Comment les progressistes voient le nouveau Pape.

23 Mai 2025 | Nouveau pape

Que va faire Léon XIV? Ils n’en savent strictement rien n’ayant probablement pas plus que nous de connexion directe avec le ciel, mais ils se posent des questions (comme nous), en donnant les réponses qui les arrangent (comme nous?).
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A cet égard, le commentaire triomphant de la revue anglaise catho-de-gauche (plus de gauche que catho) The Tablet (hebdomadaire catholique britannique de tendance libérale et contestataire, récite wikipedia) est peu crédible, et pourrait être risible si on n’avait pas vécu les douze ans de Bergoglio. L’élection du cardinal Prevost serait, selon eux, l’ultime « coup du père François », celui posthume.
On ne peut cependant pas balayer leur analyse d’un revers de main, par l’ironie, ou le sarcasme, car on n’est malheureusement pas sûrs à 100% qu’ils prennent seulement leurs désirs pour des réalités, et qu’ils se (et nous) trompent éhontément.
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Je renvoie le lecteur à l’article (en anglais) dont voici le titre et l’introduction:

Le pontificat de Léon XIV – une grande aventure

www.thetablet.co.uk/editors-desk/the-papacy-of-leo-xiv-a-great-adventure/

Ceux qui voulaient que le conclave élise un pape capable de renverser la trajectoire de progrès et de réforme de François ont eu l’homme qu’il avait choisi pour les tenir en échec.

Le vote final du conclave du 8 mai a été une victoire pour le cardinal Robert Prevost, une victoire pour l’Église catholique, une victoire pour les pauvres du monde – et une victoire pour le défunt pape François. Au fur et à mesure que les pièces du puzzle du conclave s’assemblent, on comprend mieux comment François avait réussi à influencer le résultat à l’avance, et en particulier comment il avait prévu d’écarter les forces conservatrices et traditionalistes de l’Église qui voulaient un pape très différent du sien.

[Ces forces] voulaient une interprétation minimaliste du Concile Vatican II, avec un accent renouvelé sur l’obéissance à l’autorité et moins de débats sur la participation et la consultation du clergé et des laïcs.

Elles ne voulaient pas s’engager davantage dans les questions de justice sociale telles que l’immigration et le changement climatique.

Ce qu’elles ont obtenu, c’est l’homme choisi par François pour les tenir en échec et poursuivre sa propre trajectoire de progrès et de réforme, d’abord en tant qu’homme responsable de la nomination des évêques dans le monde entier, puis en tant que son successeur. Il s’agit d’une défaite décisive, voire historique, pour les forces de la réaction.

Il ne s’agit pas du synopsis d’un autre roman de Robert Harris, faisant suite à son best-seller et au film oscarisé Conclave. Il s’agit d’une explication plausible de la manière dont le pape Léon XIV, jusqu’alors connu sous le nom de cardinal Robert Prevost, né à Chicago, a été élu évêque de Rome le 8 mai. Le pape François savait ce qu’il faisait. On peut affirmer que si l’Esprit Saint s’y était opposé, son plan aurait pu être contrecarré. La grande majorité des fidèles sont reconnaissants qu’il n’en ait rien été.

(…)


Il est intéressant de mettre ce cri de victoire en perspective avec l’analyse critique que fait le média en ligne Blast (décrit par wikipedia comme un média indépendant généraliste français fondé en 2021 par le journaliste Denis Robert [ex de Libé], dont la ligne éditoriale est ancrée à gauche).

D’une certaine façon, l’article de Blast est nettement plus rassurant pour ceux qui espèrent que Léon XIV va enfin tourner la page Bergoglio et remettre l’Eglise sur les bons rails
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L’article est assez long, je le résume à grands traits:


Luc Chatel
www.blast-info.fr/articles/2025/leon-xiv-ou-les-ambiguites-dun-pape

. . .

Léon XIV est présenté comme « un pape aux signaux ambigus [dont les] premiers gestes (tenue, usage du latin, choix de loger dans le palais apostolique) marquent un retour aux symboles de la papauté traditionnelle, rappelant Benoît XVI plutôt que François, dont il se réclame pourtant. Sans parler de tractations secrètes avant le conclave avec le très conservateur cardinal Burke.

Luc Chatel dénonce (ou laisse d’autres dénoncer) des positions très conservatrices sur les questions de genre et d’homosexualité, voire antiféministes et homophobes, et bien sûr les « ambiguïtés » vis-à-vis de l’inévitable « figure controversée » de Donald Trump.

Bref, un pape clivant, qui incarne une synthèse instable entre tradition et modernité, « suscitant à la fois espoirs et inquiétudes ».

L’article se remine par ce qui pourrait être un avertissement, voire une menace au nouveau Pape, sous forme de question (mais le point d’interrogation est purement rhétorique): Leon XIV a t-il couvert des prêtres auteurs d’agressions sexuelles ?
En somme, une épée de Damoclès qu’on sortira le moment venu si nécessaire.

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