Benoît XVI s’est soucié jusqu’au bout de la situation de l’Eglise (en particulier dans sa patrie), au point que, moins d’un an avant sa mort, il a écrit une lettre au cardinal Marx, ex-président de la Conférence épiscopale allemande, pour l’avertir du grave risque que faisait courir à l’Eglise en Allemagne le Synodal Weg . Un héritage encombrant que François n’a pas voulu gérer (il était pour, mais officiellement contre, comme souvent avec lui) et que Léon XIV va devoir prestement affronter
Le scoop vient de Nico Spuntoni dans Il Giornale, mais l’article ne semble pas encore accessible en ligne. Nous en saurons sans doute plus dans les jours à venir.
“Grande preoccupazione”. Ecco il Ratzinger inedito contro il Cammino sinodale in Germania. Ma Marx lo ignorò. Oggi in edicola su @ilgiornale https://t.co/LdqilupINp
— Nico Spuntoni (@nicospuntoni) January 17, 2026
Benoît XVI a averti Marx en 2021 :
La lettre « inédite » qui met en garde contre le Chemin synodal allemand

Le cardinal Marx est à gauche
INFOVATICANA | 17 janvier 2026
Au cœur du bras de fer entre Rome et l’Église allemande, Il Giornale met en lumière un épisode jusqu’alors inconnu : en 2021, Benoît XVI aurait écrit au cardinal Reinhard Marx [ex-président de la Conférence épiscopale, qu’il a dirigé jusqu’en 2020] — son successeur en tant qu’archevêque de Munich et Freising — pour lui faire part de sa « grande inquiétude » quant à l’orientation prise par le Chemin synodal.
Selon le quotidien italien, le pape émérite ne s’est pas limité à un avertissement générique. Des sources vaticanes citées par le média affirment que Ratzinger était « très sceptique » face à la dérive de l’Église allemande et était convaincu que « cette voie fera du mal et finira mal si elle n’est pas stoppée ».
Une mise en garde interne… et une négligence publique
L’article soutient que Marx a ignoré l’appel du pape émérite. Il ajoute une information qui, dans le contexte du Vatican, est encore plus significative : quelques mois plus tard, Benoît XVI aurait été « discrédité » en Allemagne par le rapport sur les abus commandé par l’archidiocèse de Munich, sans que son successeur à la tête du siège — Marx — ne prenne sa défense.
Le conflit allemand ne s’est pas seulement exprimé dans des communiqués et des avertissements romains, mais aussi dans des tensions personnelles et ecclésiales de haut niveau, Benoît XVI tentant de freiner un processus qu’il jugeait dangereux pour la communion ecclésiale.
Le contexte : la « conférence synodale » et le risque de rupture
En toile de fond de cette lettre se trouve le point de rupture actuel : le vote imminent des évêques allemands sur le statut d’une « conférence synodale » permanente, un organe au sein duquel les laïcs et les évêques seraient sur un pied d’égalité et qui, selon l’article, pourrait introduire des changements « à la majorité » et assumer également la gestion des finances de l’Église allemande.
Rome avait déjà averti en 2019 — par écrit — que des questions telles que les ministères ordonnés pour les femmes, la séparation des pouvoirs et le célibat ne relèvent pas du domaine de décision d’une Église locale, mais de l’Église universelle.
Léon XIV, face au même dilemme
La décision revient désormais à Léon XIV, qui devrait recevoir le nonce à Berlin dans les prochaines heures. Le journal cite également l’idée — attribuée au cardinal Mario Grech lors du consistoire — selon laquelle il appartient au Souverain Pontife, si nécessaire, de suspendre le processus synodal.
La clé, cependant, est donnée par la lettre attribuée à Benoît XVI lui-même : si, en 2021, le pape émérite voyait déjà dans le Chemin synodal un processus qui « fera du mal et finira mal » s’il n’est pas arrêté, la question est de savoir si Léon XIV aura – ou non – la détermination nécessaire pour mettre un terme à cette situation avant que les tensions ne débouchent sur une rupture formelle.