine – choses sur lesquelles, par ailleurs, il n’existe aucune certitude – mais le fait est que nous avons perdu la notion de dynamicité de la nature. Nous assistons même à des manifestations publiques et à de grandes initiatives politiques contre le changement climatique, alors que nous venons de voir que le changement climatique est la normalité. Des choses qui, en d’autres temps, sembleraient ridicules et dignes d’hospitalisation en psychiatrie, aujourd’hui sont vécues sérieusement comme la question la plus importante pour l’humanité.

Cette distorsion dramatique de la perception de la réalité – clairement voulue par ceux qui manœuvrent le thème « climat » – est certainement facilitée par le fait que nous vivons de moins en moins au contact de la nature. Il suffit de penser qu’en Europe, environ 75% des gens vivent dans des zones urbaines, loin d’une relation avec la nature, et surtout les jeunes générations – nées et élevées dans un milieu où toutes sortes de fruits et légumes sont disponibles toute l’année et où la nourriture est déjà coupée et prête à être utilisée au supermarché – ne connaissent pas directement les cycles naturels, comment la nature fonctionne.

Mais il y a aussi une constante dans la relation homme-climat qui se relie au regard que l’homme porte sur la réalité et sur son propre destin. Pour nous comprendre, nous citons un sermon de saint Augustin, qui a écrit ces choses au IVe siècle: « Vous voyez comment sont les choses. Nous vivons des temps difficiles. Nos pères aussi déplorent d’avoir vécu des moments difficiles, et aussi les pères de nos pères. Aucun homme n’a jamais aimé l’époque où il a dû vivre. Mais ceux qui vivent après regrettent le temps passé. Chaque année, nous disons surtout, quand nous avons froid: ‘Il n’a jamais fait aussi froid’. Ou nous disons: ‘Il n’a jamais fait aussi chaud’. Temps mauvais! Mais ces mauvais moments sont-ils vraiment liés au mouvement du soleil ?

Ainsi, dans le passé, les scientifiques – surtout catholiques – ont étudié le changement climatique en essayant de comprendre les mécanismes de la nature, de mieux s’adapter et de mieux protéger les communautés humaines. On se souvient, par exemple, de l’abbé et scientifique Antonio Stoppani (1824-1891) qui, dans son œuvre la plus célèbre – Il bel Paese – a décrit le recul des glaciers alpins lié au réchauffement de la seconde moitié du XIXe siècle. C’était une description du phénomène et une tentative de le comprendre d’un point de vue scientifique. Pas d’alarme, pas d’inquiétude quant au retrait des neiges alpines, d’autant plus qu’il n’y a pas si longtemps, les glaciers du Mont-Blanc étaient si étendus qu’ils menaçaient les pays du dessous.

En 1881, après avoir prononcé aux Lyncéens un exposé applaudi « Sur le déclin actuel des glaciers dans les Alpes », au roi Umberto de Savoie, qui était présent et se montrait préoccupé par l’évolution, Stoppani répondit: « Ne vous inquiétez pas, laissez faire la Providence ». Ce n’était pas du fatalisme, c’était une connaissance profonde de la réalité. Ce n’est pas un hasard si l’alarmisme climatique d’aujourd’hui et la prétention de pouvoir réguler la température de la terre comme si nous avions un thermostat entre les mains s’accompagnent de l’effacement de Dieu de l’histoire, de la présomption que l’homme est le maître du cosmos et de l’histoire. S’il y a une nouveauté, un vrai changement, c’est que cette vision athée a aussi été acceptée dans l’Église.

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