La nouvelle responsable de la com vaticane « n’est pas particulièrement conservatrice ». Ah bon?

6 Juin 2026 | Actualités

C’est le vaticaniste britannique Damian Thompson, voix influente de la blogosphère catholique et généralement classé parmi les conservateurs qui a « vendu la mèche » dans ce que Chris Jackson, dans son substack appelle une « gaffe », mais qui est moins une gaffe qu’une constatation.

Une dirigeante conservatrice issue d’un empire médiatique conservateur est promue au sein d’une structure issue des réformes de François, tandis que de nombreux conservateurs saluent cette nomination comme une victoire.
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La préfète de Léon : la révolution remporte une victoire ; nous, nous sommes perdants

Chris Jackson (*)
Hiraeth In Exile
bigmodernism.substack.com/p/leos-dei-prefectress-the-revolution

Lorsque la nouvelle a été annoncée que Maria Montserrat Alvarado, de EWTN News, avait été nommée préfète [!] du Dicastère pour la communication, de nombreux catholiques dont la mémoire est encore intacte ont immédiatement compris ce que cette nomination signifiait : une nouvelle étape dans la transformation en cours de la Curie romaine, qui passe d’une hiérarchie cléricale à une bureaucratie de gestion dirigée par des cadres laïcs.

La réaction de Damian Thompson a été remarquable.

Plutôt que de critiquer le principe même qu’une laïque devienne préfète, il s’est moqué de ceux qui s’en indignaient, avant de rassurer tout le monde en précisant qu’Alvarado « n’est pas particulièrement conservatrice ».

Le spectacle de la vieille garde qui s’étouffe de rage face à cette nouvelle est si délicieux que j’hésite à faire remarquer que Mme Alvarado n’est pas particulièrement conservatrice

Damian Simpson, @holysmoke

Est-ce que c’est censé réconforter les catholiques traditionnels ?

Imaginez la discussion :

« Du calme. Le problème ne réside pas seulement dans le fait qu’UNE laïque se voit confier un rôle historiquement associé au gouvernement de l’Église. La bonne nouvelle, c’est qu’elle n’est même pas particulièrement conservatrice. »

On pourrait presque admirer cette franchise.

Durant des années, les catholiques conservateurs ont tenté de convaincre les traditionalistes que les changements de personnel étaient importants. François avait nommé des libéraux. Léon nommerait des conservateurs. C’était François, le problème. Le système, lui, fonctionnait très bien.

Puis Léon nomme une femme à la tête d’un dicastère du Vatican, et soudain, on en arrive à dire qu’au fond, le choix des personnes n’a pas d’importance. Le poste en lui-même n’a plus d’importance. Le principe lui-même n’a plus d’importance.

La seule chose qui compte, c’est de savoir si le révolutionnaire du moment est capable de sourire poliment tout en menant sa révolution. C’est pourquoi le billet de Thompson est si révélateur. Il dévoile par inadvertance tout le jeu.

La vraie question dont personne ne veut parler

La question n’est pas de savoir si Mme Alvarado est conservatrice. La question est de savoir si un laïc devrait occuper le poste de préfet.

Historiquement, les dicastères étaient des prolongements du leadership ecclésiastique.

La Curie romaine n’a pas été conçue comme un ensemble d’organisations à but non lucratif dirigées par des professionnels de la communication et des cadres d’entreprise. C’était un instrument de gouvernement de l’Église, composé de clercs exerçant l’autorité ecclésiastique sous l’autorité du Souverain Pontife.

Pourtant, sous François et maintenant sous Léon, le principe directeur a radicalement changé. Le leadership est de plus en plus considéré comme une fonction administrative plutôt que sacerdotale. La gestion remplace la hiérarchie. Les qualifications professionnelles remplacent les fonctions ecclésiastiques. L’expérience en entreprise remplace la formation théologique.

Le Vatican lui-même a ouvertement qualifié la nomination de Mme Alvarado de prolongement des réformes de François et de son volonté de nommer davantage de laïcs, y compris des femmes, à des postes de direction. Même les médias laïques ont immédiatement vu dans cette nomination la preuve que Léon entendait poursuivre la voie tracée par François plutôt que de la renverser.

Le problème n’est plus un secret. Le problème, c’est que c’est précisément dans cette direction que l’Église va s’engager.

Ce qui rend cette nomination particulièrement révélatrice, c’est le parcours de Mme Alvarado. Elle vient d’EWTN. Pendant des décennies, EWTN a été l’institution phare du catholicisme conservateur. Pas du catholicisme traditionnel. Du catholicisme conservateur.

Ce n’est pas la même chose.

Les catholiques traditionnels ont passé des années à mettre en garde contre le fait que de nombreuses institutions conservatrices avaient fini par accepter le cadre postconciliaire. Ils se sont opposés aux abus. Ils se sont opposés aux excès. Ils se sont opposés au libéralisme. Mais ils ont largement accepté la nouvelle ecclésiologie.

Le résultat, c’est ce à quoi nous assistons actuellement.

Une dirigeante conservatrice issue d’un empire médiatique conservateur est promue au sein d’une structure issue des réformes de François, tandis que de nombreux conservateurs saluent cette nomination comme une victoire.

Mais si la réforme elle-même est néfaste, le fait de la confier à un personnel plus compétent ne résout pas le problème.

Cela ne fait que lui donner un nom.

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