La rupture avec Rome de la FSSPX a remis ponctuellement sous le feu des projecteurs le secrétaire de Benoît XVI, qui a été sollicité pour plusieurs interviews de circonstance, dont cette dernière, dans Il Giornale (reprise ici par le portail espagnol Info Vaticana). Il pense que le moment est venu de lever les restrictions sur la « messe en latin ».
Sur Benoît XVI, il ne dit rien que nous ne sachions déjà depuis la publication de son livre « Nient’altro che la verità », mais il insiste sur la peine éprouvée par le Saint-Père en apprenant la promulgation de Traditionis Custodes, faisant une fois de plus voler en éclat la pieuse légende de la continuité et de l’entente cordiale entre François et son prédécesseur.
A noter, même si don Georg n’y fait aucune allusion (il faut croire qu’il n’est pas rancunier, ou alors c’est un saint !), que Léon XIV, en digne héritier de François, n’a pas jugé bon de le sortir de son exil glacé dans les terres baltes. Un « oubli » tout sauf innocent…
Gänswein révèle la peine ressentie par Benoît XVI à la lecture de « Traditionis Custodes »

INFOVATICANA | 9 juillet 2026
Mgr Georg Gänswein, secrétaire personnel de Benoît XVI pendant près de deux décennies et actuel nonce apostolique dans les pays baltes, a révélé l’un des épisodes les plus intimes des dernières années de la vie du pape émérite : la réaction qu’il a eue à la lecture de Traditionis Custodes, le motu proprio promulgué par le pape François en 2021 qui a restreint la célébration de la liturgie traditionnelle.
Dans une interview accordée au quotidien italien Il Giornale à l’occasion du dix-neuvième anniversaire de Summorum Pontificum, Gänswein affirme que c’est lui-même qui a lu le document à Benoît XVI et qu’il a pu percevoir la profonde souffrance que cela lui a causée.
« Je lui ai lu Traditionis Custodes et j’ai senti qu’il y avait de la douleur dans son cœur. C’est l’impression que j’ai eue », affirme l’archevêque allemand. À la lumière de la situation actuelle, il ajoute en outre que « le moment est venu kairos de lever ces interdictions et de surmonter l’incident que représente ce texte ».
L’objectif de Summorum Pontificum
Gänswein rappelle que Benoît XVI a promulgué Summorum Pontificum le 7 juillet 2007 dans un but très précis : reconnaître pleinement un rite qui, selon lui, « n’avait jamais été aboli ».
« Son objectif était de lui rendre sa pleine citoyenneté au sein de l’Église et de rétablir la paix dans la liturgie », explique-t-il.
L’ancien secrétaire du Souverain Pontife affirme que Benoît XVI était pleinement conscient des critiques que cette décision susciterait parmi de nombreux évêques. Il rappelle toutefois que le pape allemand avait pour habitude d’aller de l’avant lorsqu’il était convaincu qu’une décision était juste, sans se laisser freiner par les résistances.
Bien que ce document ait été publié dans un contexte marqué par les efforts de réconciliation avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, Gänswein précise que ce n’était pas là son objectif principal. Selon lui, Benoît XVI estimait que la mise en œuvre d’Ecclesia Dei présentait des lacunes et jugeait nécessaire d’apporter une réponse aux fidèles attachés à la liturgie traditionnelle au sein même de l’Église.
Convaincu que la liturgie traditionnelle attirerait les jeunes
Le nonce affirme que Benoît XVI s’est montré « très satisfait » des résultats obtenus grâce à la libéralisation de la messe traditionnelle. Il considérait Summorum Pontificum comme le début d’un processus visant à surmonter la fracture liturgique et accordait une confiance particulière aux nouvelles générations.
« J’étais convaincu qu’un rite célébré depuis tant de siècles ne pouvait manquer de renaître », se souvient Gänswein.
Pour illustrer cet essor, il cite la croissance constante du pèlerinage Paris-Chartres, l’un des principaux rassemblements internationaux liés à la liturgie traditionnelle.
Selon lui, bon nombre de ces jeunes trouvent dans l’ancienne liturgie une véritable source de vie spirituelle et ne peuvent être assimilés à des positions de rejet du Concile de Vatican II.
« Il n’est pas vrai que ceux qui ont une sensibilité liturgique traditionnelle soient anticonciliaires. Ceux qui affirment cela ne sont mus que par l’idéologie », soutient-il.
Une nouvelle demande visant à lever les restrictions
L’ancien secrétaire du pape émérite conclut en exprimant son souhait de voir l’Église entamer une nouvelle étape sur cette question. « Je pense que le kairos est venu pour lever ces interdictions », affirme-t-il, convaincu que le moment est venu de dépasser les restrictions imposées à la célébration de la liturgie traditionnelle.

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