Un catalogue de lieux communs politiquement corrects. Et en plus, un manifeste politique (surtout à un moment où l’Italie va entrer en campagne électorale). Le Pape ne cherche plus à guider son peuple, il se contente de réciter les anecdotes archi-rebattues et les slogans éculés qu’on lit à longueur de colonnes dans la presse, et qu’on entend répéter en boucle toute la journée dans les médias audiovisuels

Le souverainisme m’épouvante, il mène à la guerre – L’Europe ne doit pas se dissoudre, elle a des racines humaines et chrétiennes – Une femme comme Ursula von der Leyden peut raviver la force des Pères Fondateurs

L’interview est à lire (éventuellement) en entier ICI.
J’ai repris la recension du site italien MIL , et j’ai rajouté le passage sur l’Europe, avec lequel l’article de La Stampa fait son titre.

Note de MIL :

« Évidemment, rien sur l’avortement, l’euthanasie, l’homosexualité, etc.
Les vrais problèmes, selon Sa Sainteté : le souverainisme et le problème écologique.
Les vrais amis : Greta et les super écologistes.
Les vrais ennemis : le souverainisme ».

Messa in latino


On observera également que le Pape mentionne des racines chrétiennes presque à contrecœur, et non pas spontanément, mais pour répondre à une question précise du journaliste. Et il botte immédiatement en touche, mettant sur le même plan catholiques, orthodoxes, et luthériens.
Comme le dit le rédacteur du site MIL, « tout commentaire est superflu!!! »

Quelques extraits:


Votre Sainteté, vous avez exprimé l’espoir que « l’Europe redevienne le rêve des Pères fondateurs ». Qu’espérez-vous?


« L’Europe ne peut et ne doit pas se dissoudre. Il s’agit d’une unité historique et culturelle aussi bien que géographique. Le rêve des Pères Fondateurs avait de la substance parce qu’il était une réalisation de cette unité. Maintenant, nous ne devons pas perdre cet héritage ».

Comment la voyez-vous aujourd’hui ?


« Elle s’est affaiblie au fil des ans, également en raison de certains problèmes d’administration, de désaccords internes. Mais il faut la sauver. Après les élections, j’espère qu’un processus de relance commencera et qu’il se poursuivra sans interruption ».

Êtes-vous satisfait de la nomination d’une femme au poste de président de la Commission européenne ?


« Oui, aussi parce qu’une femme peut être apte à raviver la force des Pères Fondateurs. Les femmes ont la capacité de rapprocher, d’unir ».


Sur quelles valeurs communes doit se fonder la relance de l’UE? L’Europe a-t-elle encore besoin du christianisme? Et dans ce contexte, quel rôle jouent les orthodoxes ?


« Le point de départ et de re- départ sont les valeurs humaines, de la personne humaine. Avec les valeurs chrétiennes: l’Europe a des racines humaines et chrétiennes, c’est l’histoire qui le raconte. Et quand je dis cela, je ne sépare pas catholiques, orthodoxes et protestants. Les orthodoxes ont un rôle très précieux pour l’Europe. Nous avons tous les mêmes valeurs fondatrices ».

« Quels sont les dangers du souverainisme?


« Le souverainisme est une attitude d’isolement. Je suis inquiet parce qu’on entend des discours qui ressemblent à ceux d’Hitler en 1934. « Nous d’abord. Nous… nous… » : ce sont des pensées qui font peur. Le souverainisme, c’est la fermeture. Un pays doit être souverain, mais pas fermé. La souveraineté doit être défendue, mais les relations avec les autres pays, avec la Communauté européenne, doivent également être protégées et promues. Le souverainisme est une exagération qui finit toujours mal: elle mène aux guerres ».

Et les populismes?


« Même discours. Au début, je me suis donné du mal pour comprendre parce qu’en étudiant la théologie, j’ai étudié le populisme, c’est-à-dire la culture du peuple : mais que le peuple s’exprime est une chose, imposer l’attitude populiste au peuple en est une autre. Le peuple est souverain (il a une façon de penser, de s’exprimer et de ressentir, d’évaluer), mais les populismes nous conduisent au souverainisme: ce suffixe, « isme », ne fait jamais de bien » [!!!].

Quelle est le chemin à suivre en ce qui concerne les migrants ?


« La créativité. Par exemple, on m’a raconté que dans un pays européen, il y a des petites villes à moitié vides à cause du déclin démographique: on pourrait y transférer des communautés de migrants, ce qui pourrait aussi relancer l’économie de la région ».

Y a-t-il un épisode significatif pour vous ?


« Il y a quelques mois, sept pêcheurs m’ont dit: ‘Ces derniers mois, nous avons collecté 6 tonnes de plastique’. L’autre jour, j’ai lu qu’un énorme glacier en Islande a fondu presque complètement: ils lui ont construit un monument funéraire. Avec l’incendie en Sibérie, certains glaciers du Groenland ont fondu par tonnes. Les gens d’un pays du Pacifique déménagent parce que dans vingt ans, l’île où ils vivent ne sera plus là. Mais le fait qui m’a le plus choqué est un autre.

Lequel ?


« L’Overshoot Day (le jour du dépassement): Le 29 juillet, nous avons épuisé toutes les ressources renouvelables de 2019. Depuis le 30 juillet, nous consommons plus de ressources que la planète ne peut en régénérer en un an. C’est très grave. C’est une urgence mondiale. Et notre Synode sera un Synode d’urgence. Mais attention : un Synode n’est pas une rencontre de scientifiques ou de politiciens. Ce n’est pas un Parlement: c’est autre chose. Il naît de l’Église et aura une mission et une dimension évangélisatrice. Ce sera une œuvre de communion guidée par l’Esprit Saint ».

Mais pourquoi se concentrer sur l’Amazonie ?


« C’est un lieu représentatif et décisif. Avec les océans, l’Amazonie contribue de manière décisive à la survie de la planète. Une grande partie de l’oxygène que nous respirons vient de là. C’est pourquoi la déforestation signifie tuer l’humanité. Et puis l’Amazonie implique neuf états, donc ça ne concerne pas une seule nation. Et je pense à la richesse de la biodiversité amazonienne, végétale et animale, qui est merveilleux ».

Votre Sainteté, que craignez-vous le plus pour notre planète ?


« La disparition de la biodiversité. De nouvelles maladies mortelles. Une dérive et une dévastation de la nature qui peut conduire à la mort de l’humanité.

Voyez-vous une prise de conscience sur le thème de l’environnement et du changement climatique ?


« Oui, en particulier dans les mouvements de jeunes écologistes, comme celui mené par Greta Thunberg, ‘Fridays for future‘. J’ai vu une de leurs banderoles, qui m’a frappé: ‘Nous sommes l’avenir!' ».

Notre comportement quotidien – collecte sélective des déchets, attention à ne pas gaspiller l’eau à la maison – peut-il avoir un impact ou est-il insuffisant pour contrer ce phénomène ?


« Il a un impact; oui, car il s’agit d’actions concrètes. Et puis, surtout, il crée et diffuse la culture de ne pas salir la création ».

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