L’idée n’est pas inédite, et elle vient spontanément à l’esprit, pour peu que l’on prenne la peine d’y réfléchir. Mais cet éditorial de La Bussola ne se contente pas d’enfoncer une porte ouverte, il ouvre au contraire des perspectives qui font froid dans le dos: car au fond, pourquoi ce traçage, à travers une appli, alors que le simple test certifié manuellement aurait été suffisant, et plus efficace contre la contagion que le fausse sécurité que donne le vaccin.

Covid et pouvoir

Le Green Pass peut devenir un Big Brother

Gianandrea Gaiani
La NBQ
13 août 2021
Ma traduction

Si l’État incite tous les citoyens à obtenir un passeport vert, ce n’est peut-être pas uniquement pour protéger la santé publique. Il pourrait être utilisé comme un nouvel outil de contrôle de masse, capable de nous suivre et d’utiliser nos données, bien plus que ce que nous donnons déjà volontairement.

L’adoption du Green Pass soulève de nombreuses questions et controverses en Italie et en Europe, où de nombreux pays ne l’appliquent pas car il est contraire aux règles de l’UE qui interdisent toute discrimination à l’égard des citoyens « qui ne peuvent ou ne veulent pas se faire vacciner ».

Le dogme européen, si cher à la plupart des politiciens italiens, ne semble curieusement pas s’appliquer lorsqu’il s’agit de mettre en œuvre des instruments coercitifs contre la population. Ce n’est pas une exagération, puisque plusieurs membres du gouvernement et de la majorité admettent que le Green Pass n’est pas un outil de sécurité sanitaire, mais vise par contre à encourager les vaccinations en rendant la vie plus difficile aux non-vaccinés, qui ont, comme alternative, un prélèvement à effectuer toutes les 48 heures et qui, apparemment, ne sera pas gratuit, précisément pour ne pas encourager ceux qui hésitent à s’inoculer un vaccin qui n’a pas terminé le long processus de test des conséquences indésirables à court, moyen et long terme.

S’il est important de ne pas confondre le Green Pass et les vaccins, il convient de souligner que ces derniers ne peuvent être utilisés à grande échelle que dans l’état d’urgence actuel, en l’absence de traitements approuvés. L’objectif coercitif et persuasif du Green Pass est clairement en contradiction avec l’Union européenne et les principes fondamentaux de l’État de droit.

Le Green Pass, ainsi que le bombardement médiatique prolongé et acritique qui incite même les chats et les chiens à l’obtenir, semble donc représenter un instrument adapté aux opérations psychologiques, une branche des opérations militaires qui vise à influencer la perception de l’opinion publique dans les pays ennemis. Créé pour garantir une relative sécurité des voyages à l’étranger, le Green Pass est désormais imposé aux Italiens dans le but de lutter contre la propagation du Covid et de « nous garder libres ».

Il est toutefois impossible de ne pas remarquer que le Green Pass permet aux personnes vaccinées, qui peuvent encore contracter le virus et infecter d’autres personnes (vaccinées ou non), d’être « libres » d’infecter même sans en être conscientes et, en tout cas, sans devoir se soumettre à des prélèvements périodiques. Une plus grande liberté récompense donc les vaccinés tout en discriminant les non-vaccinés, mais de cette façon, on risque d’encourager la propagation du Covid. Pour l’enrayer, le Green Pass lié à des prélèvements effectués tous les 2 ou 3 jours aurait paradoxalement une plus grande portée sanitaire, mais pour arriver à ce résultat il aurait suffit en fait de certifier le prélèvement effectué sans avoir besoin de QR codes traçables sur les téléphones portables.

La focalisation sur les vaccins à tout prix, avec un empressement, une emphase et des propositions souvent grotesques (journées portes ouvertes, glaces offertes aux enfants vaccinés, le tout sans aucun contrôle de leur état de santé) décourage de fait le tampon, outil qui permettrait de réduire le risque de circulation du virus, tout en encourageant l’utilisation des vaccins, qui permettront un risque de contagion plus large et inconscient et dont le prix a été  » étrangement  » augmenté de 25% par Pfizer, alors que la production de masse devrait en réduire le prix.

Ce n’est pas un hasard si, dans de nombreux pays européens, l’accès à la frontière n’est autorisé qu’après un prélèvement et même une mise en quarantaine, même si l’on est vacciné avec une double dose. Le prélèvement a également été demandé aux journalistes, tous vaccinés, qui voulaient assister à la conférence de presse au cours de laquelle Mario Draghi a annoncé les restrictions liées au Green Pass.

Après avoir constaté que le premier objectif du Green Pass est de compliquer la vie des citoyens et des catégories de travailleurs afin d’inciter tout le monde à accepter les vaccins expérimentaux, il est clair que cet outil a toutes les caractéristiques potentielles pour devenir un instrument de contrôle de masse, augmentant progressivement le nombre de lieux, de moyens de transport, de locaux, d’initiatives et d’activités où il sera requis pour y accéder.
Un outil de persuasion/coercition, donc, qui n’est pas sanitaire et même nuisible, mais qui, dans une évaluation politique et sociale, peut être un test utile pour vérifier, grâce au maintien de l’état d’urgence, la disponibilité des Italiens à subir des formes de contrôle, punitives et discriminatoires, qui s’ajoutent aux limitations des droits fondamentaux et des libertés les plus élémentaires déjà testées avec le lockdown.

Des restrictions qui ont vu une tentative d’évacuer le stress social, tout en essayant de « cimenter » le consensus, avec la « chasse aux contrevenants » alimentée par les institutions et amplifiée de manière effroyable par presque tous les médias. Hier, c’était le coureur ou le canoéiste qui s’entraînait seul sur des plages désertes ou au milieu de la mer, aujourd’hui c’est la personne qui ne veut pas se faire vacciner ou qui émet des doutes et des critiques sur le « laisser-passer vert », grâce auquel nous fournirons potentiellement une masse d’informations sur tout ce que nous faisons, les lieux que nous visitons et indirectement (ou par recoupement) les personnes que nous fréquentons ainsi que notre consommation et nos goûts, les spectacles auxquels nous assistons, les magasins dans lesquels nous faisons nos courses, les moyens de transport que nous utilisons, les conventions politiques auxquelles nous assistons.

Il est vrai que nous fournissons déjà beaucoup d’informations de ce type par le biais des médias sociaux, des cartes de crédit, des cartes de fidélité, etc., mais dans ces cas, nous le faisons volontairement, et non par imposition de l’État. Le risque réel, dont personne ne parle, est que le Green Pass soit un outil permettant un contrôle social généralisé en augmentant le nombre de lieux et de services qui ne sont accessibles que par sa possession. Un outil basé sur le suivi précis des mouvements, du mode de vie et de la consommation des citoyens qui pourraient potentiellement être influencés ou dirigés par cet instrument.

Pour ne donner qu’un exemple : dans quelle mesure l’imposition d’un Green pass pour accéder aux magasins, supermarchés et centres commerciaux affecterait-elle notre disponibilité à augmenter les achats en ligne ?

En outre, nous n’aurons aucun moyen d’obtenir des garanties ou des contrôles sur l’utilisation éventuelle de ces données à des fins commerciales ou de profilage social, économique et politique (sauf de la part des institutions mêmes qui nous imposent cet outil coercitif), tandis que les systèmes informatiques et les bases de données institutionnelles où nos données seraient inévitablement stockées se révèlent de plus en plus vulnérables aux attaques de pirates informatiques, même depuis l’étranger.

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