Les précisions sont apportées par Giuseppe Nardi, toujours très soucieux de « sourcer » ses articles, et concernent essentiellement la vaticaniste de Crux qui a réalisé l’interview (évidemment le choix de l’interlocuteur est crucial, d’autant plus s’agissant d’un pape: on ne peut imaginer qu’il se confie à une personne avec laquelle il ne se sent aucune affinité).
Tout tourne autour d’une société de vie apostolique, basée entre autres au Pérou, le Sodalitium de la vie chrétienne, dissoute au début de cette année, impliquée dans une affaire de scandales sexuels (et objet de la vindicte de François, qui avait une conception à géométrie variable de la lutte contre les abus sexuels de clercs), dont l’auteur de l’interview, Elise Ann Allen a été l’une des plus virulentes adversaires (voir #annexe).
Le premier livre d’entretiens du pape Léon XIV.
« Citoyen du monde et missionnaire du XXIe siècle ».
Giuseppe Nardi
katholisches.info

Sous le pape François, on a assisté à un véritable déferlement d’interviews, de livres d’entretiens, de biographies et d’ « autobiographies » . Dans l’Eglise, nombreux sont ceux qui ont trouvé bienfaisant le silence de publication qui durait depuis quatre mois. Mais c’est désormais terminé : le premier livre d’entretiens du pape Léon XIV a été annoncé hier.
Le livre est basé sur une interview exclusive que le nouveau pape a accordée – sans surprise – à un média américain. Plus précisément, Léon XIV s’est entretenu avec la journaliste Elise Ann Allen, qui travaille pour le portail d’information catholique Crux, avec un accent particulier sur le Vatican ;.
Crux, fondé en 2014 par John L. Allen Jr. dans le cadre du Boston Globe, est connu pour son expertise, tout en défendant une ligne modérément progressiste. Bien qu’elle porte le même nom de famille, la personne qui a interviewé le pape Léon XIV n’a aucun lien de parenté avec le fondateur et rédacteur en chef [ndt: il semble que Giuseppe Nardi se trompe: la femme de John Allen s’appelle elle aussi Elise – dixit Allen lui-même – et travaille elle aussi comme « vaticaniste senior » de Crux. Quelle coïncidence!!].
Le choix de ce média laisse entendre que Léon XIV veut, avec ce livre, s’adresser au mainstream ecclésiastique et médiatique.
Mais le choix de l’interlocutrice est plus remarquable : Elise Ann Allen est considérée comme l’une des critiques les plus virulentes du Sodalicio de Vida Cristiana (Sodalitium de la vie chrétienne) péruvien [#annexe].
Elle travaille en tant que vaticaniste pour Crux.
Léon XIV, qui a certes été accusé dans un autre contexte d’inaction dans la lutte contre les cas d’abus, est intervenu énergiquement en son temps, en tant qu’évêque de Chiclayo au Pérou, contre des cas d’abus commis par des suspects appartenant aux rangs du Sodalicio de Vida Cristiana.
La lutte contre le Sodalitium menée par le pape François a provoqué des blessures considérables dans l’Eglise péruvienne. Au-delà de la culpabilité personnelle dont les membres ont été entachés pour abus sexuels, la lutte bergoglienne contre le Sodalitium a toujours eu un arrière-goût de confrontation idéologique.
Fondé en 1971, le Sodalitium se voulait un contrepoids à la forte influence de la théologie de la libération au Pérou et, plus généralement, en Amérique latine. Cette orientation lui valut beaucoup d’hostilité et de puissants adversaires – dans et hors de l’Eglise.
Sous François, qui a mené la lutte contre les abus sexuels sur mineurs de manière très sélective, fermant délibérément les yeux sur la cause principale, l’homosexualité, le combat a été clairement tranché par la dissolution complète de la communauté au début de l’année. Le Sodalitium, autrefois une force en Amérique latine et un point de référence important pour les catholiques qui ne voulaient pas s’accommoder de l’esprit de la gauche, n’existe plus. Une semaine avant sa mort, la dissolution, menée par François, a été actée.
Le livre s’intitule « Léon XIV : citoyen du monde, missionnaire du XXIe siècle » et a d’abord été publié au Pérou en espagnol par la maison d’édition Penguin Random House, dont le siège se trouve à New York – une entreprise du groupe allemand Bertelsmann. L’édition anglaise est en préparation.
Dans ce livre, Léon XIV, selon l’annonce, parle entre autres du fléau des abus sexuels commis par des membres du clergé, mais aussi du rôle des femmes dans l’Eglise et de « l’inclusion » de ce qu’il appelle lui-même la « communauté LGBTQ+ ».
L’éditeur écrit à ce sujet
« La journaliste Elise Ann Allen, correspondante à Rome du prestigieux portail Crux spécialisé dans les questions vaticanes (et très au fait de l’affaire Sodalitium au Pérou), dresse un portrait détaillé et perspicace de l’homme qui siège aujourd’hui sur le siège de Pierre : son enfance à Chicago, sa vocation précoce, les valeurs qui l’ont façonné en tant qu’augustin, sa longue et constante activité de missionnaire en Amérique latine, en particulier au Pérou, son leadership marqué dans différents domaines de l’Église, sa relation avec son prédécesseur Jorge Mario Bergoglio et sa dernière étape en tant que cardinal et préfet du dicastère pour les évêques au Vatican, qui l’a finalement établi comme un véritable ‘citoyen du monde’.
Toutes ces facettes sont particulièrement importantes pour prévoir comment Léon XIV pourrait marquer la papauté dans un monde polarisé et en constante évolution. Quelles continuités – mais aussi quelles différences – se dessinent dès les premières semaines de son pontificat » ?
Annexe
Voici ce que rapporte Wikipedia (pas forcément objectif, mais qui me semble relativement factuel, et qui donne une idée):
La sodalité de vie chrétienne ou Sodalicio est une société de vie apostolique masculine de droit pontifical dissoute en 2025. Elle a été créée en 1971 et reconnue par le pape Jean Paul II en 1997.
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D’orientation conservatrice, l’organisation visait notamment à lutter contre l’influence de la théologie de la libération. Proche de l’extrême droite péruvienne, elle détenait une large influence politique et économique.
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La justice péruvienne ouvre une enquête en 2017 pour « association de malfaiteurs en vue de commettre des abus sexuels, physiques et psychologiques ». Des dizaines d’enfants ont été victimes d’abus sexuels entre les années 1970 et les années 2000. Luis Fernando Figari, le fondateur, son bras droit, German Doig et plusieurs autres responsables du mouvement Sodalicio sont accusés d’être des prédateurs sexuels.
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En janvier 2018, le Vatican place Sodalicio sous la tutelle d’un commissaire apostolique en raison de la « gravité des informations concernant le fonctionnement interne, la formation et la gestion économique et financière ». L’Église péruvienne recommande la dissolution de l’organisation.
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L’organisation est dissoute par le Vatican le 14 avril 2025.
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Sodalit%C3%A9_de_vie_chr%C3%A9tienne

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