Extrait d’une interview de Mgr Vigano par Life Site News.
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Le prélat est peut-être excessif, c’est son style. Mais à la lecture de ce portrait, certes sans complaisance, on ne peut s’empêcher de trouver qu’il contient une large part de vérité. Il suffit d’ouvrir les yeux.
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Après avoir essayé d’accorder au pape ce crédit de sympathie et de respect qu’un catholique doit (en principe!) au Successeur de Pierre (et certes, après Bergoglio, on a pu croire à un retour à la normale), jour après jour, il faut se rendre à l’évidence: la route ouverte par l’Argentin est bien celle que son successeur a choisie. Et il l’élargit encore: le chemin est devenu un boulevard
Ce qui a changé, par rapport à Bergoglio, ce n’est pas la vitesse : c’est le visage. Bergoglio criait, et celui qui crie réveille les gens ; Prevost sourit, et celui qui sourit endort les gens.
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Regardez les faits, pas la manière. Le programme n’a pas ralenti : il s’est intensifié sur tous les fronts – synodalité, écologisme, politiques pro-immigration, œcuménisme syncrétique, normalisation de l’idéologie LGBT. Et surtout, regardez les nominations, qui constituent le test décisif d’un pontificat : il n’y en a pas une seule qui fasse exception ; pas un seul homme de doctrine saine n’a été promu, pas un seul ennemi de la foi n’a été écarté.
Sur tous les fronts, Prevost est allé plus loin que son prédécesseur.
Life Site News: Prevost a été élu grâce à ceux qui espéraient un rétablissement de l’ordre juridique, mais en réalité, il semble poursuivre le programme de son prédécesseur, en ralentissant simplement le rythme et en déléguant les décisions les plus controversées à la Curie. Ce style plus flegmatique et « dialoguant » ne risque-t-il pas d’être encore plus insidieux pour la défense du dogme que l’autoritarisme direct de François ?
Mgr Viganò : Je me dois de corriger le postulat de la question, car c’est précisément le malentendu sur lequel s’appuie Prevost. Il n’est absolument pas exact de dire que Léon avance « petit à petit ». Il avance à pas de géant, sans se soucier le moins du monde des réactions – d’autant plus que les réactions négatives sont rares, et que ces rares réactions sont rapidement étouffées. Ce qui a changé, par rapport à Bergoglio, ce n’est pas la vitesse : c’est le visage. Bergoglio criait, et celui qui crie réveille les gens ; Prevost sourit, et celui qui sourit endort les gens. Mais c’est un sourire glacial, le rictus de celui qui sait qu’il ne rencontrera aucune résistance.
Regardez les faits, pas la manière. Le programme n’a pas ralenti : il s’est intensifié sur tous les fronts – synodalité, écologisme, politiques pro-immigration, œcuménisme syncrétique, normalisation de l’idéologie LGBT. Et surtout, regardez les nominations, qui constituent le test décisif d’un pontificat : il n’y en a pas une seule qui fasse exception ; pas un seul homme de doctrine saine n’a été promu, pas un seul ennemi de la foi n’a été écarté. Sur tous les fronts, Prevost est allé plus loin que son prédécesseur.
Le 13 août, à Cusco, lors d’une conférence préparatoire au voyage de Prevost au Pérou, Mgr Jordi Bertomeu – commissaire pontifical du Dicastère pour la Doctrine de la Foi – a déposé des feuilles de coca en offrande à l’idole infernale Pachamama, en compagnie de Mgr Lizardo Estrada Herrera, évêque auxiliaire de Cusco et secrétaire général du CELAM, et de Mgr Miguel Ángel Cadenas, évêque d’Iquitos. Sous Bergoglio, la Pachamama a fait son entrée dans les jardins du Vatican et dans la basilique Saint-Pierre, ce qui constituait un geste scandaleux ; sous Prevost, la Pachamama a fait son entrée dans le dicastère dont la mission devrait être de la condamner – et cette idole y a fait son entrée par l’intermédiaire de l’homme qui, au sein de ce dicastère, administre la justice. Il ne s’agit pas d’un ralentissement : c’est une institutionnalisation.
Le style de Léon n’est mesuré qu’en apparence. Le latin ici et là, la mozzetta portée même dans des circonstances inappropriées – même en descendant de l’avion –, le ton courtois : ce sont là des anesthésiques administrés à un corps désormais incapable de réagir. Et l’anesthésique n’atténue pas la violence : c’est l’anesthésique qui rend la violence possible.
Les conservateurs se sont laissés envoûter par la forme. Mais en vérité, il n’y a même pas cela. Ceux qui se sont contentés de la mozzetta ont obtenu la mozzetta et rien d’autre, et paient désormais ce morceau de tissu par leur silence sur tout le reste.
Enfin, il y a cet aspect qui révèle la nature authentiquement tyrannique de ce gouvernement, à savoir la délégation. Prevost délègue à la Curie, aux dicastères, aux conférences épiscopales, aux « processus synodaux », de sorte qu’aucune décision ne porte sa signature et que chacune puisse être présentée comme le fruit d’un discernement collectif.
Ce n’est pas de la modération : c’est la forme la plus parfaite du pouvoir absolu, celle qui exerce le commandement sans en assumer la responsabilité. L’ancien tyran signait ses édits et supportait la haine qu’ils suscitaient ; le tyran synodal laisse les autres délibérer et reste au-dessus d’eux, arbitre et jamais accusé. C’est la dissolution de la responsabilité personnelle du pape – exactement ce que la synodalité vise à réaliser – et celui qui ne prend jamais de décisions ne peut jamais être contredit. Le pape qui ne décide pas est le pape qui a décidé de laisser les autres agir, et qui a trouvé le moyen de ne rendre de comptes à personne.

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