Ces jours-ci, Léon XIV effectue un voyage apostolique en Espagne, qui doit le conduire de Madrid aux Canaries, en passant par Barcelone (6-12 juillet, voir programme) A cette occasion, la conférence épiscopale espagnole a confié à un institut de sondages le soin d’interroger sur leurs attentes les fidèles qui se sont inscrits pour participer aux différents évènements. Les questions posées sont totalement prévisibles, comme si les organisateurs avaient imposé une liste préétablie pour refléter l’agenda médiatique et politique plutôt que (ce qui devrait être) les priorités d’un catholique, par exemple l’annonce de l’Évangile ou le respect de la vie depuis sa conception jusqu’à sa fin naturelle.
Le père Guadalix ne manque pas de réagir et, dans son langage truculent habituel, il s’interroge: Pourquoi certains sujets s’imposent-ils systématiquement dans le discours ecclésial, comme une « tante Jeanne » [*] à un mariage ?
Dans ce tableau décourageant, il y a quand même une relative bonne nouvelle, qui donne son titre à l’article: l’environnement apparaît en dernière position dans les préoccupations des catholiques espagnols…
L’environnement, tout le monde s’en fiche
Père Jorge González Guadalix
4 juin 2026
https://www.infocatolica.com/blog/cura.php/2606041149-el-medio-ambiente-importa-un

Ce n’est pas moi qui le dis, ce sont les gens qui le disent, et la Conférence épiscopale espagnole le confirme. En effet, en vue de la visite imminente du pape Léon en Espagne, on a demandé aux inscrits, c’est-à-dire à ceux qui souhaitent participer aux différents événements, des gens, je suppose, croyants ou du moins très proches de la vie de l’Église, sur quels sujets ils aimeraient que le pape s’exprime.
Une liste de dix questions a été soumise au vote. Nous avons déjà là un premier problème, car, évidemment, on peut regretter l’absence de certains sujets. Par exemple, pour ma part, je regrette l’absence de thèmes tels que l’annonce de l’Évangile ou le respect de la vie depuis sa conception jusqu’à sa fin naturelle.
Le fait est que, parmi les thèmes proposés, 65 % des personnes qui vont écouter le pape sur place et en direct souhaitent qu’il parle des « jeunes et de l’avenir », et 64 % de la « famille et de la vie ». Viennent ensuite « l’éducation, les valeurs et la liberté religieuse » (53 %) et « le dialogue avec les personnes éloignées de la foi » (38 %). D’accord. On ne leur a pas non plus donné l’occasion de demander autre chose.
Il y a des questions incontournables, qué boda sin la tía Juana / quel mariage sans tante Juana [*] , ces choses dont on sous-entend qu’elles sont la grande préoccupation du monde entier et tout particulièrement de l’Église universelle. Parmi les questions présentées, on trouve la paix (32 %), la pauvreté et les inégalités sociales (25 %), la migration et l’accueil (17 %) et, enfin, la sauvegarde de la création et l’environnement (7 %).
Je n’ai pas grand-chose d’autre à ajouter. Sinon que la liste des propositions me semble plus que discutable, et que le simple fait de l’établir est déjà une forme de manipulation.
Je suis sûr que pour beaucoup de gens qui vont venir voir le pape, le respect de la vie est essentiel. Et je ne sais pas qui sont ceux qui sont si convaincus que l’écologie est une préoccupation primordiale chez les catholiques.
Ndt
« ¿Qué boda sin la tía Juana? » (littéralement : « Quel mariage sans tante Jeanne ? ») est une expression idiomatique espagnole qui signifie qu’il y a des éléments, des personnes ou des sujets dont la présence est tenue pour acquise, presque obligatoire, pour qu’un événement soit considéré comme « normal » ou « complet ».

0 commentaires