La mort de François et l’élection de Léon XIV m’ont beaucoup occupée, imposant à ce blog un rythme inhabituel, du moins depuis la mort de Benoît XVI, et explosant le compteur de visites – sans que je me fasse d’illusion sur la pérennité de cette popularité, qui retombera très vite proportionnellement à la fréquence des publications (et même plus, je le crains).
J’ai pris le parti de défendre le nouveau pape contre les attaques de toutes sortes dont il serait semble-t-il déjà la cible, à un degré bien moindre que Benoît XVI, évidemment, mais des attaques que je qualifierais de bilatérale (y compris, bien fielleuses, sur sa famille), ce qui constitue une relative nouveauté,,, et cela qui m’a valu quelque courrier.
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Un lecteur a rassemblé des extraits de discours de Léon XIV, qui laissent bien augurer de la suite, n’en déplaise aux inquiets et aux déçus, qui finiront toujours par trouver des choses qui leur (qui nous) déplaisent, par exemple les fréquents renvois à François – qui, je l’avoue, m’agacent un peu. Mais honnêtement, pouvait-on s’attendre à autre chose… et, sauf à faire exploser 2000 ans de christianisme en déclarant le pape précédent hérétique, ou du moins en le condamnant à la damnatio memoriae, pourrait-il en être autrement? On ne sort pas si facilement de 12 ans de démolition méthodique et continue.
Quand Léon XIV commence à réparer les dégâts
Je suis très heureux des différentes contributions parues sur votre blog
ces derniers jours depuis l’élection de Léon XIV. Comme vous l’avez bien
dit, il ne remplacera pas dans nos cœurs Benoît XVI, mais après ces
douze années de souffrance, Léon XIV nous redonne de la paix, ce qui est
déjà beaucoup. Nous prions pour que cela dure !
Je vous joins un petit document en ce sens, que vous pouvez, si vous le
désirez, partager à vos lecteurs. Il y a si longtemps que les mots
« vérité » ou « doctrine » n’avaient pas reçu le sens éminemment positif qui
est le leur…
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Xavier L.
Jésus est l’unique Sauveur
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« « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Mt 16, 16). Par ces paroles, Pierre, interrogé avec les autres disciples par le Maître sur la foi qu’il a en Lui, exprime en synthèse le patrimoine que l’Église, à travers la succession apostolique, garde, approfondit et transmet depuis deux mille ans. Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant, c’est-à-dire l’unique Sauveur et le révélateur du visage du Père. »
Léon XIV, Homélie de la Messe de clôture du conclave, 9 mai 2025
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Recevoir des conseils des cardinaux
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« Dans la première partie de cette rencontre, il y aura un petit discours avec quelques réflexions que j’aimerais partager avec vous. Mais ensuite, il y aura une deuxième partie, un peu comme l’expérience que beaucoup d’entre vous ont demandée, une sorte de partage avec le Collège cardinalice afin de pouvoir entendre quels conseils, suggestions, propositions, des choses très concrètes, dont on a déjà un peu parlé dans les jours qui ont précédé le Conclave. »
Léon XIV, Rencontre avec le collège cardinalice, 10 mai 2025
Retrouver le sens du mystère
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Léon XIV, Discours aux participants du jubilé des Églises orientales, 14 mai 2025
« Quelle contribution importante peut nous apporter aujourd’hui l’Orient chrétien ! Combien nous avons besoin de retrouver le sens du mystère, si vivant dans vos liturgies qui impliquent la personne humaine dans sa totalité, chantent la beauté du salut et suscitent l’émerveillement devant la grandeur divine qui embrasse la petitesse humaine ! Et combien il est important de redécouvrir, même dans l’Occident chrétien, le sens de la primauté de Dieu, la valeur de la mystagogie, de l’intercession incessante, de la pénitence, du jeûne, des larmes pour ses propres péchés et pour ceux de toute l’humanité (penthos), si typiques des spiritualités orientales ! Il est donc fondamental de préserver vos traditions sans les édulcorer ne serait-ce que par commodité, afin qu’elles ne soient pas corrompues par un esprit consumériste et utilitariste. »
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La famille
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« Il incombe à ceux qui ont des responsabilités gouvernementales de s’efforcer à construire des sociétés civiles harmonieuses et pacifiées. Cela peut être accompli avant tout en misant sur la famille fondée sur l’union stable entre un homme et une femme, « une société très petite sans doute, mais réelle et antérieure à toute société civile ». En outre, personne ne peut se dispenser de promouvoir des contextes où la dignité de chaque personne soit protégée, en particulier celle des plus fragiles et des plus vulnérables, de l’enfant à naître à la personne âgée, du malade au chômeur, que celui-ci soit citoyen ou immigrant. ».
Léon XIV, Discours au Corps diplomatique, 16 mai 2025
Le devoir de dire la vérité
« L’Église ne peut jamais se soustraire à son devoir de dire la vérité sur l’homme et sur le monde, en recourant si nécessaire à un langage franc qui peut au début susciter une certaine incompréhension. Mais la vérité n’est jamais séparée de la charité qui, à la racine, a toujours le souci de la vie et du bien de tout homme et de toute femme. D’ailleurs, dans la perspective chrétienne, la vérité n’est pas l’affirmation de principes abstraits et désincarnés, mais la rencontre avec la personne même du Christ qui vit dans la communauté des croyants. »
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Ibid
Les migrations… forcées
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Léon XIV, Discours aux membres de la fondation Centesimus annus pro pontifice, 17 mai 2025
« Déjà le Pape Léon XIII – qui a vécu dans une période historique de transformations époques et perturbatrices – avait voulu contribuer à la paix en stimulant le dialogue social, entre le capital et le travail, entre les technologies et l’intelligence humaine, entre les différentes cultures politiques, entre les nations. Le pape François a utilisé le terme de « polycrise » pour évoquer la nature dramatique de la conjoncture historique que nous vivons, dans laquelle convergent les guerres, le changement climatique, les inégalités croissantes, les migrations forcées et contrariées, la pauvreté stigmatisée, les innovations technologiques perturbatrices et la précarité du travail et des droits. Sur des questions aussi importantes, la Doctrine sociale de l’Église est appelée à fournir des clés d’interprétation qui mettent en dialogue la science et la conscience, apportant ainsi une contribution fondamentale à la connaissance, à l’espérance et à la paix. »
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Ce qu’est la doctrine
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« Il devient donc urgent de montrer, à travers la Doctrine sociale de l’Église, qu’il existe une autre signification, prometteuse, de l’expression « doctrine », sans laquelle le dialogue devient lui aussi vide. Ses synonymes peuvent être « science », « discipline » ou « connaissance ». Ainsi comprise, toute doctrine est reconnue comme le résultat d’une recherche et donc d’hypothèses, de rumeurs, d’avancées et d’échecs, par lesquels elle cherche à transmettre une connaissance fiable, ordonnée et systématique sur une question donnée. Ainsi, une doctrine n’équivaut pas à une opinion, mais à un cheminement commun, choral et même pluridisciplinaire vers la vérité. L’endoctrinement est immoral, il empêche le jugement critique, il porte atteinte à la liberté sacrée de respecter sa conscience – même si elle est erronée – et il est fermé à la pensée nouvelle parce qu’il refuse le mouvement, le changement ou l’évolution des idées face à de nouveaux problèmes. Au contraire, la doctrine en tant que réflexion sérieuse, sereine et rigoureuse a pour but de nous apprendre, avant tout, à savoir comment aborder les situations et, avant cela, les personnes. En outre, elle nous aide à formuler un jugement prudentiel. C’est le sérieux, la rigueur et la sérénité que nous devons apprendre de toute doctrine, y compris de la Doctrine sociale. ».
ibid

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