Parmi les « points dolents » du précédent pontificat (à vrai dire, il y en a tellement que chacun d’eux est à peine une goutte d’eau dans la mer!) il y a le rapport extrêmement tendu que El Papa entretenait avec la Curie (on se souvient du catalogue d’insultes de ses premiers « vœux à la Curie romaine », en décembre 2013), et plus largement avec tous les employés laïques de l’Etat de la Cité du Vatican, envers qui il s’est montré d’une mesquinerie digne du plus « exploiteur » des patrons
Lors de sa première rencontre avec ses collaborateurs, Léon XIV, avec élégance et doigté, a largement rectifié le tir. Encore un signe (certains ergoteront: « seulement un signe » ) mais qui s’ajoute à beaucoup d’autres et en devient, par accumulation, significatif d’une rupture bienvenue dans l’attitude, dont il est difficile d’imaginer qu’elle restera isolée et limitée aux gestes.
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Le discours du pape a un ton « ratzingérien » (www.vatican.va), si l’on exclut la référence obligée à « l’amato Papa Francesco » .
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Le reportage de Silere non possum (visiblement conquis!) est un témoignage à la première personne du ressenti de l’assistance: au Vatican, l’air redevient respirable, et c’est beaucoup.
Tout en réaffirmant que « Les papes passent, la Curie demeure », le nouveau pontife a lancé un défi clair:
reconstruire une relation de confiance avec ceux qui collaborent au ministère du Successeur de Pierre, en valorisant leur service quotidien.
Un changement de rythme évident par rapport au climat de méfiance qui avait caractérisé une grande partie du pontificat précédent à l’égard de la « machine curiale ».
« Les papes passent, la Curie reste ».
Le tournant de Léon XIV : dignité des travailleurs, unité de la Curie
silerenonpossum.com/it/incontrodipendentiscvecuriaromana24maggio2025

Lors de sa première rencontre officielle avec les Officiels de la Curie Romaine, les employés du Gouvernorat de l’Etat de la Cité du Vatican et du Vicariat de Rome, le Pape Léon XIV a tracé les coordonnées de son ministère : être enraciné dans la mémoire et ouvert à la mission.
Accueilli par des applaudissements prolongés dans la Salle Paul VI, le Souverain Pontife a immédiatement plaisanté : « Quand les applaudissements dureront plusque le discours, il faudra que je fasse un discours plus long ».
Le Souverain Pontife a ensuite commencé son discours – « Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, la paix soit avec vous » – et a salué un auditoire composé non seulement d’officiels et de supérieurs, mais aussi de nombreux membres de la famille « profitant du samedi ».
Préserver et transmettre la mémoire
En un peu plus de dix minutes d’intervention, le Pape Léon XIV a esquissé une vision de la Curie comme un lieu de mémoire vivante et de mission partagée, avec un style qui allie humilité personnelle et autorité pastorale. Tout en réaffirmant que « Les papes passent, la Curie demeure », le nouveau pontife a lancé un défi clair : reconstruire une relation de confiance avec ceux qui collaborent au ministère du Successeur de Pierre, en valorisant leur service quotidien. Un changement de rythme évident par rapport au climat de méfiance qui avait caractérisé une grande partie du pontificat précédent à l’égard de la « machine curiale ».
« Les papes passent, la Curie reste ». Un avertissement qui rappelle la responsabilité de « conserver et transmettre la mémoire historique » du ministère pétrinien.
Pour Léon XIV, la mémoire n’est pas une simple archive : « Elle nourrit le présent et oriente l’avenir. Sans mémoire, le chemin est perdu ».
L’expérience missionnaire au centre
A côté de la mémoire, le Pape a relancé la dimension missionnaire:
« Comme religieux augustinien, j’ai été missionnaire au Pérou, et au milieu du peuple péruvien a mûri ma vocation pastorale ».
Rappelant sa nomination comme Préfet du Dicastère pour les Evêques (« il y a seulement deux ans »), Léon XIV a cité la profession d’amour de Pierre (« Seigneur, tu sais tout, tu sais que je t’aime ») comme une boussole pour le service quotidien. Cette référence n’exprime pas seulement l’humilité du Pape mais souligne aussi le fait qu’il a connu la Curie, même brièvement.
Un geste concret envers les employés
Un autre signal fort et concret est arrivé ces derniers jours, lorsque le Pape Léon XIV a rétabli le bonus économique aux employés à l’occasion de l’élection du nouveau Pontife. Il s’agit d’une somme symbolique mais significative – 500 euros – accordée aujourd’hui aux travailleurs du Vatican, une tradition des Pontifes romains que le Pape François avait décidé de supprimer.
La décision de Bergoglio, qui privait les employés de cette marque d’attention, s’était révélée mal comprise, surtout à la lumière du fait que beaucoup d’entre eux appartiennent à des catégories familiales et salariales fragiles. Les inégalités salariales sont criantes au sein de l’État : il y a des cadres laïcs qui perçoivent des salaires supérieurs à cinq mille euros par mois – souvent sans rien faire d’autre que de créer de faux comptes sur les médias sociaux pour diffamer ceux qui disent la vérité sur ce qu’ils font – alors que de nombreux employés de haut niveau peinent à joindre les deux bouts. Dans ce contexte, l’attention portée par le pape Léon XIV aux travailleurs les plus simples était un geste important et nécessaire.
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Les évêques aux côtés du Pontife
Le choix de placer les chefs des Dicastères ou des Institutions vaticanes sans dignité épiscopale, en dessous du podium, est aussi un signe positif. A côté du Pape pendant tout le discours, seuls les cardinaux et les évêques étaient présents. Un choix qui souligne la valeur sacramentelle de l’épiscopat dans l’architecture curiale.

Parmi les personnes présentes SOUS la scène se trouvaient le préfet du Dicastère pour la communication, Paolo Ruffini et suor Raffaella Petrini, présidente du gouvernorat du SCV, tous deux dépourvus de dignité sacerdotale.
L’évêque et sa Curie
En ce mois dédié à Marie, ne pouvait manquer l’appel final à la Vierge:
« Invoquons ensemble la Vierge Marie, afin qu’elle bénisse la Curie romaine et la Cité du Vatican, ainsi que vos familles ».
La rencontre s’est terminée par la prière de l’Ave Maria récitée en chœur – un sceau de communion et de confiance qui a uni le Pape, les collaborateurs et les familles à l’ombre de la coupole de Saint-Pierre.

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