En défense de Léon XIV (I)

29 Avr 2026 | Actualités

Un lecteur du blog d’AM Valli regrette les critiques contre le Pape souvent formulées par le blog en question.
L’argumentation est intéressante même si l’on peut en diverger sur certains points. On a l’impression que dans certains espaces catholiques, les gens sont à l’affût de chacun des gestes du pape dans le seul but, au besoin en les interprétant de façon erronée, de le « coincer ». Si ce n’était parfois à la limite de la mesquinerie, on pourrait presque en sourire.
Cela m’a d’ailleurs rappelé les propos d’une amie de ce blog, qui commentait avec humour les critiques contre Benoît XVI lors de son voyage au Royaume-Uni dans le lointain septembre 2010:

Tout au long des semaines précédant le départ, semaines pendant lesquelles tant de voix dissonantes ont tenté de saboter ce déplacement j’ai pensé irrésistiblement à cette publicité pour la MAF dans laquelle on voit le responsable, imperturbable, qui doit faire face aux exigences les plus tarabiscotées d’un assuré, perpétuel râleur de service, qui, échouant à chaque tentative de mettre la compagnie d’assurance en difficulté, se retire en annonçant d’un ton rageur ; « je l’aurai, un jour, je l’aurai », dépité mais pas découragé pour autant et bien décidé à coincer ce directeur qui a l’outrecuidance de lui tenir tête. 

(…)


(…)

Certaines de ces critiques – qu’on ne m’en veuille pas – me semblent partiales.

J’apprécie beaucoup l’attitude, le ton et le langage du Souverain Pontife qui, sans faire de concessions ni dissimuler la vérité, parvient toujours à adopter une position équilibrée : sa priorité, que l’on retrouve également dans sa devise, est tout à fait évidente : œuvrer pour l’unité de l’Église après un pontificat qui a mis l’accent sur ses divisions, provoquant des polarisations qui blessent profondément l’Épouse du Christ.

Pour ne citer qu’un exemple récent : la réponse donnée aux journalistes lors du vol de retour du pape depuis la Guinée équatoriale.

Interrogé sur le synode de l’Église allemande, le pape Léon a répondu que l’unité de l’Église devait se fonder sur Jésus-Christ et non sur les questions sexuelles ; qu’il avait dit aux évêques allemands que le Saint-Siège n’était pas d’accord avec la bénédiction des couples homosexuels et de ceux vivant dans des situations irrégulières ; que l’on bénit les personnes car le todos, todos, todos du pape François doit être compris dans le sens où la miséricorde de Dieu est accessible à tous ceux qui la recherchent d’un cœur sincère.

Je l’ai trouvée parfaitement synthétique, fidèle à la doctrine et d’une grande intelligence.

Le discours adressé aux professeurs de religion catholique a également été très apprécié ; il a rappelé la nécessité de guider les jeunes vers la Vérité dans un monde qui voudrait exclure l’éducation spirituelle des personnes.

Les discours prononcés lors du voyage apostolique en Afrique sont également remarquables ; certains sont véritablement mémorables, tous centrés sur Jésus-Christ, sur l’inculturation de l’Évangile et sur les coutumes et superstitions de la population africaine qui s’opposent à la foi chrétienne.

Sobriété, équilibre, rigueur et fidélité à la tradition, tout en sachant que nous devons nous adresser au monde sans nous laisser submerger par lui : ce sont là autant de qualités qui marquent objectivement une rupture avec le passé et que j’apprécie beaucoup chez le pape Léon.

Beaucoup de vos lecteurs pensent que le Saint-Père devrait rompre radicalement avec tout ce qui a caractérisé le pontificat précédent, en s’en distanciant ouvertement, ce qui, à mon avis, semble injuste, voire irréaliste et inopportun.

C’est injuste, car il est illogique et contraire à l’histoire de ne voir que des aspects négatifs dans le passé [ndt: ça se discute, dans le cas présent!].

Ce serait inopportun car, s’il agissait ainsi, cela risquerait de provoquer de nouvelles divisions au sein de l’Église.

Dans le même temps, je n’ai pas apprécié que l’on tire des conclusions hâtives du fait que Robert Prevost, dans sa jeunesse, ait fréquenté le mouvement des jeunes augustiniens pour la paix : une circonstance qu’il faut replacer dans le contexte de l’Amérique au lendemain de la guerre du Vietnam et qui, par souci d’équité et pour une lecture complète, devrait au moins être accompagnée du rappel que ce même jeune Robert militait dans les mouvements pro-vie.

J’invite tous les lecteurs de ce blog à mettre de côté leurs critiques, parfois un peu trop recherchées, et à s’unir dans une prière incessante pour le Saint-Père, qui a besoin de la fidélité de chacun d’entre nous pour accomplir la mission que Dieu lui a confiée dans un monde de plus en plus tourmenté.

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