Durant l’audience générale de mercredi dernier 28 octobre, Léon XIX a développé le thème de la relation réciproque entre la prédication de l’évangile et les différentes manifestations de la culture, qui « contribuent à ouvrir les esprits aux questions éternelles sur le sens du monde et de l’existence humaine, préparant ainsi à accueillir l’Évangile de Jésus-Christ ».
Un thème maintes fois exploré par Joseph Ratzinger puis, plus tard, par le pape Benoît (dommage que Léon XIV ne l’ait pas cité, s’il s’était agi de réflexions de Francisco, il n’aurait pas manqué de le faire). Parmi ses contributions Stefano Chiappalone [qui rédige la rubrique Borgo Pio de la NBQ] s’est souvenu d’un exposé remarquable du cardinal Ratzinger en 2002, dans lequel le futur pape utilisait l’image du figuier sycomore « dont les fruits doivent être entaillés pour en faire sortir le jus afin qu’ils deviennent agréables » [cf. Communication, culture et évangélisation au IIIe millénaire: au pied du Sycomore].

Léon XIV, Ratzinger et la foi qui devient culture
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La foi est appelée à « devenir culture » et à façonner chaque culture « selon la « forme » de Jésus-Christ » : tel est le thème de l’audience générale du 28 octobre. Des paroles qui rappellent un discours peu connu du futur Benoît XVI, qui avait expliqué cette relation à l’aide de l’image biblique du sycomore.
La foi et la culture au cœur de l’audience générale du mercredi 28 octobre.
Poursuivant le cycle de catéchèses consacré à Gaudium et Spes (et plus généralement aux textes conciliaires), Léon XIV a évoqué les institutions culturelles issues « du cœur de l’Église », telles que les universités médiévales, ainsi que la relation réciproque entre la prédication de l’Évangile et les différentes manifestations de la culture, qui « contribuent à ouvrir les esprits aux questions éternelles sur le sens du monde et de l’existence humaine, préparant ainsi à accueillir l’Évangile de Jésus-Christ ».
Le fondement de cette relation est l’« Incarnation » : si la Parole divine s’est faite chair et est venue habiter parmi nous (cf. Jn 1,14), alors la foi est elle aussi une réalité incarnée, intimement liée à la culture dans laquelle elle s’inscrit. Elle est également appelée à devenir culture, c’est-à-dire à rejoindre la personne dans son milieu de vie, fait de paroles humaines, de traditions, de sens religieux, d’art et de poésie, de pensée et de science. Comme aimait à le répéter saint Jean-Paul II, « une foi qui ne devient pas culture est une foi qui n’est pas pleinement accueillie, pas entièrement pensée, pas fidèlement vécue » ».
Léon XIV explique:
« La foi peut s’incarner dans chaque culture, car elle ne s’identifie à aucune d’entre elles de manière spécifique. Elle les habite en les façonnant de l’intérieur selon la « forme » de Jésus-Christ, c’est-à-dire par la charité, le service et la reconnaissance filiale de la paternité de Dieu. Ainsi, l’Église saisit dans les différentes cultures ce qu’il y a de bon, de beau et de vrai, pour incarner et transmettre le message de l’Évangile »
Des paroles qui rappellent une intervention de 2002, parmi les moins connues, de Joseph Ratzinger à l’occasion du colloque Communication et culture. Nouvelles voies pour l’évangélisation au troisième millénaire [Communication, culture et évangélisation au IIIe millénaire: au pied du Sycomore, ndt].Le futur Benoît XVI recourait alors à une image biblique encore moins connue : celle du sycomore, dont les fruits doivent être entaillés pour en faire sortir le jus afin qu’ils deviennent agréables.
Ratzinger affirmait:
« En appliquant cela au paganisme, à ce qui est propre à la culture humaine, cela signifie : le Logos lui-même doit entailler nos cultures et leurs fruits, afin que ce qui n’était pas consommable soit purifié et devienne non seulement consommable, mais bon… Seul le Logos lui-même peut conduire nos cultures vers leur pureté et leur maturité authentiques, mais le Logos a besoin de ses serviteurs, des “cultivateurs de sycomores” ».
[Et qui soient donc d’habiles « entailleurs »], car l’évangélisation n’est pas « une simple adoption d’éléments culturels au sens d’une conception superficielle de l’inculturation, qui estime suffisantes quelques innovations dans la liturgie et des modifications linguistiques. Non, l’Évangile est une coupe – une purification, qui devient maturation et guérison », ce qui exige « une rencontre patiente et continue entre le Logos et la culture, médiatisée par le service des croyants ».

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