Nomination scandaleuse à une Académie pontificale

11 Sep 2025 | Actualités

Le pape a nommé comme nouvelle présidente de l’Académie pontificale des beaux-arts une certaine Cristiana Perella (son profil Instagram est éloquent) qui a, dans le passé, associé son nom à des « évènements » dont le moins que l’on puisse dire est qu’il est difficile de les lier, même de loin, à l’art religieux, et qui sont des manifestes même pas subliminaux (pourquoi se gêner?) pro-LGBT.
Cette nomination, jointe aux faits récents survenus à Rome ces jours-ci (audience à James Martin, cirque LGBT à Saint-Pierre) envoie un signal décidément ambigu, et suscite le malaise des catholiques: le pape serait-il l’otage du fameux lobby?
On objectera, peut-être avec raison, que Léon XIV veut à tout prix sauvegarder l’unité de l’Eglise. Mais à quel prix? L’unité ne vaut que dans la vérité, sinon, elle trahit l’enseignement de Jésus et se réduit à une simple capitulation face au monde.

Il est juste et nécessaire, pour l’amour de l’unité, de céder sur des aspects accessoires, marginaux, mais lorsqu’il s’agit de doctrine, on ne peut pas négocier, on ne peut pas risquer d’être ambigu, on ne peut pas céder pour un bien supérieur, car l’unité n’est pas un bien supérieur à la vérité. Il faut donc intervenir au moins pour clarifier les choses, sinon, concrètement, les paroles du père Martin, le jubilé LGBT et la nomination de Perrella pourraient devenir un Magistère de facto, laissant entendre que la doctrine catholique sur l’homosexualité et la transsexualité a changé. Le silence de la hiérarchie sur ces faits serait interprété par les croyants comme un silence consentant, configurant alors sur le plan moral une complicité passive avec le mal, une forme de collaboration omissive matérielle illicite.

Tommaso Scandroglio

Perrella, une nomination ambigüe qui frôle le scandale

Tommaso Scandroglio
La NBQ
11 septembre 2025

Le pape Léon XIV a nommé Cristiana Perrella nouvelle présidente de l’Académie pontificale des Beaux-Arts. Cette nomination soulève certaines critiques, comme le montrent certaines de ses œuvres passées dans le monde LGBT. Les lobbies arc-en-ciel font-ils pression sur le pape ? Mais à quel prix? Faut-il taire la vérité pour préserver l’unité?

Exhibition display of dressed mannequins in a scene depicting entering a nightclub
Night Fever: une image de l’expo

Le pape Léon XIV a nommé Cristiana Perrella nouvelle présidente de l’Académie pontificale des beaux-arts. Cette nomination soulève certaines questions. En effet, en 2019, Perella a dirigé l’exposition Night Fever : Designing Club Culture 1960–Today qui, entre autres, soutenait les revendications LGBT, en particulier celles du monde queer. Dans une interview accordée à Sleek [revue trimestrielle d’art et de culture], Perrella expliquait que les clubs « étaient des lieux où les gens pouvaient être eux-mêmes et affirmer publiquement leur identité », y compris l’identité dite queer.

En 2020, la nouvelle présidente a organisé une exposition intitulée Nudi (Nus) dans laquelle 90 photos de l’artiste chinois Ren Hang, exposées au Centre d’art contemporain Luigi Pecci de Prato, représentaient des corps nus [par curiosité, tapez le nom dans Google… Les photos sont irreproductibles ici!] Sur certaines photos, les poses étaient homoérotiques. Selon la description officielle de l’exposition, les clichés « font parfois référence au sadomasochisme et au fétichisme ».

Passons à 2021 et à l’exposition Cult Fiction, également organisée par elle. L’exposition photographique reproduisait les affiches de films pornographiques apparues dans les rues de Naples entre 1978 et 1981.

Perrella est déjà membre de l’Académie pontificale des Beaux-Arts depuis juin 2022. C’est François qui l’a nommée.

On peut maintenant se demander : n’y avait-il pas un autre nom tout aussi qualifié mais moins équivoque à choisir comme président de l’Académie pontificale des Beaux-Arts à la place de Perrella ?

Essayons de mettre cette nomination en relation avec certains événements récents. Pensons au tristement célèbre pèlerinage jubilaire LGBT à Rome,et avant cela à l’audience privée accordée par Léon au père James Martin, porte-drapeau des revendications arc-en-ciel.

Le premier événement n’aurait pas dû être autorisé car ces groupes sont composés de personnes qui veulent changer la doctrine de l’Église sur l’homosexualité et la transsexualité et ne veulent pas changer leur orientation et leur comportement. La rencontre avec le père Martin était en soi licite, mais on doit éviter le scandale. Les déclarations du prêtre jésuite, visant à faire croire que le pape approuve l’idéologie LGBT, mériteraient d’être corrigées par le Saint-Siège.

La nomination de Perrella s’inscrit dans ce contexte pour le moins ambigu.

L’hypothèse que nous voulons formuler, c’est qu’il pourrait y avoir un problème de gouvernance au niveau de Léon XIV. Si les écrits du pape se distinguent par leur fidélité à la doctrine, y compris en matière d’homosexualité, certaines de ses décisions semblent en revanche douteuses. Il est certain que les lobbies arc-en-ciel, très puissants au Vatican, font pression sur le pape et que celui-ci pourrait céder pour le bien de tous, c’est-à-dire pour préserver l’unité de l’Église, déjà compromise sous le pontificat précédent. Mais à quel prix ?

Le sujet est délicat, car il faut mettre la vérité d’un côté de la balance et l’unité de l’autre. Mais on ne peut pas sacrifier la vérité pour l’unité. Dans l’Évangile de Jean, nous pouvons lire :

Beaucoup de ses disciples, après l’avoir entendu, dirent : «Ce langage est dur ; qui peut le comprendre ?» (6, 60).

La dureté du langage de Jésus ne se réfère pas seulement à la forme, mais aussi et surtout au contenu : Jésus exigeait beaucoup de ses disciples. Ce que le Seigneur demande est si exigeant que les fractures sont inévitables, comme le rapporte Jean quelques lignes plus loin dans son Évangile :

À partir de ce moment, beaucoup de ses disciples se retirèrent et ne marchaient plus avec lui. (6, 66).

Nous n’avons pas entendu dire que Notre Seigneur ait abaissé la barre par crainte des divisions, des scissions ou de se retrouver en petit nombre.

Il est juste et nécessaire, pour l’amour de l’unité, de céder sur des aspects accessoires, marginaux, mais lorsqu’il s’agit de doctrine, on ne peut pas négocier, on ne peut pas risquer d’être ambigu, on ne peut pas céder pour un bien supérieur, car l’unité n’est pas un bien supérieur à la vérité. Il faut donc intervenir au moins pour clarifier les choses, sinon, concrètement, les paroles du père Martin, le jubilé LGBT et la nomination de Perrella pourraient devenir un Magistère de facto, laissant entendre que la doctrine catholique sur l’homosexualité et la transsexualité a changé. Le silence de la hiérarchie sur ces faits serait interprété par les croyants comme un silence consentant, configurant alors sur le plan moral une complicité passive avec le mal, une forme de collaboration omissive matérielle illicite.

Thomas d’Aquin est explicite sur ce point :

Le péché de scandale est commis non seulement en incitant les autres au mal par des paroles ou des actes, mais aussi en ne l’empêchant pas, alors qu’on est tenu de le faire (Summa Theologiae, II-II, q. 43, a. 7, ad 3)

.

Celui qui a autorité et n’empêche pas le mal semble y consentir : il en devient ainsi complice (Summa Theologiae, II-II, q. 62, a. 7, ad 1).

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